Invisibles et impalpables, nos activités et données Internet ne sont pas sans conséquence pour l’environnement. La fondation Mozilla a listé les sept gestes à suivre pour diminuer son empreinte carbone numérique.

Selon un rapport publié en octobre 2018 par “The Shift Project“, les activités numériques seraient responsables de 4 % des émissions totales de gaz à effet de serre du monde. Un début puisque la consommation énergétique du numérique augmente de 9 % par an. Pour le groupe de réflexion, le streaming vidéo est l’un des principaux responsables puisqu’il représente un cinquième de ces émissions dues au numérique, soit 1 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre ou autant que l’Espagne.

Une alerte prise au sérieux par la célèbre fondation Mozilla – à l’origine du navigateur Firefox – qui a décidé de lister sept gestes à suivre pour diminuer son empreinte carbone. Mozilla explique que si les données Internet sont essentiellement invisibles et impalpables, elles sont traitées et stockées “dans d’énormes bases de données” à travers le monde. Alimentés 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, ces centres transmettent des informations, vidéos, podcasts, musiques, messages et autres données jusqu’à nos smartphones, ordinateurs et autres appareils connectés. “Toutes ces données que nous avons l’habitude d’avoir à notre disposition rapidement et notre besoin d’être connecté·e·s en permanence contribuent fortement à notre empreinte carbone numérique”, indique la fondation.

Avec sa liste, Mozilla veut accélérer la prise de conscience et insister sur les mesures qu’il est possible de prendre pour réduire son empreinte carbone.

Ajuster les paramètres d’alimentation

La fondation nous rappelle tout d’abord qu’il est possible de régler son ordinateur pour qu’il se mette en veille lorsque l’on fait une pause. Cette solution “est un moyen de réduire considérablement sa consommation d’énergie”, au même titre que la possibilité d’éteindre complètement son ordinateur, son écran ainsi que son imprimante lorsqu’ils ne sont pas utilisés. Cela permettra d’économiser de l’énergie, comme l’explique Mozilla, mais attention à ne pas mettre inutilement un appareil en veille. En effet, les veilles répétées et de courtes durées peuvent endommager vos composants

Diminuer la luminosité de son écran

Mozilla s’appuie sur un conseil du directeur de l’énergie de la faculté de droit de Harvard. Ce dernier suggère qu’une variation de la luminosité de son moniteur de 100 % à 70 % peut économiser jusqu’à 20 % de l’énergie qu’il utilise. De plus, la diminution de la luminosité réduit la fatigue oculaire. Concernant ce dernier point, il est également possible d’activer le mode sombre sur ses appareils (ordinateurs, tablettes, smartphones…) pour préserver ses yeux et soulager sa batterie sur les modèles équipés d’écrans à technologie OLED. De plus en plus d’applications optent également pour un thème sombre tandis que les systèmes d’exploitation comme Windows ou macOS offrent des solutions pour une utilisation nocturne (Eclairage nocturne ou Night Shift).

Activer la protection contre le pistage en mode strict

Le conseil vient d’une fondation qui fait de la protection de la vie privée une priorité. “Les services qui pistent les données engloutissent des montagnes d’informations. Sur presque tous les sites web visités, les données sur les internautes sont transmises à des dizaines, voire des centaines d’entreprises”, explique Mozilla. Ce dernier invite les utilisateurs à “choisir un navigateur qui intègre, par défaut, une protection contre le pistage et la collecte de données personnelles, notamment par les réseaux publicitaires et les traqueurs tiers”. Cela permettrait non seulement de protéger ses informations privées, mais également de réduire sa consommation d’énergie. À défaut de se tourner vers Firefox, un passage dans les paramètres de son navigateur préférer permet de limiter le pistage.

Télécharger au lieu de visionner  

La question du streaming vidéo et musical (soit le visionnage de musique et de vidéos en ligne) est naturellement évoquée par la fondation. Cette dernière conseille d’opter pour le téléchargement plutôt que le visionnage en ligne, car “les données ne seront transmises par le serveur qu’une seule fois”. À noter, le rapport Click Clean de Greenpeace indique que certains services de streaming réussissent mieux que d’autres à atténuer leur impact écologique. 

Bloquer la lecture automatique de vidéos

Cette fonctionnalité est proposée par plusieurs navigateurs, dont Firefox et Chrome. L’option était d’ailleurs disponible sur le navigateur de Google avant d’être intégré dans Firefox 66 qui bloque désormais la lecture automatique des vidéos avec du son. Mozilla assure que “la lecture de vidéos utilise de l’énergie” et annonce qu’il sera également possible de bloquer la lecture automatique de toutes les vidéos en septembre. Rappelons au passage que la rentrée s’annonce chargée puisque la fondation prévoit de lancer une version payante de Firefox alors que le navigateur restera accessible gratuitement. Le cas de l’autoplay est également évoqué par The Shift Project dans son rapport intitulé Climat : l’insoutenable usage de la vidéo en ligne, un cas pratique pour la sobriété numérique. Le think think remet à cause les “designs addictifs” de certaines plateformes (lecture automatique de vidéo, vidéos inscrutées…)

Compenser son empreinte carbone numérique

Mozilla profite de ses conseils pour mettre en lumière Ecosia, un moteur de recherche qui finance la plantation d’arbres à partir du profit qu’il tire des recherches en ligne. La fondation et le métamoteur allemand en profitent pour indiquer que les utilisateurs de Firefox ont planté 20 000 arbres, compensant jusqu’à près de 435 000 kilos d’émissions de carbone par an. À noter que la Fondation GoodPlanet – créée en 2005 par le photographe et réalisateur Yann Arthus-Bertrand – propose sur son site de calculer son son empreinte carbone.

Ennuyez-vous !

La “détox numérique” ou “digital detox” est tendance et Mozilla en profite pour conseiller la déconnexion. “Au lieu de se tourner vers son téléphone chaque fois que l’on a une minute de libre, rêvasser, regarder passer les gens ou écouter le temps qui passe. Se déconnecter et ne pas utiliser d’appareil électronique constituent encore l’un des meilleurs moyens de réduire son empreinte carbone numérique”, assure la fondation. Consciente que ces différentes mesures ne réduiront pas considérablement notre empreinte carbone numérique – à moins d’être suivi à très grande échelle – Mozilla assure que “ces gestes ne sont qu’un début”. Après tout, ne dit-on pas que les petits ruisseaux font les grandes rivières ?