Lancée en février 2021 par Julia Ménayas et Maeva Courtois, cette entreprise a mission est à la fois une néo-banque par son business model digital, et une éco-banque dont les financements sont uniquement orientés vers la transition écologique.


 

Marie-Caroline Selmer : Comment est né le projet Helios ?

Julia Ménayas : Avec Maeva Courtois, ma co-fondatrice, nous sommes toutes les deux issues de l’univers de la finance. Côté finance de marché pour Maeva, qui a notamment créé le pôle de finance durable au sein du fonds Exane Asset Management, et Fintech pour ma part, d’abord au sein de la BPI puis chez Alven Capital. Ces expériences nous ont permis de nous rendre compte de manière tangible que, quel que soit la nature des fonds des banques, aussi bien institutionnels que particuliers, ceux-ci servent encore en majorité à financer des entreprises liées aux énergies fossiles, comme le gaz, le pétrole et le charbon, dont on sait qu’elles sont responsables à 75% des émissions de carbone au niveau mondial. Nous avons donc voulu créer une alternative qui puisse apporter de la transparence dans les circuits bancaires et informer les clients quant à l’utilisation de leurs fonds.

 

Peut-on dire qu’Helios est à la fois une néo-banque et une éco-banque ?

Julia Ménayas : Tout à fait, Helios offre tous les services que peut proposer une banque digitale, mais va plus loin en ajoutant une dimension durable très prégnante. A l’instar du mouvement des néo-banques qui a permis de révolutionner le système bancaire, Helios souhaite mener la même dynamique mais sous l’angle de l’écologie.

 

Julia Ménayas et Maeva Courtois, les fondatrices d’Helios

 

Quels types de services proposez-vous ?

Julia Ménayas : Trois à ce jour. Le compte courant, notre produit phare, qui s’ouvre en moins de 10 minutes via notre application ou directement sur notre site, un compte pour les jeunes de 18 à 24 ans, et notre nouveauté, le compte-joint pour permettre aux couples d’organiser la gestion de leur budget. L’année prochaine, nous prévoyons de lancer des produits d’épargne mais aussi des crédits, dans l’optique d’avoir à terme tous les produits d’une banque de détail classique. La particularité de notre système est qu’il est participatif. Nos clients, par le biais de notre forum, proposent et votent pour les services qu’ils veulent voir mis en place. C’est comme cela que nous avons lancé le compte-joint et le service de conseiller dédié.

 

Digital native ou clients traditionnels, à quel type de personae vous adressez-vous ?

Julia Ménayas : Au départ, nous pensions que notre modèle trouverait un écho plus important auprès d’une cible jeune et axée sur le digital. Les chiffres nous montrent que notre clientèle, dont l’âge médian est de 36 ans, est davantage sensible à la dimension sociale et environnementale d’Helios qu’à ses services digitaux. Notre communauté est plutôt issue des banques traditionnelles, et composée à 70% d’hommes, preuve que là encore, il faut faire bouger les lignes et prouver que la matière bancaire n’est pas réservée qu’aux hommes. En 8 mois d’activité sur les marchés français et belge, nous avons réussi à toucher 5 500 personnes, ce qui représente 30 000 ouvertures de compte et un total de 19 millions d’euros qui ont transité par Helios.

 

Helios innove aussi côté produits, avec une carte VISA en bois de cerisier issu des forêts gérées durablement en Europe de l’Est

 

Avec Helios, vous promettez que « chaque euro investi est alloué exclusivement à des entreprises qui contribuent à la transition écologique ». Concrètement, comment faites-vous ?

Julia Ménayas : A l’inverse des banques traditionnelles, pas un euro ne vient financer les secteurs représentant un risque pour l’environnement, la biodiversité ou les Hommes tels que le charbon, le pétrole ou encore l’élevage intensif et les pesticides chimiques. Un engagement reconnu par le site Bank.green, qui a classé Helios dans le top 3 des banques durables, avec la NEF et le Crédit Coopératif. Par ailleurs, grâce à notre partenariat avec SolarisBank, Helios a la capacité de flécher les dépôts de ses clients vers des projets d’investissement à impact. Parmi eux, nous sommes particulièrement fières d’avoir soutenu un projet de création d’une centrale solaire Kwita Wije en Nouvelle Calédonie, dont la construction a débuté en janvier 2021, et qui permettra d’alimenter 1700 foyers chaque année en électricité de source renouvelable. Cette nouvelle centrale solaire, qui devrait être achevée à la fin de l’année, permettra d’éviter l’émission d’environ 3 200 tonnes de CO2 par an. Côté R&D, Helios soutient Hopium, le premier constructeur de véhicules 100% hydrogène Français, qui permet  de diminuer l’émission de gaz à effet de serre en France tout en réduisant l’utilisation des batteries qui sont gourmandes en matières premières (Nickel, lithium, Cobalt).

 

Quels sont vos objectifs pour les prochains mois ?

Julia Ménayas : L’ambition d’Helios est de devenir la première banque durable en Europe. En tant que nouvel acteur, nous avons une mission de sensibilisation du grand public sur le rôle des banques en matière d’écologie, et sur l’impact que peut avoir l’argent des particuliers. Nous ambitionnons de passer de 5 500 clients aujourd’hui à 25 000 en 2022 et 150 000 en 2023. Cela passe aussi par le lancement de nouveaux produits, comme un livret B d’épargne, avec les mêmes plafonds de garantie que ceux d’une banque classique (ndlr : 100 000€), ainsi que des produits d’investissements un peu plus risqués que l’épargne, mais qui permettent d’accompagner de façon plus soutenue la transition. Enfin, grâce à notre modèle digital, nous allons pouvoir exporter rapidement Helios à l’international, en Espagne, en Italie mais aussi au Royaume-Uni. Nous avons toutes les raisons de penser que 2022 sera l’année de l’expansion pour Helios.

 

<<< À lire également : Thanos Papadimitriou, consultant en relation presse et spécialisé dans le tourisme en Grèce >>>