Après des débuts de carrière fracassants où elle a côtoyé les plus grands de la chanson et foulé les planches des plus importantes scènes du monde, l’ancienne protégée de René Angelil, la chanteuse Marilou, a décidé de changer de cap et de réorienter son chemin, avec en tête un tout nouveau défi, celui d’aider les gens à changer la relation qu’ils ont avec l’alimentation. Elle y est parvenue en utilisant un moyen que plusieurs estiment en perte de vitesse : le marché de l’édition.

Une transition importante

La transition de la scène vers ce changement de carrière s’est effectuée de manière naturelle. « J’étais trop sensible pour avoir vécu ça aussi jeune. J’avais besoin de temps pour me ressourcer et faire un gros travail sur moi. J’avais envie de mener mes projets. Je manquais de contrôle et j’ai pris du temps pour régler tout ça et lancer Trois fois par jour, explique-t-elle d’emblée. Les gens se cherchent des projets, mais c’est le projet qui vient à toi, on ne peut pas inventer un projet. »

À l’origine, Marilou pensait lancer un blog de recettes sur Internet et partager sa nouvelle passion à quelques personnes, mais rapidement, le tout a explosé.

Celle qui admet avoir déjà souffert de problèmes alimentaires a décidé de transformer sa nouvelle mission en véritable passion entrepreneuriale. Ainsi, c’est en 2013 qu’elle a créé avec son conjoint de l’époque, Alexandre Champagne, le blog culinaire Trois fois par jour, où Marilou a pour ambition de « partager son amour pour la cuisine et inspirer les autres en prônant l’équilibre à travers le plaisir de bien manger ».

« Le succès est arrivé très rapidement et les gens ont embarqué, en particulier lorsque je me suis ouverte sur les troubles alimentaires ».  Justement, sur son site, on ne retrouve pas le nombre de calories, ni la valeur nutritive des recettes.

Même si son entreprise est florissante et connaît un succès retentissant, au point où elle est maintenant ancrée tel un véritable petit empire qui touche au coeur des centaines de milliers de gens, Marilou ne se perçoit pas comme une entrepreneure, mais plutôt comme une artiste qui a su faire en sorte que ses projets se réalisent. « Le mot entrepreneur est comme plus grand que moi, je me sens un peu gênée », détaille la principale intéressée.

L’humilité et la notoriété

C’est d’ailleurs parce qu’elle y percevait un manque d’humilité que Marilou a préféré nommer son entreprise Trois fois par jour, plutôt que de capitaliser sur sa propre notoriété. Qui plus est, ce nom est intimement lié à sa bataille contre les troubles alimentaires.

« Si j’ai appelé ça Trois fois par jour, c’est parce que j’ai souffert d’anorexie durant mon adolescence et j’ai recommencé à manger trois fois par jour. Je voulais le souligner parce que c’était un succès pour moi. Je voulais le célébrer. »

L’influence de René Angelil

Lorsqu’on se lance en affaires, il est fréquent d’avoir en tête un modèle à imiter, une inspiration ou un mentor. Marilou tire son inspiration d’une phrase lancée par son ancien agent aujourd’hui décédé, René Angelil.

« Il y a une phrase en particulier que cet homme m’a dite et qui est restée dans ma tête depuis et c’est la suivante: ce n’est pas toujours ce que tu fais, mais ce que tu ne fais pas. Ça me parle tellement. Ça m’a aidé à dire non, plutôt que de valoriser le oui tout le temps. C’est une clé que je garde dans ma poche en arrière. »

Conjuguer travail et famille

Devenue maman et enceinte d’un deuxième enfant au moment de l’entretien, Marilou a appris les aléas de la conciliation travail-famille. Pour ce faire, elle a décidé de modeler son horaire afin d’effectuer les tâches hebdomadaires en trois jours et se concentrer sur ses enfants le reste du temps. « Je ne veux pas que mes filles se sentent obligées d’être comme moi, c’est le plus gros défi je pense. »

Quand l’instinct sert de guide

Pour mener ses affaires au quotidien, Marilou s’en remet beaucoup à son instinct. Par exemple, quand on lui a dit qu’elle commettait une erreur en lançant un magazine sans pages publicitaires, son coeur lui disait que c’était tout de même la chose à faire.

« C’est ce que j’ai appris sur le tas et ce que je ne savais pas, qui ont fait de moi l’entrepreneure que je suis aujourd’hui. Avec ton instinct, tu es bien guidé.

Par exemple, le magazine… Le jour où on a commandé 50 000 magazines imprimés pour lancer notre premier numéro, sans savoir si on allait en vendre trois copies ou 45 000 exemplaires. Une revue sans aucune publicité, dans un médium qui est en constante perte de vitesse depuis de nombreuses années. Aujourd’hui, c’est le projet dont je suis le plus fière. C’est comme un livre, mais au prix d’une revue, sans les publicités. »