Haïku Bike est un boîtier GPS qui permet aux cyclistes urbains de suivre leur route sans avoir à sortir leur smartphone. Adapté aux usages des deux-roues, le boîtier est né grâce à la mise en pratique du design thinking, et à l’utilisation de l’impression 3D, en mode FabLab. La start-up, incubée chez Paris & co, vient de remporter la Media Pitch Night et compte bien sur ce coup de projecteur pour relancer la production.

C’est un petit boîtier noir aimanté dont l’écran s’active par le geste. Rien de tactile, pour limiter les interactions. Haïku Bike est un GPS adapté aux deux-roues : l’outil se fixe au vélo ou au scooter, et permet, en se connectant directement à l’application du smartphone – qui lui reste dans la poche durant le trajet –  d’indiquer en temps réel la route à suivre. Navigation, tracking et réception des notifications sont pour l’instant les trois fonctionnalités de l’engin. 


Le produit est né de l’ingéniosité de ses concepteurs, Grégoire Lanaud, Frédéric Martin et Matthieu Gérard. Dans leurs locaux du Rolling Lab, l’incubateur de Paris & Co consacré à la mobilité surplombant les voies ferrées, Grégoire Lanaud revient sur la création, semée d’embuches, de l’Asphalt Lab et du produit Haïku.

Ecole de commerce, quelques années dans la finance comme consultant. « Et puis il y a eu la crise, l’arrivée des objets connectés. » Des parents cyclistes depuis plus de dix ans pour faire le trajet domicile-travail, lui-même cycliste quotidien, le néo entrepreneur sent qu’il est temps de faire entrer le vélo dans le XXIème siècle. Début 2015, il se lance avec l’idée de créer un antivol. Il part à la conquête de prestataires susceptibles de se lancer avec lui. Frédéric Martin, designer et cycliste lui est recommandé. « Nous avons fait du lean start-up », raconte Grégoire. Juste assez pour changer d’idée. « Nous ne voulions pas un objet qui ne s’utilise qu’une fois, au moment du vol », souligne-t-il, « mais un objet dont le cycliste se sert au quotidien ».

Commande par le geste

Dans le FabLab de Paris Descartes, ils rassemblent des cyclistes, commencent à bidouiller des idées grâce à l’imprimante 3D à disposition. « Quand nous avons trouvé le truc de la commande par le geste, cela a immédiatement parlé aux cyclistes. »  

L’objet est complexe. Le boîtier est exposé au soleil, à la pluie, aux soubresauts de la route, et doit impérativement être mis à jour en temps réel. C’est ici qu’intervient Matthieu Gérard, qui s’occupe des composants et du software embarqué.

« L’outil est à la fois mécanique et électronique », précise Grégoire Lanaud comme pour excuser les deux ans de recherche et développement. En 2015, prototypes 3D créés et campagne de financement participatif en route, les trois entrepreneurs découvrent les difficultés du passage à l’industrialisation d’un produit aussi complexe. « Quand l’industriel a commencé à travailler, nous nous sommes rendus compte qu’il y avait un millimètre en moins sur les attaches qui risquaient de provoquer des problèmes de fragilité de l’objet », indique le CEO.

Mise à jour

Chez l’industriel nantais qui se charge de faire la mécanique et l’électronique à partir de produits moulés en Chine et assemblés en Tunisie, la machine est plus lente que dans une start-up. Les ajustements prennent plus de temps que prévu et la livraison de l’Haïku ne se fait qu’en août 2017 et la mise sur le marché, essentiellement sur leur site, en novembre. Au total, 1 100 produits ont été vendus.     

« Nous avons livré une belle première version, les retours sont bons et nous allons nous améliorer », ajoute Grégoire Lanaud dont le produit a été lancé grâce à un apport personnel des trois fondateurs et un prêt d’honneur. « La différence avec un compteur est la mise à jour possible. » Après avoir été très concentrés sur le produit, l’entreprise veut avancer sur le software. « Pour l’instant, nous ne permettons d’aller que d’un point A à un point B, nous pensons développer un mode way point pour le tourisme pour programmer à l’avance un trajet à étape. »

L’année 2018 sera une nouvelle étape pour le parcours de Haïku Bike qui veut proposer une deuxième version, améliorer le software et structurer le réseau de distribution.