Aux antipodes de Tinder, Happn et consorts dont le modèle est davantage régi par la loi du « plus grand nombre », l’étoile Once se démarque dans la galaxie des applications de rencontres en portant sur les fonts baptismaux le principe du « slow dating », à savoir prendre le temps de faire la belle rencontre et privilégier la qualité à la quantité. Fort de ce postulat, Once franchit une étape supplémentaire en proposant à ses utilisatrices une nouvelle expérience : faire état, via un système de notation, de leurs impressions après un rendez-vous avec leur(s) aspirant(s).

« Ressemble-t-il à ses photos ? Est-il pire ? Identique ? Mieux ? ». Depuis le vendredi 9 février l’application de rencontres françaises baptisée Once, reposant sur les principes du « slow dating », ou « serious dating »,  à savoir un nombre limité de « match » chaque jour à midi, a décidé d’intégrer le « sacro-saint retour d’expérience » au sein de son dispositif. En d’autres termes, enrichir l’offre initiale pour permettre aux femmes présentes sur l’application d’évaluer leur rendez-vous. « Le problème numéro 1 des sites et autres applications de dating est la déception qui découle de la rencontre parfois pourtant tellement et ardemment attendue.  Nous avons vocation à remettre le dating dans le réel », développe Jean Meyer, fringant cofondateur de Once. D’où la volonté d’évaluer notamment les photos de la personne rencontrée au sortir du premier rendez-vous. En effet, entre 60% et 70% des usagers ressortent déçus de la première rencontre.


Mais cela ne devrait plus avoir cours dans l’univers Once grâce à ce nouveau dispositif. « Fake is dead », selon le slogan consacré par l’application. Une démarche qui aura le mérité de limiter les recours abusives aux logiciels de retouche photos tous azimuts et autres filtres Instagram qui peuvent parfois altérer le jugement. Doux euphémisme.  D’ailleurs, les hommes auront également toute latitude à donner leur avis, selon les trois critères évoqués en préambule, concernant les photos de leurs prétendantes. En revanche, seules les utilisatrices de l’application auront la possibilité de noter la qualité de la conversation menée sur le chat et de laisser leurs avis et commentaires sur la rencontre, en vertu du principe de la notation à « étoiles » (entre 1 et 5), à l’instar de ce qui se pratique sur une célèbre plateforme de VTC .  « Evidemment, tous les commentaires sont modérés par un humain et les commentaires offensants et discriminants sont bannis séance tenante », précise Jean Meyer. 

« Donner le pouvoir aux femmes mais valoriser le profil des hommes »

Mais ce postulat ne va-t-il pas s’avérer discriminant pour les hommes ? Le dirigeant s’en défend, inscrivant sa démarche, et par extension celle de Once, dans un mouvement de société où les femmes cherchent à être rassurées dans leurs rencontres avec les hommes au risque de déserter les « apps » de rencontres. « Sur d’autres applications concurrentes, l’utilisateur est vraiment limité à un profil et une photo. Cela permet d’aller au-delà de cette barrière purement esthétique et souvent artificiel ». Clémentine Lalande, directrice adjointe de Once abonde dans ce sens, battant en brèche toute discrimination à l’encontre des hommes. « Ces nouvelles fonctionnalités donnent le pouvoir aux femmes mais valorise aussi le profil des hommes ».  Une manière également pour les femmes de retrouver confiance, « l’affaire Weinstein » ayant lourdement pesé dans la décision de, justement, donner davantage de pouvoir aux utilisatrices de l’application. « Je suis consternée par les expériences vécues par certaines de mes amies sur les applications de dating. Des photos indécentes au harcèlement sexuel, les témoignages sont accablants », souligne la directrice.

Et ses dirigeants ont le mérite de la clarté et de la transparence. « Once est une application qui s’adresse avant tout aux femmes », déclare Jean Meyer.  Et les commentaires sont uniquement basés sur les impressions ressenties durant le rendez-vous sans aucun jugement de valeur. Et peuvent avoir le mérite d’inciter les hommes à davantage de tenue. « Il n’y aura ainsi jamais de gros volumes et de garçons en mode « ego play ». Cette population ne viendra pas sur Once », précise le fondateur. Et visiblement les premiers retours sont positifs, notamment dans l’évolution des comportements masculins : ainsi, 10% des hommes viennent avec un cadeau lors du fameux premier rendez-vous.  Autre effet bénéfique : faire (re)venir davantage de femmes sur l’application là où sites et autres démarches similaires souffrent d’une balance filles / garçons résolument déséquilibrée.  Aujourd’hui, parmi les 6 millions d’utilisateurs que compte Once dans le monde (dont 2 millions en France), près de 40% sont des femmes.  Une jolie performance, seulement 3 ans après le lancement de l’application.

Arrivée prochaine aux Etats-Unis

Alors que Tinder et Meetic – dont la directrice marketing a récemment rejoint le navire-amiral Once- ne disposent d’aucune données relatives « à l’après », en l’occurrence les rendez-vous, Once est la seule application capable de suivre de façon précise le nombre de rencontres faites sur l’application et rendez-vous concrétisés « dans la vraie vie ».  Mais dès lors quels sont les enseignements tirés des commentaires à l’issue du « date » selon l’expression consacrée ? « C’est souvent très drôle ou touchant nous avons eu notamment en guise de « retour » deux cœurs entremêlés et cela répond très bien », se félicite Jean Meyer dont l’application va bientôt traverser l’Atlantique pour atterrir aux Etats-Unis.  Déjà présent au Royaume-Uni, en Suisse ou encore en Italie, Once, qui a déjà levé au total 8 millions d’euros, devrait continuer à tisser sa toile dans le monde, à l’instar de l’amour qui, lui aussi, ne connaît pas de frontières. Encore bien davantage en ce 14 février.