La start-up française CybelAngel vient de lever 3 millions d’euros pour étendre sa R&D et se développer à l’international. Grâce à la technologie qu’elle a mise au point, elle promet la cybersécurité à ses nombreux clients.

Des entreprises pas assez protégées

Le web recèle bien plus d’informations que l’on ne peut imaginer. Lorsque de nouveaux clients viennent rencontrer Arwan Keraudy, cofondateur et PDG de CybelAngel, ils sont souvent bien loin de se douter des fuites de données dont sont victimes leurs entreprises. L’entrepreneur de 40 ans le sait, il a déjà été témoin bien des fois de la sidération de ces sociétés, dont la moitié font partie du CAC 40, bien loin d’imaginer à quel point elles peuvent être vulnérables.

Il ne lui faut que quelques minutes pour sortir les secrets, soi-disant bien gardés, de ces grandes boîtes françaises et internationales, persuadées d’être suffisamment protégées pour ne pas s’inquiéter de leur cybersécurité.

Pourtant, pour Erwan Keraudy, « 90 % des informations confidentielles auxquelles nous avons accès sont le fruit de la négligence des dirigeants, des employés ou des partenaires industriels et commerciaux de l’entreprise. Les 10 % restants sont des données piratées », de quoi faire frémir les entreprises ! CybelAngel ne fait que récupérer en ligne des informations et données en libre accès, que n’importe qui peut donc consulter.

Bien que les dernières cyberattaques aient fait grand bruit, les entreprises ne sont pas encore bien conscientes des risques qu’elles prennent à négliger leur protection. Et de prendre à titre d’exemple une habitude de nombreuses sociétés : « Stocker des fichiers sur des clés USB ou sur des disques durs externes mal protégés, télécharger des fichiers professionnels sur son cloud personnel ou utiliser des fichiers partagés sont des pratiques courantes, à tous les niveaux d’une entreprise ». Précisant au passage que « le nombre de mots de passe, carte bancaire et documents confidentiels qui circulent sans protection sur le Net est effarant ».

Une technologie innovante

L’idée de CybelAngel, mettre au point une technologie capable de scruter de façon automatique et permanente ce que l’on appelle le deep web et le dark web, où l’on trouve tout un tas d’informations pas référencées sur les moteurs de recherche, et pourtant bien présentes en libre accès.

CybelAngel est capable de faire le tri parmi les 1 milliard de documents sensibles détectés chaque jour, grâce à des algorithmes que les équipes de la start-up ont développés. La jeune pousse ne s’arrête pas là, puisqu’elle est également capable de scanner les forums de discussion et les réseaux cachés où sévissent les hackers, de façon à transmettre aux clients les résultats des risques qui pèsent sur eux.

Une société intéressée par le service proposé par CybelAngel devra patienter 15 jours pour obtenir son « empreinte » totale du web. C’est le temps qu’il faut pour analyser 4,3 milliards d’adresses IP. En cas de menace, l’entreprise reçoit « entre 5 et 35 alertes » par mois. Parmi les clients déjà séduits, Sanofi, Louis Vuitton ou encore Deutsche Bank et L’Oréal.

Pour s’offrir les services de CybelAngel, il faut compter entre quelques dizaines et quelques centaines de milliers d’euros par an, en fonction de la charge de données à analyser. Un tarif que ne rechigne à payer personne, surtout quand on sait qu’en moyenne, une entreprise perd 5 % de sa valeur boursière et 7 % de ses clients après l’annonce d’une fuite (source Etude du Ponemon Institute de mai 2017).

16 développeurs travaillent déjà pour la start-up, ainsi qu’une dizaine d’analystes de données.

Objectif de CybelAngel, ouvrir une filiale à New York, qui compte de nombreux grands groupes.