Rompu aux thématiques relatives à la blockchain et autres cryptomonnaies, le tandem composé de Vidal Chriqui, diplômé de l’Ecole des mines de Paris, et d’Hervé Hababou, entrepreneur et ingénieur informatique, a décidé de s’attaquer au monopole des plateformes de réservation en ligne. Première étape de cette « bataille » baptisée « BTU Protocol », du nom du premier protocole de réservation décentralisé open source : l’émission, dès ce mardi matin, de 50 millions de tokens afin de construire une véritable « communauté ». Et œuvrer ainsi à un rééquilibrage plus vertueux du marché grâce à la blockchain. Explications.

Booking, Expedia, Lastminute.com… diverses plateformes de réservation en ligne particulièrement usitées par les Français, désireux de réserver leurs vacances ou simplement de changer d’air le temps d’un week-end.  Pourtant, derrière ce service « rapide et efficace » se cache une réalité un peu plus nuancée. En l’occurrence, un vaste monopole de la part desdites plateformes qui imposent leur diktat aux hôteliers. « A chaque fois que j’ai eu recours à Booking, par exemple, pour réserver un hôtel à ma famille qui venait me rendre visite, le responsable de l’établissement me recommandait vivement de ne pas recourir à leurs services », développe Vidal Chriqui, l’un des deux maîtres d’œuvre de BTU Protocol.  En effet, selon le rapport de la Commission européenne qui a planché sur le sujet, une (très) grande majorité des hôteliers est liée -doux euphémisme – à ces  plateformes d’envergure internationale. Plateformes auxquelles ces professionnels du tourisme sont contraints de verser des commissions toujours plus élevées.  « Quelle que soit la plateforme sur laquelle on se trouve, on est tributaire du même acteur », appuie Vidal Chriqui. « Notre ambition est de mettre un terme à cette situation et créer les conditions d’un marché plus vertueux », appuie le cofondateur de BTU Protocol,  Hervé Hababou.

Et de dérouler le « plan de bataille » : « Booking est une plateforme qui recense à la fois les disponibilités des hôtels et qui gère également les utilisateurs.  Notre objectif est de scinder ces deux ‘volets’ grâce à la blockchain qui va permettre ainsi de stocker les disponibilités des hôtels de manière moins opaque », appuie le président de BTU Protocol. Ainsi, « l’inventaire » pour ainsi dire les données, deviennent gratuites et accessibles au plus grand nombre. Ce qui signifie que tout un chacun dispose de toute latitude pour devenir, en quelque sorte, sa propre plateforme de réservation. Du simple blogueur « touche-à-tout » au développeur plus accompli. « Nous proposons, pour ce faire, un kit de disruption qui fait office de ‘pelle et de pioche’ qui va permettre à chacun de venir consommer cet inventaire. Il y en aura pour tous les niveaux. Si vous êtes développeur et que vous voulez procéder à une intégration plus avancée, vous serez évidemment en mesure de le faire »,  précise Vidal Chriqui. Ce modus operandi de « démocratisation grandeur nature » permettra  ainsi de rebattre les cartes et briser le monopole des grands intermédiaires susnommés. Et surtout de permettre une rémunération plus équitable des fournisseurs de services, comme l’hôtelier évoqué en préambule.

« En tant qu’expert blockchain, cela sonnait comme une évidence »

C’est d’ailleurs la remarque avisée de cet hôtelier qui a permis à Vidal Chriqui de peaufiner et de ciseler cette idée novatrice et résolument ambitieuse.  « En tant qu’expert blockchain cela a rapidement fait tilt dans ma tête », se rappelle celui pour qui l’avènement du Bitcoin a fait office de révélation au point de travailler, dès 2012, sur la question, avant de se confronter, plus tard à l’Ethereum, dauphin en chef de la « star » des cryptomonnaies. C’est d’ailleurs sur le réseau Ethereum que sera lancé le BTU Protocol, sous l’appellation ERC-808. « Nous avons beaucoup travaillé avec la communauté Ethereum pour mettre en place ce protocole », raconte Hervé Hababou.  Au-delà de ces considérations techniques, la naissance d’une communauté demeure le point saillant de la réussite des opérations. Pour ce faire, BTU Protocol a besoin de « carburant » : ce sera, vous l’aurez compris sans grande surprise, aux regards des expertises respectives de Vidal Chriqui et d’Hervé Hababou, le « token ». Cet actif numérique peut être transféré entre deux parties sur internet sans pour autant nécessiter l’accord d’un tiers. Il est plus communément connu pour être le rouage essentiel des « ICO », ces fameuses levées de fonds en cryptomonnaies qui ont fait florès en France ces derniers mois. « Le token est le gaz et le pétrole de demain. C’est un véritable actif industriel. L’entrée en scène du token est comparable à ce que nous avons vécu il y a 20 ans avec l’arrivée d’internet », explique Hervé Hababou.

Ainsi, dès ce mardi matin, 50 millions de tokens seront émis – jusqu’à la fin du mois de juin – avec pour objectif principaux de lever 20 millions d’euros « et ainsi financer une partie de notre hypercroissance et fédérer cette fameuse communauté autour de notre vision », précise Vidal Chriqui, mais également de fédérer une communauté capable de diffuser la vision de BTU Protocol. Autant de « forces vives » nécessaires pour s’attaquer aux mastodontes des plateformes de réservation en ligne. Une prévente publique qui fait office de « deuxième étage de la fusée BTU Protocol » car elle succède à une vente privée ayant rassemblé, avec un certain succès, plusieurs family offices et autres fonds d’investissement au premier rang desquels Alphanode Capital ou encore Nemapp. « D’ailleurs certains de ces premiers acheteurs institutionnels sont des sociétés qui comptent utiliser le protocole », souligne Vidal Chriqui. Un protocole qui, non content de bouleverser les « codes » trop longtemps sclérosés  des plateformes de réservation hôtelière, est également « transposable » à l’automobile, au commerce ou à la santé. « Le processus est le même si vous désirez prendre rendez-vous chez le médecin ou réserver une table au restaurant »,  affirme Hervé Hababou. La communauté BTU Protocol n’attend plus que vous.