Si vous désirez changer de carrière et que vous avez entre 50 et 60 ans, les conseils de Dawn Graham pourraient vous être utiles. Auteure du livre Switchers, Graham est la directrice en gestion de carrière du programme de MBA pour cadres, à la Wharton School. Elle est également la présentatrice de l’émission hebdomadaire Career Talk, sur la populaire radio américaine Sirius XM.

Forbes a récemment interview Dawn Graham pour partager ses précieux conseils sur comment changer de carrière, et, comme elle le dit « connaître le succès ». 

Forbes. Quel est votre meilleur conseil pour les cinquantenaires, qui pensent à changer de carrière et veulent connaître le succès ?

Dawn Graham. Vous devez être très clairs sur votre parcours et le chemin que vous voulez emprunter. Beaucoup de personnes savent qu’elles ne veulent plus faire la même chose, mais sans savoir trop où aller. Lorsque vous n’avez pas de plan, votre désir de changer de voie peut-être perçu comme un caprice par les personnes que vous rencontrez (que ce soit des recruteurs, ou de simples connaissances). Ils peuvent tout simplement ne pas vouloir s’engager sans savoir où ils mettent les pieds.

F. Quelle stratégie traditionnelle de recherche d’emploi faut-il éviter lorsqu’on souhaite changer de carrière ?

D. G. Le processus traditionnel consiste à consulter les offres d’emplois en ligne, à rédiger un CV, et à postuler en espérant être retenu et convoqué pour un entretien, et, au mieux, de décrocher le job. Le défi, pour quelqu’un qui souhaite changer de carrière, est que les plateformes numériques et leurs systèmes favorisent les candidats traditionnels, en recherchant certains mots clés et expériences, dans un domaine bien précis.

F. Comment contourner ce problème ?

D. G. Le réseau. Cela aide vraiment les personnes qui cherchent à emprunter une autre voie de ne pas souffrir de certains préjugés dans le processus d’embauche. Les employeurs ont tendance à toujours embaucher les mêmes types de personnes et à négliger celles qui souhaitent ardemment changer de carrière. Mais le réseau vous aider à rencontrer les bonnes personnes.

F. Comment un chercheur d’emploi peut-il bien réseauter ?

D. G. Introvertie moi-même, je ne « réseaute » pas naturellement. Mais à tout moment de la journée, vous avez l’occasion de rencontrer de nouvelles personnes ou d’approfondir une relation. Que vous contactiez sur LinkedIn des personnes que vous avez rencontrées lors d’une conférence ou que vous déjeuniez avec des collègues, réseauter se fait plutôt facilement au quotidien.

Les gens commencent à réseauter avec des personnes qu’ils connaissent ; c’est la stratégie la plus confortable pour tout le monde. Mais n’oublions pas que ces mêmes personnes ont elles-mêmes des connaissances, qui n’ont peut-être encore jamais entendu parler de vous. Et tout porte à croire que ce sont ces personnes-là qui vous donnent les meilleures opportunités. La première étape consiste donc à faire comprendre à votre entourage ce que vous voulez faire, pour qu’ils puissent partager cela avec leurs propres contacts, si l’occasion se présente.

F. Vous assurez qu’il y a trois types de changements de carrière. Quels sont-ils ?

D. G. Le premier est un changement d’industrie. C’est modérément difficile. C’est le genre de changement où vous n’avez pas besoin de changer toutes vos compétences, mais où vous manquez cruellement d’expérience dans cette nouvelle voie qui vous intéresse.

Le second est un changement de fonction, et c’est très difficile. Vous n’avez pas les compétences mais l’expérience dans l’industrie. Pour réaliser un tel changement, vous resterez probablement dans la même industrie. Si vous avez une solide expérience, vous pourrez peut-être même rester dans la même entreprise. Si ça n’est pas le cas, votre recherche est plus compliquée, car vous devez convaincre une nouvelle entreprise de vous laisser tenter votre chance.

Le troisième, enfin, est un double changement, où vous souhaitez à la fois vous lancer dans une nouvelle carrière mais aussi dans une nouvelle industrie. C’est extrêmement compliqué et difficile, pour la simple et bonne raison que vous demandez à un employeur de prendre un risque considérable pour vous.

F. Un conseil pour changer à la fois de carrière et de fonction lorsque vous avez entre 50 et 60 ans ?

D. G. L’avantage d’être dans la cinquantaine ou la soixantaine est que vous disposez d’un réseau solide que vous n’avez peut-être pas encore exploité ; de vos expériences professionnelles passées, à votre entreprise actuelle, ou aux organisations bénévoles dans lesquelles vous avez travaillé. Reprenez contact avec des personnes avec qui vous vous entendiez bien. Ils savent que vous êtes quelqu’un de bien, et les recruteurs veulent des gens formidables.

F. Vous conseillez aux gens de procéder par étapes, pourquoi ?

D. G. Ne faites pas un gros changement en une seule et même fois. Vous pouvez probablement acquérir des compétences pour plus tard changer d’entreprise. Et après deux ans, essayer de changer d’industrie. L’avantage de procéder ainsi, si vous êtes bon dans votre job, est qu’il est plus facile de changer de carrière ensuite. Vos supérieurs seront en effet souvent plus disposés à vous former.

En outre, vous pouvez proposer votre « aide ». Beaucoup de recruteurs et de manageurs sont plus enclins à vous laisser votre chance si la décision est réversible. Vous pouvez ainsi dire : « J’aimerais aider l’équipe marketing pendant trois mois, et nous pourrons voir comme ça se passe ».

F. Vous affirmez qu’un diplôme ou une certification n’est pas une « solution miracle » pour changer de carrière. Pourquoi ?

D. G. Beaucoup de gens essaient d’obtenir un nouveau diplôme ou une certification et ils pensent que cela va réinventer qui ils sont. Mais les recruteurs savent que ce qui se passe dans une salle de classe est souvent bien différent de ce qui se passe dans un emploi. L’expérience l’emporte toujours sur l’école. Cela ne veut pas dire que l’enseignement supérieur ne peut pas être un excellent moyen de réseauter, qu’un stage ou un projet en milieu professionnel avec une expérience concrète sont bons à jeter à la poubelle, au contraire.  Malheureusement, beaucoup de diplômes de l’enseignement ne sont que des bouts de papiers et n’apportent aucune réelle compétence.

F. Comment tirer profit des réseaux sociaux ?

D. G. Servez-vous d’un ou deux réseaux sociaux –comme LinkedIn et peut-être Facebook ou Twitter- et construisez votre marque avec eux. Suivez les maîtres à penser, et créer votre propre contenu. Vous pourriez vouloir rejoindre des groupes sur ces plateformes de médias sociaux. Immergez-vous dans les communautés auxquelles vous adhérez, de sorte à démontrer que vous souhaitez réellement changer de carrière.

F. Changer de carrière prend combien de temps ?

D. G. Cela dépend de ce que vous êtes prêt à sacrifier ou à échanger pour atteindre votre objectif. Si vous n’êtes pas prêt à faire beaucoup de compromis, cela peut prendre beaucoup de temps. Mais si vous êtes prêts à faire des concessions géographiques, par exemple, vous toucherez au but beaucoup plus rapidement.

F. Peut-on faire appel à un coach pour changer de carrière ?

D. G. Si vous entreprenez un changement majeur, c’est une bonne idée d’être soutenu, au début. Un coach peut vous aider à comprendre les stratégies d’embauche et les préjugés à l’encontre d’un changement de voie dans le système de recrutement.