Le site internet de l’ancien président américain Donald Trump a été piraté lundi 18 octobre par un « hacktiviste » pro-Turquie, environ un an après que des pirates informatiques ont ciblé de la même manière les sites de campagne de Donald Trump et de Joe Biden.

 

Lundi 18 octobre, la section « Action » du site internet de Donald Trump affichait une vidéo du président turc Recep Tayyip Erdogan avec le message « Piraté par RootAyyildiz » ainsi que plusieurs liens vers des pages Facebook et Instagram contenant des références à la fois à la Turquie et à Erdogan.

Lundi après-midi, toutes les références à la Turquie ont été supprimées et l’adresse « action.donaldjtrump.com » renvoyait vers la page d’accueil du site internet de Trump.

L’identité de RootAyyildiz n’est pas claire, mais dans un message adressé à Forbes depuis un compte Facebook lié à la page internet piraté, RootAyyildiz a affirmé être un « hacktiviste » turc de 19 ans. Il aurait ciblé le site de Trump il y a trois mois pour protester contre les positions « anti-Turquie et anti-islam » des États-Unis.

En octobre 2020, le site de campagne de Donald Trump aurait également été piraté par plusieurs hackers qui prétendaient (sans preuve) détenir des informations classifiées incriminant l’ancien président américain. Selon l’Agence américaine de cybersécurité et de sécurité des infrastructures, le piratage de sites internet est une tactique basique, souvent employée par des pirates non qualifiés qui traquent les failles de sécurité.

Par le passé, des pirates informatiques pro-Turquie (pays membre de longue date de l’OTAN dont les relations avec les États-Unis se sont dégradées ces dernières années) ont déjà pris pour cible des entités américaines. À la mi-novembre, une partie du site de campagne de Joe Biden a été piraté et envahi de références à la Turquie et à RootAyyildiz. Le Conseil national du renseignement des États-Unis a semblé faire référence à cet incident dans un rapport datant de mars 2020 sur l’ingérence étrangère dans l’élection présidentielle de 2020. Le Conseil affirmait que des nationalistes turcs avaient piraté le site internet d’un candidat à la présidence (le rapport fédéral ne suggère pas que le gouvernement turc est lié au piratage). Des hackers pro-Turquie ont également pris le contrôle des comptes Twitter de plusieurs journalistes américains en 2018, a déclaré la société de cybersécurité CrowdStrike à CNBC.

Ces dernières années, les entités américaines font face à une vague de cyberattaques et d’opérations d’influence en ligne. Les agences de renseignement américaines affirment notamment que la Russie a utilisé les réseaux sociaux et les organes d’information étatiques pour semer la discorde et faire pencher l’élection présidentielle de 2020 en faveur de Trump. En effet, des pirates informatiques liés au gouvernement russe ont été accusés d’avoir violé le réseau du Comité national démocratique américain en 2016. L’année dernière, des groupes de hackers basés en Russie ont également été accusés de cyberattaques contre un important pipeline d’essence américain, un grand producteur de viande bovine et plusieurs agences gouvernementales américaines. Le gouvernement russe a nié tout lien avec ces campagnes de piratage, mais certains experts pensent que ces attaques ont été menées avec le soutien tacite du gouvernement.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Joe Walsh

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