Luc Poirier est un entrepreneur dans l’âme qui carbure aux défis. Le multimillionnaire québécois métamorphose ses idées folles en projets grandioses et en histoires à succès. Entrevue avec un passionné qui n’a jamais hésité à sortir des sentiers battus pour paver la voie de son propre succès.

Au fil du temps, Luc Poirier est devenu un des plus grands promoteurs immobiliers de la région de Montréal. À peine entré dans l’adolescence, le garçon natif de Longueuil – une banlieue située sur la Rive-Sud de Montréal – et issu d’un milieu moins bien nanti, canalise son énergie dans le but de sortir de la pauvreté, tout en utilisant ses réflexes de survie à son avantage. À quatorze ans, il parvient à générer des revenus de 30 000$ en échangeant de simples cartes de hockey. À 16 ans, il possède déjà sa propre Porsche. « Je touchais 1000$ par jour en vendant des cartes de hockey, je faisais plus que mes deux parents réunis ».


Luc Poirier est un homme d’affaires déterminé qui ne craint pas de tout miser s’il juge un projet suffisamment porteur. Dans la vingtaine, après avoir empoché des millions suite à la vente d’un commerce informatique, il fait l’acquisition d’un premier édifice à vocation commerciale. De fil en aiguille, il étend son activité et se lance dans les projets d’habitation d’envergure.

Autre exemple de sa détermination, il a présenté en 2012 le projet de construction d’un nouveau tunnel reliant la Rive-Sud à Montréal. Baptisé le Tunnel centre-ville, ce projet serait entièrement financé par des capitaux privés. Il a également propulsé Bewegen, un service de vélos électriques en libre-service actuellement déployé dans plusieurs villes à travers le monde, notamment à Birmingham aux États-Unis, à Wolfsburg en Allemagne et à Lagoa au Portugal.

Il suffit qu’on mette en doute la possible réussite d’un projet pour qu’il s’efforce de démontrer le contraire. « Le projet Upbrella à Montréal, tout le monde disait que ça ne se pouvait pas, nous on l’a fait. On a construit un édifice en commençant par le toit, et le toit s’élève au fil de la construction. On construit en-dessous et on est toujours protégé du vent, de la pluie, de la glace, de la neige et même du sable et de la chaleur. C’est le seul moyen au monde pour y arriver. » Avec cette technologie audacieuse, il lance un produit des plus innovateurs au potentiel international.

Cet entrepreneur autodidacte possède la capacité de flairer les occasions d’affaires tout étant en mesure de gérer le risque associé. « Je n’ai pas eu de mentor, j’ai tout appris par moi-même ou dans les livres. » À 41 ans, le multimillionnaire lance Voir grand: leçons d’affaires, de vie et de liberté, un ouvrage autobiographique écrit en collaboration avec l’auteur Marc Fisher. Ce livre devient rapidement best-seller au Québec.

Avec l’idée en tête qu’il n’y a pas de succès sans travail, l’homme qui s’est déjà attaqué à l’ascension du Mont Everest n’a jamais compté ses heures de travail. « Je dors cinq heures par nuit plutôt que huit; ces trois heures représentent des mois de travail à la fin de l’année. » Aujourd’hui père de trois enfants, il s’assure de profiter de quatre mois de vacances chaque année afin de passer le plus de temps possible avec sa famille, qu’il qualifie de plus grande richesse. « Le plus bel avantage de l’entrepreneur, c’est la liberté.»

Luc Poirier a même déjà décliné une proposition d’affaires de son idole, le milliardaire Richard Branson, qui lui avait offert un partenariat et une expansion internationale, après avoir visité le Bota Bota, un centre spa innovateur qui flotte au quai du Vieux-Montréal.

Contrairement à plusieurs hommes fortunés au Québec, Luc Poirier accepte de parler de sa fortune sans aucune retenue, c’est d’ailleurs une source de fierté pour lui. « Je suis fier d’avoir réussi et de faire de l’argent, il ne faut pas le cacher, au contraire. Les gens qui réussissent font travailler d’autre monde, ils créent la richesse. Le niveau de vie de tous est amélioré. »