Naguère dévolues aux initiés rompus aux arcanes de la blockhain et autres minages, les plateformes de trading de cryptomonnaies «  grand public » ont désormais pignon sur rue sur internet. Les néophytes, emportés par la déferlante Bitcoin, se mettent aux aussi à succomber à la mode des monnaies virtuelles, au point de se constituer aussi un portefeuille. Mais cela n’est pas sans risque. Forbes France vous propose son « Top 3 » des plateformes les plus faciles d’accès.

« C’est vraiment sûr, c’est vraiment cool et si ça vous intéresse vraiment vous pouvez y aller les yeux fermés ». Une énième publicité envahissante qui obstrue la lecture d’un article sur Internet ? Un pop-up agressif ? Pas tout fait… plutôt un « conseil avisé » de la vedette de la téléréalité, Nabilla Benattia, enjoignant ainsi ses millions de fans sur les réseaux sociaux (près de 2,7 millions rien que sur Twitter) à investir dans la « nébuleuse » Bitcoin. Au regard de la sphère d’influence et de la force de frappe sur internet de l’ancienne vedette des Anges de la téléréalité, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF) – et ses 5 870 abonnés – s’est fendue d’un tweet à l’encontre de la jeune femme, rappelant les dangers d’un tel investissement à l’aveuglette. « Le Bitcoin c’est très risqué ! On peut perdre toute sa mise. Pas de placement miracle. Restez à l’écart ». Un propos liminaire révélateur de la « hype Bitcoin » qui touche désormais toutes les catégories de la population, même ceux qui n’ont jamais procédé au moindre investissement de leur vie.


Suivant d’un regard pas toujours acéré les fluctuations des cryptomonnaies, retenant essentiellement leurs montées respectives spectaculaires, et espérant rapidement faire fortune en un temps record, le grand public a eu les yeux de Chimène pour ces nouveaux hérauts, symboles de l’argent (trop) facile. Bitcoin, Ethereum, Litecoin ou encore Ripple sont ainsi mentionnés quotidiennement comme autant de placements miracles. Mais la réalité s’avère davantage complexe, chaque médaille disposant de son revers. Cette « ruée vers l’or » et cet exode massif d’un public pas vraiment averti ont aiguisé l’appétit des hackers. « La récompense est maintenant plus grande, les pirates vont, par conséquent, multiplier les attaques et autres raids », confirme Alexey Malanov, expert antimalware chez Kaspersky Lab. Pour éviter de perdre votre mise, comme bon nombre d’utilisateurs de la plateforme  japonaise Coincheck ont perdu près de 430 millions d’euros d’avoirs en NEMs (une autre monnaie numérique), Forbes vous propose un Top 3 des plateformes où échanger des cryptomonnaies en toute sécurité.

 

Bitit, la petite française qui monte (et la seule en France à proposer du Ripple)
Mise sur orbite en fin d’année dernière dans sa nouvelle version, Bitit propose d’acheter du Bitcoin… et depuis peu du Litecoin et du Ripple. « Si le Bitcoin est la monnaie d’internet, tout reste à faire en matière d’accessibilité. Si un utilisateur lambda veut acheter du Bitcoin, il n’a d’autre alternative que de se rendre sur ces plateformes dévolues aux initiés. », affirme Nicolas Katan, l’un des trois maîtres d’œuvre de Bitit et qui a commencé, selon le vocable consacré, à « miner » du Bitcoin en 2014 dans sa chambre d’étudiant. Bitit propose ainsi de faire l’acquisition, très facilement, de « sommes raisonnables ». Jusqu’à 150 euros, le modus operandi est le suivant : création d’un compte et d’un simple profil utilisateur. Si le futur acquéreur veut s’offrir davantage, il doit justifier son identité, selon un procédé, lui aussi, assez ludique. « Il doit faire un selfie avec sa carte d’identité », confirme Nicolas Katan. Chaque usager peut ainsi s’offrir jusqu’à 2 500 euros de Bitcoins par semaine. Le panier moyen étant de 75 euros.

Coinbase, la valeur sûre 
L’épithète « hégémonique » sied à merveille à Coinbase, incontestablement « géant » du marché des plateformes d’échanges de cryptomonnaies. Avec ses 7,5 millions d’utilisateurs disséminés dans 190 pays, la start-up californienne fondée en 2012 fait en effet littéralement office de « mètre étalon » en la matière. Elle est également, à l’instar de Bitit, l’un des outils les plus faciles d’accès pour un néophyte. Son application mobile est à l’heure actuelle l’une des plus téléchargées. En outre, son design épuré et son ergonomie facilitent une prise en main immédiate. D’un point de vue purement « utilisateur », on peut déplorer des commissions sur les transactions assez élevées (entre 1,49% et 3,99 % selon les montants). Autre désagrément, des petits « bugs techniques » lorsque le rush vers la plateforme est trop important. Bitcoin, Ethereum, Litecoin et depuis peu Bitcoin Cash font partie des devises proposées par la plateforme… qui a d’ailleurs allègrement profité de l’engouement du grand public. En décembre dernier, elle a enregistré jusqu’à 100 000 inscriptions par jour. De quoi remplir les caisses de la start-up : avec un chiffre d’affaires dépassant le milliard de dollars, Coinbase a survolé ses propres prévisions, elle qui ne tablait « que » sur 600 millions pour l’exercice 2017.

Coinhouse, idéal pour débuter
En dépit d’un site moins avenant que celui de ses homologues (un simple planisphère en guise de page d’accueil, soit le minimum syndical), Coinhouse brille néanmoins par son accessibilité et son utilisation assez ludique et compréhensive. En outre, chose non négligeable, Coinhouse – comme son nom l’indique – est adossée à l’espace « La Maison du Bitcoin ». Cette maison, située à Paris, dispose d’un comptoir de change physique (le seul en France) et prodigue même diverses formations. L’idéal pour commencer son aventure dans le monde nébuleux des cryptomonnaies. Seul bémol, et non des moindres, des frais de transactions exagérément élevés (qui frisent les 10 % pour moins de 500 euros, par exemple). Sans doute le prix à payer pour faire ses premiers pas, bien accompagné il faut le reconnaître puisque dans cet univers ténébreux, le « service après-vente » physique constitue clairement la plus-value de cette plateforme. Des « garde-fous » et un encadrement bienvenus à l’heure où tout le monde, et parfois n’importe qui, se sent l’âme d’un investisseur.