Avec pour accroche « Villes de tous les pays, unissez-vous ! », cette 5ème édition du OuiShare Fest Paris place les métropoles au cœur des préoccupations. Autour d’ateliers et de conférences, le festival propose de penser et de réinventer la ville comme terrain en mutation, moteur de l’économie collaborative, de la démocratie, et de notre rapport à l’espace et au temps. Ouishare Fest, qui est ouvert aux professionnels la journée et au grand public le soir, se tiendra du 5 au 7 juillet aux Magasins généraux, à Pantin.

En France, la population urbaine « plafonne » depuis 2007, selon le Centre d’observation de la société. L’Insee comptabilise 48,8 millions de personnes résidentes en zone urbaine (chiffres de 2012), soit 2/3 de la population française. Mais dans le monde, le plafond ne semble pas avoir de limite. En effet, plus de la moitié de la population mondiale vit actuellement en ville. Un pourcentage qui pourrait grimper à 70 ou 75% en 2050. Rien d’étonnant à ce que OuiShare Fest Paris, pour sa 5ème édition, concentre ses réflexions sur les métropoles et les zones urbaines. Le festival cherchera comme chaque année à interroger une thématique, en sortir les grands enjeux, surtout, à proposer des solutions à mettre en pratique et tester immédiatement.

« Nous sommes convaincus que les innovations viendront de plus en plus du terrain », indique Samuel Roumeau, directeur de la programmation de OuiShare Fest Paris. Avec comme dénominateur commun, le territoire, et ce territoire particulier que sont les grandes métropoles, « nouvelles forces du siècle ». OuiShare propose cette année une approche dynamique. Premier jour, mercredi 5 juillet, l’approche se fait par l’individu. « Reprendre le pouvoir par l’individu » : quelles sont les nouvelles formes de travail, les nouveaux services, comment le citadin peut vivre dans cet environnement. Jour 2, jeudi 6 juillet, « repenser la ville en tant qu’écosystème » : avec le déclin des Etats Nations, les villes peuvent émerger comme contre-pouvoir. Dernier jour, le vendredi 7 juillet, « construire des réseaux de villes globaux » ou comment permettre aux villes de s’organiser face aux grands enjeux de notre époque, de l’accueil des migrants aux changements climatiques.

La journée, un public de professionnels est attendu avec des directeurs de l’innovation dans les grandes entreprises, les mairies, les cabinets de conseil, d’urbanisme, et des indépendants. 200 speaker du monde entier animeront tables rondes et ateliers. Des master class sont proposés pour permettre à chacun de découvrir de nouvelles approches et s’en inspirer. Le programme propose des thèmes généraux, « gender in the city » et des exemples concrets, tels que « la stratégie numérique de Barcelone ». « Un directeur de l’innovation pourra repartir avec des outils pour mettre en place une organisation sans chef ou savoir comment libérer l’intelligence collective », précise Samuel Roumeau de OuiShare. Le soir, à partir de 18h30, le festival s’ouvre au territoire en accueillant le grand public. Un public probablement attiré par les thématiques de la ville et de l’économie collaborative.

De la découverte à l’action concrète

Selon le directeur de la programmation, cet événement « place un sujet sur la scène et provoque un engouement. » Depuis sa création, OuiShare Fest a évolué : « les deux premières années, nous nous sommes concentrés sur l’enthousiasme que suscitait l’économie collaborative. Les deux années suivantes, nous avons apporté des critiques avec l’émergence de plate-formes comme Uber ou AirBnb, cette année, nous pouvons passer d’une approche conceptuelle à une approche plus ancrée. »

OuiShare, avant d’être festival est une communauté d’entrepreneurs et d’indépendants. Fondé en 2012 à Paris par quatre français rencontrés sur les réseaux, le collectif et son événement ont rapidement acquis une légitimité. Ils étaient parmi les premiers à réfléchir et à agir sur les thèmes de l’économie collaborative. Chez OuiShare, tout se fait sans hiérarchie. « C’est celui qui dit qui fait », indique Hélène Vuaroqueaux, de la communication de OuiShare, « ce qui permet à chacun de gagner en autonomie ». À l’international, 80 personnes, et à Paris 20 supplémentaires, participent à ce travail collaboratif. « Nous faisons des études opérationnelles », précise Samuel Roumeau. Lors de la Cop 21, par exemple, le collectif OuiShare a proposé un « poc 21 », pour « proof of concept ». Il s’agissait de construire un village autosuffisant. Des douches qui fonctionnent en cercle fermé, des cuisines qui utilisent le moins d’électricité possible… « Nous nous battons contre l’idée selon laquelle la technologie est neutre. Elle repose toujours sur une idéologie, et selon nous, elle doit être au service d’un impact social », conclu-t-il.