Depuis quelques mois, la fabrique de la ville est entrée dans une nouvelle ère, à marche forcée. La crise sanitaire bouleverse notre environnement urbain, nos habitudes de travail et parfois même nos projets de vie ; elle interroge la densité, l’usage des bureaux, la conception des logements, les mobilités, notre rapport à la nature… Des défis qui ne peuvent attendre demain et mettent nos villes (et leurs acteurs) à l’épreuve de la résilience.

Nous sillonnons régulièrement la planète, et force est de constater que partout, notamment en France, une nouvelle génération d’acteurs de la ville émerge et s’engage fermement, fièrement même, pour un cadre de vie plus durable, plus vivable et plus humaine. Cette nouvelle génération est en état d’alerte sur ces problématiques depuis son plus jeune âge. Citons pêle-mêle la CEO de Green Soluce (32 ans), expert de la transition environnementale et digitale des acteurs immobiliers, le directeur général de Bellevilles (36 ans), foncière qui redonne vie à des quartiers délaissés, la fondatrice de Too Good to go (28 ans), appli qui connecte enseignes et consommateurs pour mettre fin au gaspillage alimentaire, et aussi tous ces talents qui transforment de l’intérieur les grands groupes.


L’immobilier hors de sa zone de confort

L’arrivée de cette nouvelle génération accélère une profonde transformation de l’industrie immobilière. Les acteurs du secteur ont pris pleinement conscience de leur responsabilité pour réconcilier nos écosystèmes urbains avec les impératifs environnementaux les aspirations de leurs habitants.

C’est ainsi que des projets d’aménagement ambitieux sont nés d’initiatives privées, à l’instar de la démarche pour « réenchanter les Champs-Élysées ». Entreprises et architectes se mobilisent pour métamorphoser cette autoroute urbaine en grand parc urbain, celui qui manque tant au centre de Paris. On pense également à ces dirigeants de l’immobilier qui proposent qu’une part significative de chaque nouveau projet de bureaux ou commerces soient louée à prix coûtant aux acteurs de l’économie solidaire et de la transition écologique. Il y a quelques années seulement, un engagement si fort signé par les majors du secteur aurait été purement et simplement inimaginable.

Les acteurs privés, poussés notamment par la jeune génération, ont envie de sortir de leur zone de confort et de s’engager pour la cité. Vitrine et lieu de rassemblement de l’industrie immobilière depuis 30 ans, le Mipim a pris la mesure de ce changement d’époque et organise une édition 2020 plus « politique », avec la présence de personnalités publiques de premier plan (dont Nicolas Sarkozy, Anne Hidalgo, Valérie Pécresse, ou encore les nouveaux maires « verts » comme Grégory Doucet à Lyon…). Dans ce contexte exceptionnel, où tout est à réinventer, les enjeux urbains sont à même de transcender les clivages et de faire de la ville un laboratoire vivant du monde d’après.

Par Filippo Rean, directeur général « immobilier » du Reed Midem, organisateur du MIPIM Forum de la ville et Pascal Lorot, président de l’Institut Choiseul, à l’initiative du classement Choiseul Ville de demain.

 

<<< A lire également : OuiShare Fest Paris : Construire Ensemble La Ville De Demain>>>