Le monde du football est en pleine forme. Les vingt clubs de football les plus riches au monde valent en moyenne 1,69 milliards de dollars, ce qui représente une augmentation de 14 % par rapport à l’an passé et de 74 % depuis 2013. Ces vingt clubs ont empoché une moyenne de 428 millions de dollars durant la saison 2016-2017, soit 40 % de plus que cinq ans auparavant.

Il s’agit de notre quinzième liste des clubs de football les plus riches au monde, et pour la deuxième année consécutive, Manchester United figure en tête, avec 4,12 milliards de dollars, contre 3,69 milliards de dollars l’an dernier. Le club anglais est celui qui a généré le plus de revenus durant la saison 2016-2017 et plus de 50 % de bénéfices opérationnels de plus (254 millions de dollars) que les autres clubs.


Mais juste derrière le club de football anglais, on retrouve les deux géants espagnols, le Real Madrid (4,09 milliards de dollars) et Barça (4,06 milliards de dollars). L’un d’eux pourrait bientôt supplanter les Red Devils, grâce à une incroyable saison en Champions League pour le premier, et à l’aide des revenus considérables que devraient rapporter le Camp Nou lorsque sa rénovation sera achevée dans quatre ans, pour le second. 

Mais d’où proviennent les revenus dans les clubs de football ? Les revenus opérationnels sont en moyenne de 84 millions de dollars, ce qui constitue un record. Le fair-play financier de l’UEFA a aidé à transformer l’état des finances des clubs de football européens. Durant la saison 2016-2017, seules deux équipes, l’AS Roma (64 millions de dollars) et l’AC Milan (10 millions de dollars), ont présenté des pertes opérationnelles. Au cours de la saison 2003-2004, sept des vingt équipes les plus riches actuellement avaient subi des pertes opérationnelles pour un total de 244 millions de dollars. Résultats : quatre des dix clubs de sport les plus rentables au monde sont des clubs de football.

La croissance des revenus et de la rentabilité a atteint des sommets. Cependant, seuls le Manchester United, le Real Madrid et Barcelone sont classés parmi les dix clubs de football les plus riches au monde. Mais cela pourrait changer, à condition que les clubs allemands autorisent tous les investissements étrangers, qui, dans une certaine mesure, pourraient donner davantage de valeur aux clubs de Bundesliga, comme c’est le cas depuis deux ans pour la Premier League en Angleterre.

Le football est le sport d’équipe le plus populaire au monde, et ses athlètes sont de vrais panneaux publicitaires sur pattes, sans cesse observés par des supporters fanatiques, tout autour du monde. Les clubs de football les plus riches sont ceux figurant dans les ligues engrangeant les droits de diffusion les plus importants et pour lesquels les entreprises sont prêtes à tout pour faire figurer leur marque sur les maillots et dans les stades. Les revenus commerciaux, ainsi que ceux inhérents aux droits de diffusion, représentent une part croissante des recettes des clubs.

Les cinq ligues les plus importantes d’Europe bénéficient de contrats de droits de diffusion générant un total annuel de 8,2 milliards de dollars. Les clubs de football anglais dominent notre top 20, avec huit représentants, car la Premier League jouit des contrats les plus conséquents. Mais ces derniers peuvent encore nous surprendre et toutes les ligues nationales ne cessent de s’enrichir. Par exemple, en France, la Ligue 1 a récemment négocié des droits de diffusion bien plus importants que les précédents. Et Amazon, a fait taire tous ceux qui pensaient que la meilleure division d’Angleterre pourrait bénéficier de droits de diffusions moins importants pour la saison à venir, en achetant ses droits pour le streaming. Il est évident que les clubs s’enrichissent encore, c’est juste la provenance des recettes qui change.

La valeur des maillots et des stades augmente également. En septembre dernier, le Real Madrid a renouvelé son contrat avec le sponsor floqué sur son maillot, la compagnie aérienne dubaïote Emirates, pour un montant record de 82 millions de dollars par an, et ce, jusqu’à la saison 2020-2021. Les dix contrats les plus juteux pour les maillots et les noms de stades représentent un total annuel de 1,35 milliards de dollars. Certaines équipes font même apparaître un troisième sponsor sur leurs maillots, car les manches réservent encore un peu de place pour quelques dollars supplémentaires. Arsenal et Chelsea ont récemment signé des contrats qui rapporteront respectivement 13 millions et 10 millions de dollars.

Le haut du classement participe à la Champions League, le championnat annuel le plus lucratif au monde. Les sommes d’argent que les clubs de football empochent lorsqu’ils avancent dans le tournois sont sans égales dans l’univers du sport. Une participation constante peut apporter des dizaines de millions de dollars à un club. Une fois de plus, comme c’est le cas pour les recettes du sponsoring et des droits de diffusion, les revenus de la Champions League ne cessent d’augmenter.

Le Real Madrid domine actuellement la Champions League, car il l’a remporté trois années de suite. La victoire 3-1 cette année contre Liverpool était son troisième triomphe consécutif dans cette compétition. Il s’agit donc de la première équipe à avoir réitéré cet exploit.

Et maintenant, un peu de comptabilité. Tous les revenus et les bénéfices opérationnels figurent dans notre tableau pour la saison 2016-2017. Ils ont été convertis en dollars avec le taux de change moyen sur cette même période. Les fortunes des clubs de football sont calculées de la même manière que pour les entreprises et reposent sur les taux de change du 18 mai 2018.

Les revenus opérationnels représentent les recettes avant intérêts, taxes, dépréciation et amortissement, et ils ont été calculés avant le mercato. Les dettes comprennent les emprunts à long terme, et la dette du stade en lien avec le club. Nous avons tout d’abord recueilli nos données dans les rapports financiers des clubs, dans le rapport de Money League de Deloitte et sur Swiss Ramble.

Il ne faut pas oublier que le dollar a perdu de la valeur par rapport à l’euro au cours de l’année. Par conséquent, la richesse en dollars des clubs a augmenté de 14 % contre 5 % en euros. Sur les cinq dernières années, l’évolution de la richesse des vingt clubs figurant dans les classement est de 74 % en dollars et 88 % en euros.