Après la génération X des baby-boomers, la génération Y des millennials et la génération Z des ados nés avec les réseaux sociaux, la génération C serait-elle en train d’éclore ? Les « coronnials » désignent désormais les bébés nés pendant ou après la pandémie.

 


« Ce sera la génération du choc viral », selon le futurologue Ian Pearson qui désigne les enfants nés pendant l’épidémie mondiale du virus de Covid-19, que l’on surnomme déjà les « coronnials ». Comment vont-ils évoluer ? Quels stigmates vont-ils garder de cette crise sanitaire ? Le journal Télégraph s’interroge sur l’avenir de ces bébés qui ont vécu un événement « historiquement aussi fort qu’une guerre mondiale ». Et de se demander s’ils deviendront des adultes résilients caractérisés par leur soif de vie ou au contraire s’ils « seront à jamais marqués par la peur de l’extérieur ». L’auteur imagine tel un scénario dystopique, une génération d’enfants devenus obsédés par l’hygiène et la distanciation qui « regardent avec méfiance les vieux, et considèrent les amis, la famille, les voisins et les camarades de classe comme des vecteurs de peur et de contagion ». S’il est trop tôt pour analyser les changements profonds de la pandémie sur le comportement de nos enfants, certaines comparaisons avec des crises antérieures ont néanmoins déjà été faites.

Une baisse de natalité à prévoir avec la peur d’une autre crise ?

« En se basant sur les études des scientifiques, les crises graves ont toujours tendance à  entraîner une baisse des taux de natalité », a expliqué le Dr Liz Allen, démographe de l’Université nationale australienne. Une réaction qui n’a rien d’étonnant dans un contexte d’incertitude et de peur où les gens peuvent considérer que ce n’est pas un bon moment pour avoir des enfants :« Compte tenu de l’instabilité de l’économie et de la société, il est probable que les taux de natalité chuteront et reviendront à la normale après quelques années » précise cette dernière.

Le sens de l’adaptation “post coronavirus”

Pour le sociologue Olivier Galland, auteur de « Sociologie de la jeunesse » (Armand Colin),  une crise sanitaire comme celle que nous traversons pourrait marquer une rupture tout comme celles qui nous ont précédées en façonnant là chaque fois la nouvelle génération : « À l’origine d’une génération, on trouve un élément fondateur, c’est-à-dire un événement un peu exceptionnel. Souvent, ce sont des guerres ou des révolutions qui induisent un bouleversement profond de la société et créent une discontinuité entre les générations. À cela s’ajoute le sentiment que la société ne sera plus jamais comme avant et que les générations passées ont failli. » explique t-il au journal les Echos. Rien ne sera plus comme avant, et peut être -pourquoi pas- avec du mieux selon le neuropsychiatre, spécialiste de la résilience, Boris Cyrulnik qui constate que « nous avons redécouvert la lenteur et le plaisir de l’amitié. », avant d’ajouter « qu’il est certain qu’après cette crise, nous attacherons plus d’importance au tissage du lien social et que cela va modifier les comportements quotidiens : on ne se voyait pas suffisamment, on se rencontrera davantage. »

 

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