Face à ce confinement inédit lié au coronavirus, les commerces se retroussent les manches pour répondre à la demande de produits frais à livrer, avec l’aide de plateformes comme Epicery. Cette start-up de de livraison des commerçants et artisans alimentaires de  quartier -au même prix que sur leurs étals- connait un pic de la demande. Son fondateur Edouard Morhange nous explique comment il a dû s’adapter à l’urgence. Rencontre.

 


Désirée de Lamarzelle : Quel est l’impact du coronavirus sur votre économie, en tant que plateforme de livraison de produits frais ?

Edouard Morhange : Depuis le début de la crise sanitaire nous avons assisté à une forte augmentation de la demande, provenant aussi bien des familles confinées qui ont besoin de compléter avec des produits frais les stocks de produits secs achetés en supermarché, mais également des commerçants qui font face à une baisse du trafic en boutique et dont la situation financière ne permet pas qu’ils tirent le rideau pendant plusieurs semaines sinon ils risquent de disparaitre. Grâce à la mise en place de nouveaux « process » nous avons pu absorber une croissance du nombre de commandes de 1000 % : notre volume de commande livrées chaque jour a été multiplié par 10.

De quel « process » s’agit-il exactement pour répondre à la demande ?

Pour répondre à la demande il faut augmenter le nombre de commerçants. Pour cela nous avons mis en place une plateforme permettant à ces derniers de rejoindre epicery de façon accélérée, et ceci à la demande du Ministère de l’Économie et de la région Île-de-France qui nous ont sollicité. Cela consiste à permettre aux bouchers, primeurs, fromagers, traiteurs, etc…, de se référencer plus facilement chez nous : ils soumettent leur candidature et sont rapidement « onboardés » (délai de 24 à 48h). cette plateforme dédiée  “Commerçants-epicery” est ouverte à tous partout en France et l’abonnement (129 euros)  est offert durant la période de confinement. L’offre sans engagement devrait permettre d’inscrire plusieurs centaines de commerçants par jour.

Comment livrer en protégeant tous les protagonistes, commerçants, livreurs, clients… ?

La livraison étant assurée soit par nos partenaires « livreurs » dans les villes de plus de 100k habitants, soit par le commerçant lui-même dans les petites communes. Nous avons mis en place l’ensemble des dispositifs conseillés par le Ministère de la Santé : pour les modalités de la livraison en magasin, le personnel est testé, équipé de gants et de masque, et la livraison au particulier se fait sans contact : le panier est posé sur le paillasson où le livreur à distance appelle le client pour vérifier qu’il récupère bien ses produits.

Comment adaptez-vous votre management et globalement votre manière de travailler en cette période de de crise ?

Nous travaillons évidemment depuis nos domiciles respectifs avec des réunions d’équipe quotidienne : 3 fois par jour en vidéo et une communication au fil de la journée,  via la plateforme Slack (travail collaboratif). Notre équipe est formidable car hyper mobilisée mais nos partenaires du quotidien le sont également, notamment les sociétés de livraison et les commerçants. Personne ne ménage ses efforts pour arriver à livrer le plus de français possibles.

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