Notre maison brûle et les agences digitales peuvent faire quelque chose. Avec 2% des émissions mondiales de CO2 – soit plus que le transport aérien – nos activités digitales sont passées de la promesse d’un monde plus vert à l’angoisse d’une contribution effrayante au réchauffement climatique. L’impact carbone du numérique devient un des paramètres dont il faut tenir compte dans la stratégie digitale des marques et des entreprises. Par Ivan Beczkowski.

 


Pollution digitale, une prise de conscience

Exactement comme hier les consommateurs se demandaient si un dépliant publicitaire dans leur boîte aux lettres valait la quantité de papier et d’encre utilisée, ils se demanderont légitimement demain si l’intérêt de recevoir une newsletter par email est à la hauteur de l’énergie consommée ou pourquoi tel ou tel site est si gourmand en ressources processeurs et bande passante alors qu’il vend des produits biologiques.

Greenpeace a déjà publié un rapport nommé « Clicking Clean » évaluant les performances énergétiques des principaux acteurs mondiaux du digital, qui épingle Netflix, Twitter ou Spotify. D’autres, comme Google s’en tirent un peu mieux car ils utilisent massivement des sources d’énergie renouvelables.

En France les 100 premiers sites internet consomment chaque année l’équivalent de l’énergie nécessaire à l’alimentation électrique de 3 000 foyers.

Bientôt tous les sites web, les applications, ou les contenus digitaux des entreprises seront jugés par les consommateurs à travers le prisme des efforts faits pour limiter leur empreinte carbone. C’est la fin d’une époque où l’on pensait que produire digital c’était produire propre puisqu’on ne percevait aucune émission visible. On dénonce désormais la pollution numérique.

 

Des solutions existent pour réduire son empreinte carbone numérique

Il n’y a pas de civilisation sans échanges, ni de progrès sans partage, nous n’imaginons pas un monde sans internet. Mais si nous voulons continuer à profiter des avantages de la technologie, inventer sans cesse de nouveaux services, à produire de nouveaux contenus, nous ne pourrons pas le faire au détriment des génération futures.

Il faut tout de suite changer notre manière de faire, sensibiliser nos équipes et nos clients. Heureusement, il existe des solutions pour améliorer le bilan énergétique des produits et services digitaux : hébergements verts utilisant des sources d’énergie renouvelables, code propre, éco-design de sites, compensation carbone des productions vidéo… Et la bonne nouvelle, c’est que cela va dans le sens de la performance.

Mais un défi créatif nous est lancé : nous devrons allier frugalité et création de désir. Moins consommer mais mieux.

On dirait que tout l’avenir de la planète passe par là. Vite.

Par Ivan Beczkowski, Président et Directeur de la création BETC Digital