Ce samedi 27 février, la Food and Drug Administration (FDA, Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux), a accordé une autorisation en urgence au vaccin contre la covid-19 développé par Johnson & Jonson. La FDA s’aligne ainsi sur la recommandation du comité d’experts. Ce dernier a étudié les données des essais cliniques conduits sur plus de 43 000 patients et a préconisé, vendredi 26 février, la mise sur le marché du vaccin de l’entreprise américaine. Après Pfizer/BioNTech et Moderna, le vaccin Johnson & Johnson est le troisième autorisé outre-Atlantique, où la pandémie a fait plus de 500 000 morts. En Europe, l’Agence européenne du médicament devrait rendre sa décision début mars et le vaccin devrait arriver en France fin mars début avril, selon Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, chargée de l’Industrie. Voici tout ce qu’il faut savoir sur ce nouveau vaccin.

 

Quelle est l’efficacité du vaccin Johnson & Johnson ?

Le vaccin de Johnson & Johnson serait efficace à 66 % contre les formes modérées à graves de la covid-19. Toutefois, des précisions doivent être apportées. Dans certaines régions, l’efficacité du vaccin est moins importante, c’est le cas notamment de l’Afrique du Sud ou le variant 501Y.V2 représente 90 % des nouvelles contaminations. Aux États-Unis, les essais cliniques ont montré que le vaccin était efficace à 72 % contre les formes modérées du virus et à 86 % contre les formes graves. Ces résultats s’expliquent par le fait que le virus d’origine, le Sars-Cov-2, est majoritairement présent outre-Atlantique.

Selon Jenna Guthmiller, chercheuse à la University of Chicago, « le plus important est que les patients n’ont plus besoin d’être hospitalisés. Ce vaccin permet d’éviter une hospitalisation et de prévenir les formes graves du virus. Si nous voulons un retour à la normale, c’est le plus important. » Aucun patient ayant reçu une dose du vaccin Johnson & Johnson a été hospitalisé et aucun n’est décédé des suites de la covid-19.

Quels sont les effets secondaires ?

Le vaccin développé par Johnson & Johnson semble sûr et ne présente que très peu d’effets secondaires : douleurs et rougeurs à l’endroit de l’injection, fatigue, maux de tête. Un cas d’anaphylaxie à la suite du vaccin a également été signalé.

Comment fonctionne-t-il ?

Ce vaccin fonctionne différemment des vaccins à ARN messager (ARNm) qui ont déjà été autorisés. À l’instar du vaccin AstraZeneca, il utilise comme support un adénovirus peu virulent issu d’une famille de virus qui provoque le rhume chez l’homme. Cet adénovirus est transformé pour y ajouter des instructions génétiques d’une partie du virus responsable de la covid-19. Une fois dans l’organisme, les cellules vont reproduire la protéine S du Sars-Cov-2, entraînant le système immunitaire à reconnaître cette protéine et à produire les anticorps pour lutter contre l’infection. Ainsi, si le virus de la covid-19 pénètre un jour dans l’organisme, le système immunitaire sera prêt à combattre l’infection.

Johnson & Johnson n’en est pas à son coup d’essai. L’entreprise américaine a déjà produit un vaccin à vecteur viral pour lutter contre Ebola. Ce vaccin est utilisé en République démocratique du Congo depuis 2019.

Quels sont les avantages et les inconvénients par rapport aux vaccins Pfizer/BioNTech et Moderna ?

Bien qu’il soit moins efficace que les vaccins à ARNm pour prévenir les symptômes de la covi-19, le vaccin Johnson & Johnson est tout aussi efficace pour prévenir les hospitalisations et les décès. Par ailleurs, il présente deux avantages considérables par rapport aux vaccins à ARNm Pfizer/BioNTech et Moderna. Tout d’abord, il ne nécessite qu’une seule injection. De ce fait, les patients n’ont pas besoin de se déplacer une seconde fois pour se voir administrer la dernière dose. Enfin, le vaccin Johnson & Johnson peut être stocké dans un réfrigérateur normal, contrairement aux vaccins à ARNm qui doivent être conservés à des températures allant de -20 °C à -70 °C.

Pour Jenna Guthmiller, ce vaccin « rebat les cartes, non seulement aux États-Unis, mais dans le monde entier. » La chercheuse affirme que ce vaccin sera particulièrement utile dans les zones rurales où l’accès à des congélateurs aussi performants est limité.

Selon Rishi Desai, médecin spécialiste des maladies infectieuses pédiatriques, de nombreux pays à faible revenu suivent les recommandations de la FDA : « Les décisions de la FDA sont très importantes. Une autorisation en urgence délivrée par la FDA envoie un signal positif aux autres pays qui pourraient à leur tour autoriser le vaccin ».

Combien de doses ont déjà été produites ?

La semaine dernière, un dirigeant de Johnson & Johnson a affirmé devant le Congrès des États-Unis que l’entreprise américaine serait en mesure de livrer 20 millions de doses du vaccin d’ici la fin du mois de mars. Bien que la production ait connu quelques contretemps, l’entreprise est confiante et estime qu’elle sera en mesure de livrer 100 millions de doses aux autorités américaines d’ici la fin du mois de juin.

Quel vaccin choisir ?

Jenna Guthmiller et Rishi Desai sont formels : peu importe le vaccin. Que ce soit Moderna, Pfizer/BioNTech ou Johnson & Johnson, le principal est qu’un maximum de patients se fasse vacciner pour mettre fin à la pandémie. « Selon moi, les patients devraient choisir le vaccin le plus pratique et le plus accessible », a déclaré Rishi Desai. « Prenez ce que vous pouvez, car plus vite nous mettrons fin à cette situation et mieux ce sera », affirme quant à elle la chercheuse Jenna Guthmiller.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Leah Rosenbaum

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