Fondée en 2016, la start-up Flatlooker dématérialise l’ensemble  du processus de recherche d’appartement. Le locataire ne découvre son nouveau lieu de vie que le jour de l’emménagement. Un modèle qui a séduit lors du confinement. Mais pas seulement.  

C’est un appartement de 61 m2 au 7e étage – avec ascenseur – que nous fait visiter l’agence immobilière Flatlooker. Le lieu est très lumineux avec son mur ouvert qui sépare le corridor d’entrée et le salon. De nombreux rangements viennent équiper le logement non meublé. Une porte-fenêtre ouvre sur un balcon qui donne sur une vue arborée. La visite est séduisante. Et elle s’est faite depuis notre propre ordinateur. 


Flatlooker est une agence immobilière d’un genre nouveau : toutes les démarches – visite, dépôt du dossier, signature du bail – se font en ligne. Le potentiel locataire a tout de même un droit de rétraction au dernier moment si le bien ne lui plaît finalement pas. “Mais le taux de rétraction est jusqu’ici nul”, assure Nicolas Goyet, co-fondateur de la start-up. 

Les annonces du site de Flatlooker ressemblent à n’importe quelle autre annonce que l’on peut retrouver sur Internet : les futurs locataires ont accès aux offres directement sur le site. Ils peuvent entrer le lieu d’habitation souhaité, le nombre de m2 minimum et le budget maximum. Sur chaque annonce, le locataire peut retrouver une description hyper détaillée du bien.

Plus rapide, plus économique 

Il a également accès à un contenu multimédia inédit : une visite 360°, des photos, des vidéos 4k de l’intérieur de l’appartement et des parties communes et le plan de l’appartement. Il dispose également de toutes les informations concernant le bien, notamment la liste complète des équipements. Petit plus : le détail complet des charges par poste et la totalité des mesures relatives au logement (intensité sonore fenêtres ouvertes, et fenêtres fermées, orientation principale, nature du vis-à-vis, distance du vis-à-vis, hauteur sous plafond, taux d’humidité, etc.)

Alors qu’on pourrait être assez dubitatif sur le fait que des particuliers acceptent de se baser uniquement sur des images à distance pour louer un bien, Nicolas Goyet assure que “la visite 360° et la vidéo dynamique permettent de bien se rendre compte de l’espace.”

Cette digitalisation complète du processus de recherche accélère grandement l’obtention d’une location. “Nos utilisateurs trouvent un appartement en une dizaine de jours. J’ai même un client qui s’est installé dans son nouveau logement 48h après s’être inscrit sur la plate-forme”, raconte Nicolas Goyet. La plate-forme en ligne permet également de faciliter les communications. Sur leur compte personnel, le ou les locataires peuvent signaler un incident – fuite, casse -, et aussi préparer en amont leur départ. 

Côté propriétaire, Flatlooker joue là aussi la complète transparence sur ces tarifs : le site prend 75% de commission sur un mois de loyer pour la mise en location, puis 3,9% sur le loyer mensuel pour la gestion locative, et 2,5% supplémentaires pour l’assurance des loyers impayés. Une offre qui se présente comme plus économique : pour un loyer mensuel de 1000€, Flatlooker revendique une économie de 660€ par an pour un propriétaire, par rapport à une agence de quartier. En outre, après une sélection de deux à trois dossiers, la start-up laisse le choix final du futur locataire au propriétaire. Flatlooker garantit en prime un versement en début de mois du loyer dû au propriétaire, alors qu’il est plutôt de coutume que ce versement se fasse en fin de mois dans une agence classique. 

Des ailes des avions à l’immobilier 

Polytechnicien, Nicolas Goyet, 30 ans, a commencé sa carrière en tant qu’ingénieur aéronautique – il travaillait sur l’optimisation de l’écoulement de l’air autour des ailes des avions -, puis a été consultant en stratégie d’entreprise. L’idée part d’un constat simple : “Quand on est étudiant et qu’on est amené à changer de campus, ou à partir à Paris pour trouver un stage, ou encore quand on est un employé qui change souvent de lieu de travail, c’est très compliqué de faire les démarches à distance. Digitaliser tout le processus a été une solution pour faciliter la vie de ces gens”, explique Nicolas Goyet. 

L’offre de Flatlooker ne séduit pas que les nomades. En temps normal, la recherche d’appartement, notamment dans les zones en tension – Paris pour ne nommer qu’elle – est souvent synonyme de galère : il faut multiplier les visites – sept en moyenne pour obtenir un logement à Paris -, se coltiner les fameuses visites groupées où 30 personnes font la queue pour évaluer un appartement vétuste, toujours avoir avec soi une copie de son dossier imprimé etc. Dans cette perspective, la recherche à distance à des arguments à faire valoir. Notamment durant le confinement. Alors que tout le secteur de l’immobilier était à l’arrêt avec l’impossibilité de faire des visites, Flatlooker a tenu : “Même si notre activité a diminué, nous avons tout de même réussi à louer 50 appartements entre avril et mai, note Nicolas Goyet.” Après le déconfinement, l’activité de Flatlooker est repartie de plus belle, bien aidée par la possibilité de s’éviter nombre de déplacements dans les transports en commun et les visites groupées façon “cluster”.

Sans surprise, le cœur des utilisateurs de Flatlooker sont des urbains CSP+, qui vont s’installer dans leur premier ou second appartement. “Même si on propose des biens spacieux non meublés, la majorité de nos locations sont des studios ou des deux pièces meublés”, relève Nicolas Goyet. Si les annonces du site sont majoritairement situées en Ile-de-France, Flatlooker est présent dans les 30 plus grandes villes de France. 

En octobre 2018, la start-up a levé 1,5 millions d’euros auprès des fonds d’investissements Partech et de la Banque publique d’investissement via le fonds Ambition Amorçage Angels (F3A). Des business angels de renom se sont joints à ce tour de financement : Xavier Niel via le fonds d’investissement Kima, ainsi que Jean-Fabrice Mathieu, l’ex CEO de seloger.com. Flatlooker vise désormais l’équilibre d’ici la fin de l’année. “Mais ce n’est pas une fin en soi”, estime Nicolas Goyet.