Membre du Next40, la scale-up Sendinblue et ses 50 millions d’euros de chiffre d’affaire viennent de lever 140 millions d’euros en série C. Un montant colossal qui va servir à cette plate-forme de services CRM pour PME de développer sa solution à l’international. Entretien avec Armand Thiberge, son CEO et co-fondateur. 

Fondée en 2012 par Armand Thiberge, Sendinblue est une figure de proue du Next40. L’entreprise affiche une croissance annuelle de 60% et un chiffre d’affaires de près de 50 millions d’euros en 2020. Sendinblue est sur les rails pour devenir un leader mondial du digital. 


Sendinblue accompagne toute la digitalisation des processus marketing et commerciaux  des PME en proposant un outil CRM pour acquérir et fidéliser les clients en ligne. Par exemple, les clients peuvent démarrer par l’envoi de newsletters, aller plus loin avec un outil de chat à intégrer sur leur site, ou créer des scénarios de marketing automation. Très accessible, la solution est utilisée par un très large éventail d’entreprises : du restaurateur au cabinet d’architecture en passant par un site e-commerce ou encore un groupe industriel. 

Avec déjà 70% de son chiffre d’affaires réalisé à l’étranger, des bureaux en France, Allemagne, Etats-Unis et en Inde, Sendinblue entend accélérer son développement à l’international. Ainsi, pour renforcer sa couverture en Amérique du Nord, son premier marché, elle vient d’ouvrir un nouveau bureau à Toronto.

Forbes France : Vous venez de lever 140 millions en pleine période de crise. Comment se sont passées les négociations avec vos investisseurs ? 

Armand Thiberge : Nous avons commencé le process de levée juste avant la pandémie. Nous pensions que la crise allait la ralentir mais c’est l’inverse qui s’est produit, ce sont les investisseurs qui ont commencé à nous contacter. Et si dès le début, nous nous sommes positionnés sur un marché en pleine croissance, la crise sanitaire n’a fait que confirmer la validité de notre positionnement, les TPE / PME n’ont jamais autant eu besoin de se digitaliser pour rester en contact avec leurs clients.  

A quoi va servir cette levée ? 

Nous avons l’ambition de multiplier par 4 notre chiffres d’affaire d’ici 2025. Celle levée de fonds va aussi nous permettre d’accélérer notre développement à l’international dont l’Amérique du Nord. 

Enfin, plus de 50% des effectifs de Sendinblue sont dédiés à l’innovation. Les fonds levés vont soutenir cet effort de développement pour permettre aux PME d’augmenter toujours plus leurs revenus grâce au digital. 

Vous proposez une plate-forme de CRM pour les PME : pourquoi s’être positionné sur ce créneau ? 

Dès 2012, Sendinblue s’est donné pour mission de combler ce gap et de rendre le marketing digital accessible à toutes les PME, où qu’elles soient dans le monde, quel que soit leur niveau de développement et leur budget. Nous proposons des outils marketing et vente puissants qui permettent à ces entreprises de booster leur business et de rivaliser avec les grands acteurs du digitaux. Avant la pandémie, 85% des internautes achetaient déjà en ligne alors que seul 10% seulement des PME avaient une stratégie digitale. En 3 mois de confinement nous avons vu notre croissance bondir de 50%, c’est la preuve que la digitalisation est en marche. 

Quel genre de PME sont parmi vos clients ? 

Nous avons des clients de secteurs et avec des niveaux de développement très différents. La diversité de nos clients démontre bien que le besoin de communication digitale est général. Parmi nos clients, nous comptons aussi bien des grandes enseignes, des plateforme de e-commerce, des acteurs du tourisme, des artisans, des agriculteurs, des associations et même beaucoup d’église ! La plateforme étant très simple d’utilisation chacun peut facilement l’adapter à ses besoins et à son niveau de connaissance. 

Vous faites partie du Next40 depuis l’année dernière :  cela a-t-il facilité votre levée de fonds ? Cela vous ouvre-t-il de nouvelles portes ?  

Cela nous a apporté une belle notoriété en France mais clairement notre levée de fonds nous la devons à nos performances et au travail de nos équipes. Nous faisions déjà 60% de croissance annuel bien avant le label Next40. Qui plus est, seul 40% de nos clients sont français et nous comptons des clients dans près de 160 pays donc clairement la majorité ne connaissent pas l’existence de ce label. 

En pleine crise du covid, les PME sont souvent frappées de plein fouet par la récession. Comment venez-vous en aide à vos clients ? Comment vous êtes-vous adaptés à cette situation ? 

Pendant toute la durée du confinement, nous avons lancé des initiatives pour soutenir les TPE /PME qui devaient passer dans l’urgence au digital et ainsi assurer la continuité de l’activité. Nous avons offerts un nombre illimité de comptes premium gratuits pour toutes les PME qui en exprimaient le besoin. Nous savions que le 100% digital était l’un des moyens de survie de ces petites entreprises pour traverser cette période difficile. Nous avons également donné de la visibilité via nos réseaux sociaux aux initiatives solidaires lancées par nos clients.

Quelles sont vos perspectives pour les mois à venir concernant les entreprises que vous accompagnez ? Etes-vous optimiste ? 

Nous sommes très optimistes car nous connaissons l’énorme potentiel de croissance qu’offre le digital à toutes ces PME. Plus que jamais les consomm-acteurs souhaitent se tourner vers une consommation plus raisonnée, aider les petites entreprises, favoriser le local ou encore les entreprises à taille humaine. C’est là que les PME ont un rôle à jouer. Certes elles ne peuvent pas apporter la rapidité de service ou les prix sur-compétitifs des géants du web mais elles ont une relation client plus proche, plus authentique, leurs marques sont porteuses de sens. Leurs clients savent que derrière chacune d’elle se joue l’activité d’un(e) entrepreneur(e) et de son équipe. C’est d’ailleurs pour ça que le hashtag #supportsmallbusiness est devenu si répandu sur les réseaux sociaux depuis le début de la crise. Même digitalisée, leur communication est humaine. Chez Sendinblue, nous sommes convaincus qu’elles ont plus que jamais leur carte à jouer !

 

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