Selon une nouvelle étude, la planète serait déjà confrontée à la réalité d’une « terre brûlée » sans un accord international signé il y a plus de 30 ans.

 

L’étude menée par des scientifiques de l’Université de Lancaster sur le Protocole de Montréal, qui a été signé pour la première fois en 1987, conclut que l’accord a eu des avantages considérables dans la lutte contre le changement climatique.
Le Protocole a interdit la production de chlorofluorocarbures (CFC), qui endommageaient la couche d’ozone de la Terre
La couche d’ozone protège la planète des rayons ultraviolets (UV) nocifs générés par le soleil.
Selon les chercheurs, si l’utilisation des CFC n’avait pas été contrôlée, leur utilisation continue et accrue aurait contribué à une augmentation de la température de l’air de 2,5 degrés Celsius supplémentaires d’ici la fin du siècle.
Les modèles élaborés par les chercheurs révèlent également qu’une croissance continue des CFC aurait conduit à un effondrement mondial de la couche d’ozone d’ici les années 2040.
Et d’ici 2050, la puissance des rayons UV du soleil dans les latitudes moyennes, qui comprennent la majeure partie de l’Europe, y compris le Royaume-Uni, les États-Unis et l’Asie centrale, serait plus forte que celle des tropiques d’aujourd’hui.

Et sans le Protocole de Montréal, il y aurait eu 580 milliards de tonnes de carbone en moins stockées dans les forêts, les autres types de végétation et les sols à la fin de ce siècle, révèle également la modélisation.
En outre, il y aurait 165 à 215 parties par million de CO2 supplémentaires dans l’atmosphère, selon le scénario futur des émissions de combustibles fossiles.
Par rapport aux 420 parties par million de CO2 d’aujourd’hui, cela représente une augmentation de 40 à 50%.
Les scientifiques concluent que cette énorme quantité de CO2 supplémentaire aurait contribué à un réchauffement supplémentaire de 0,8°C par son effet de serre.
L’étude intervient après que le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) a récemment publié une partie de son sixième rapport d’évaluation, qui prévient que la planète ne sera pas en mesure de limiter le réchauffement climatique à 2°C, à moins de réduire immédiatement, rapidement et à grande échelle les émissions de gaz à effet de serre.
« Nos nouveaux outils de modélisation nous ont permis d’étudier la Terre brûlée qui aurait pu se produire sans l’interdiction des substances appauvrissant la couche d’ozone, prévue par le Protocole de Montréal », a déclaré l’auteur principal, le Dr Paul Young.

« Un monde où ces produits chimiques auraient augmenté et continué à éroder notre couche d’ozone protectrice aurait été catastrophique pour la santé humaine, mais aussi pour la végétation. L’augmentation des UV aurait considérablement réduit la capacité des plantes à absorber le carbone de l’atmosphère, ce qui aurait entraîné une augmentation des niveaux de CO2 et du réchauffement climatique ».
« Grâce à nos recherches, nous pouvons constater que les succès du Protocole de Montréal vont au-delà de la protection de l’humanité contre l’augmentation des UV pour protéger la capacité des plantes et des arbres à absorber le CO2. Même si nous pouvons espérer que nous n’aurions jamais atteint le monde catastrophique que nous avons simulé, cela nous rappelle l’importance de continuer à protéger la couche d’ozone. Des menaces tout à fait concevables existent toujours, telles que l’utilisation non réglementée des CFC ».
Le Dr Chris Huntingford, du Centre britannique d’écologie et d’hydrologie, a ajouté : « Cette analyse révèle un lien remarquable, via le cycle du carbone, entre les deux préoccupations environnementales mondiales que sont la détérioration de la couche d’ozone et le réchauffement climatique ».

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Jamie Hailstone

 

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