L’été que nous sommes en train de vivre est une fois de plus marqué par des périodes successives de fortes chaleurs entrainant, le plus souvent, des pics de pollution dans nos villes avec des niveaux soutenus d’ozone dans l’air. Par Hugo Meunier, fondateur de Merci Raymond et défenseur du vert en ville.

 

Si les collectivités ont pris différentes mesures face à l’ampleur du phénomène, le plus souvent liées aux moyens de transports, qu’en est-il de la végétalisation des centres urbains ? N’apparaît-elle pas comme une solution durable pour lutter contre ces problématiques ? Au-delà de l’aspect esthétique, revégétaliser nos villes entraine en effet de multiples conséquences positives: la première étant, outre le fait de faire baisser le thermomètre, de purifier l’air que nous respirons au quotidien.

Les végétaux, remparts contre la pollution…

Les gaz polluants, qui proviennent en zone urbaine des transports ou des bâtiments, nous empêchent de profiter d’un air pur essentiel à notre santé et à notre environnement. Preuve en est : l’exposition aux particules fines serait responsable de la mort prématurée de plus de 42 000 personnes chaque année en France1 ! Une pollution qui fait également supporter un coût très important à la société, à hauteur de 20 à 30 milliards d’euros chaque année2. Une réduction drastique des taux de pollution serait donc triplement bénéfique : d’abord du point de vue écologique, ensuite en termes de santé publique et, enfin, au niveau économique.

Or, les végétaux ont cette capacité exceptionnelle de pouvoir absorber des polluants (gaz ou particules), permettant ainsi de réduire les taux de pollution dans nos villes. En effet, en comparant – via la mise en place de capteurs – les différents taux de gaz polluants présents sur un toit-terrasse parisien entièrement végétalisé avec ceux de divers endroits de la ville (publiés sur le site d’Airparif), on constate que les taux présents dans l’air autour de la toiture végétale sont significativement plus bas qu’ailleurs. Ce résultat n’a rien d’étonnant : qui ne ressent pas par exemple la différence entre une bouffée d’air en pleine forêt et dans un centre urbain ? Lorsque la végétation nous entoure, nous sommes souvent bien plus à l’aise pour respirer que lorsque nous traversons des zones entièrement artificialisées. Ce constat, chacun est capable de le faire.

… à condition de bien les choisir …

Néanmoins, si en règle générale les végétaux ont une capacité d’absorption considérable des polluants, il leur arrive parfois eux-mêmes d’en émettre. C’est notamment le cas via l’émission de composés organiques volatils (COV). Il faut donc être attentif au choix des végétaux que nous voulons planter dans nos villes. Les arbres représentent par exemple une solution efficace et viable : un arbre en bonne santé peut absorber jusqu’à 7 000 particules par litre d’air et peut, lorsqu’il est mature, piéger jusqu’à 20 kilos de particules par an. Bien plus que des capteurs de polluants,

les arbres sont surtout de formidables producteurs d’oxygène et participent ainsi activement à la purification de l’air que nous respirons. Outre la plantation d’arbres, il existe d’autres moyens pour rendre l’air plus respirable. Selon l’ADEME, la végétalisation des façades ou des toitures – via la plantation par exemple de fougères, de houblon ou encore de jasmin – permettrait une réduction massive de la concentration de certains polluants dans l’air, à hauteur de 60% pour les particules fines et 40% pour les oxydes d’azote.

… et ce en extérieur comme dans nos intérieurs !

Mais l’air extérieur n’est pas le seul concerné : l’air intérieur est, en règle générale, deux à cinq fois plus pollué3. Intoxication au monoxyde de carbone, maladies cardiovasculaires provoquées par la respiration de particules… cette pollution serait même responsable de la mort prématurée de plus de 20 000 Français par an4. Le coût de cette mortalité s’élèverait ainsi à 18 milliards d’euros. Il ne faut donc pas négliger ce phénomène ! Alors, même si installer des plantes vertes chez soi ne résoudra pas tous les problèmes, cela peut déjà être un début de solution.

Dépolluer nos espaces urbains passera – certes – par un changement radical de nos modes de vie, de transport et de consommation, mais également par une vision nouvelle de l’aménagement de nos villes. Ces dernières, représentant des pôles majeurs de production de gaz à effet de serre, dont l’émission constitue la principale explication au réchauffement climatique, doivent donc dès à présent opérer leur révolution verte !

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1 D’après une étude pour la Commission européenne dans le cadre du programme Clean Air for Europe (CAFE) 2 Selon le CGDD (Commissariat général au développement durable)

3 Selon l’Agence de protection de l’environnement américaine

4 Selon une étude de l’Anses (Agence nationale de sécurité́ sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail)

 

 

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