Ils ne sont que 27% à se déclarer satisfaits de l’action menée par le chef de l’Etat. Jusqu’à présent salué par les acteurs de ce qu’il appelle « la start-up nation », Emmanuel Macron voit sa popularité se dégrader auprès des dirigeants d’entreprise d’après un sondage OpinionWay réalisé en décembre  pour CCI France / La Tribune et Europe 1.

Ils sont venus l’acclamer lors de l’inauguration de Station F, le campus de start-up de Xavier Niel, ou lors des dernières éditions de VivaTech. Il leur avait rappelé que le mot « entrepreneur » était français. Il leur a proposé de construire une « start-up nation », puis leur a annoncé qu’il fallait désormais passer à la « scale-up nation ». Jusqu’à présent, l’entente entre les chefs d’entreprise et le Président Emmanuel Macron était quasi parfaite.

En décembre, chahuté par la contestation des gilets jaunes, le chef de l’Etat a dû modifier légèrement sa trajectoire. Une période délicate pour Emmanuel Macron qui voit sa cote de popularité chuter également auprès de ses plus fervents partisans, les dirigeants d’entreprise, selon un sondage réalisé en décembre par OpinionWay pour CCI France / La Tribune et Europe 1.

Seulement 27% des patrons interrogés sont satisfaits de l’action menée par le Président de la République. Un recul de 10 points par rapport au mois de septembre (36%). Pire, 72% des chefs d’entreprise se déclarent même mécontents des réformes portées par Emmanuel Macron.

Un effet gilets jaunes

Peut-on voir dans cette chute un effet gilets jaunes ? 65% des chefs d’entreprise affirment leur soutien au mouvement, selon OpinionWay (66% pour l’ensemble de la population), dont 29% les  soutiennent « tout à fait ». Pour l’institut de sondage, cela s’explique notamment par « le ras-le-bol fiscal » exprimé. Dans le détail, les dirigeants du commerce (77%), de l’industrie (75%) et de la construction (74%) défendent le mouvement de manière massive.  

17% des patrons interrogés craignent que le mouvement ait un impact sur leur résultat, 14% qu’il pourrait avoir des répercussions sur leur trésorerie et 8% sur leur approvisionnement.

Au-delà de la crise des gilets jaunes, La Tribune met en avant les prévisions de croissance revues à la baisse par La Banque de France pour le dernier trimestre de 218 passant de 0,4 à 0,2% qui pourrait également expliquer une popularité en berne.

Baisse d’optimisme et d’attractivité

OpinionWay a mesuré l’indicateur d’optimisme. Ils ne sont que 23% à être optimistes pour l’économie française contre 31% pour l’économie mondiale et 69% pour leur entreprise, indique le rapport.

Le degré de confiance est ainsi passé de 90 à 83 en un mois pour les TPE. Cet indicateur de confiance à l’égard de l’économie atteint son plus bas niveau depuis février 2015.

Quid de l’attractivité ? Les images diffusés dans les médias étrangers auront-elles des conséquences sur les investissements internationaux ? 75% des personnes interrogées estiment que l’image de la France pourrait s’en retrouver détériorée.