Pionnière du modèle des capsules, l’entreprise a toutefois dû travailler fort pour convaincre les amateurs de café des avantages de son système avec une stratégie « verte »,  responsable et engagée !

 

Faire renaître la culture du café dans des régions où elle avait disparu, telle est la nouvelle mission du géant Nestlé, heureux propriétaire de la dosette – et machine à café – Nespresso, un de ses marchés les plus rentables, et sur lequel il multiplie les investissements de création de valeur. Un engagement qui ne date pas d’hier puisqu’en 2003 le groupe ,en partenariat avec l’ONG Rainforest Alliance, lançait le programme Nespresso AAA de production durable de café, de la plantation à la tasse : 110 000 caféiculteurs dans 15 pays ont été ainsi accompagnés, formés, soutenus dans la culture d’un café de haute qualité respectueuse de l’environnement et qui visait également à améliorer leurs conditions de vie. Une démarche à laquelle s’est ajoutée un programme d’agroforesterie pour réduire par la plantation d’arbres (500 000) les émissions de CO2  générées par l’exploitation du café en Colombie, au Guatemala, en Éthiopie ou en Ouganda.

 

Un café biologique sur des terroirs oubliés

La société Nespresso vient d’annoncer le lancement d’un café biologique dans le cadre de son programme Reviving Origins, qui tend à revitaliser la production de café dans les régions touchées par des difficultés allant du changement climatique aux conflits géo-politiques. Une façon d’aller plus loin dans leur démarche de soutien local. Son café, baptisé Kahawa ya Congo (« Espoir du Congo »), provient de la région du lac Kivu, dans l’est congolais, où la communauté des caféiculteurs, autrefois florissante, a été ravagée par des décennies d’instabilité politique et économique. « Au-delà de participer de la régénérescence de la caféiculture au Congo, l’intérêt du programme est de s’intéresser aux problématiques locales et donc d’adresser une réponse locale et contextualisée dans des domaines d’application très concrets » explique Ludovic Depie, responsable expertise café chez Nespresso France avant d’ajouter : « ce café bio nous rend très fiers car le Congo produit essentiellement du robusta dans cette région du sud où on a un terreau parfait (sol volcanique) pour produire un excellent arabica. L’instabilité politique du pays avait poussé les fermiers à abandonner leur cultures, comme en Colombie où des paysans étaient contraints d’arracher le café pour produire de la coca pour alimenter les caisses des Farc. ». Rappelons que jusque dans les années 1980, le café congolais comptait parmi les plus réputés du monde et sa production se classait en deuxième position des exportations du pays. Le projet de soutien de production a déjà montré son efficacité puisqu’il a déjà généré une hausse de la productivité des fermes de 9% au Zimbabwe et de 10% dans la région de Caquetá en Colombie.

 

Un engagement un peu plus fort qui devrait améliorer l’image de la marque dont l’empreinte carbone des dosettes fait toujours tiquer les écologistes. Même si le groupe s’est déjà employé à recycler ses dosettes, leur système d’emballage représente à quantité de café égale, environ dix fois plus d’emballage et de déchets que l’emploi de café classique.

 

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