Avec ce troisième confinement, le secteur de l’hôtellerie est menacé par des fermetures définitives. Néanmoins, de plus en plus de professionnels proposent des espaces où télétravailler… dans les lobbys comme dans leurs chambres.

 

Des fermetures temporaires qui pourraient se transformer en arrêt définitif

« Ils sont fous ces Américains » avions-nous parfois l’habitude de dire… Pourtant, depuis presque un an, ils manquent beaucoup – avec l’ensemble des touristes étrangers – à la France, dont les chiffres en matière de fréquentation touristique ont drastiquement baissé :  les recettes ont été estimées à 12,3 millions d’euros à la fin du premier semestre 2020 contre 25,5 millions pour la même période de l’année précédente.  C’est dans ce contexte anxiogène renforcé par la menace d’un troisième reconfinement que les hôteliers voient leurs chances de reprendre une activité normale fondre littéralement. Avec le spectre d’une fermeture définitive pour deux tiers des établissements dans le secteur de l’hôtellerie-restauration selon une enquête réalisée après la mise en œuvre du deuxième confinement par le GNC, le GNI, l’UMIH et le SNRTC. Mais c’est le luxe qui pâtit le plus de la crise, amputé de sa clientèle classique : étrangère et d’affaires. Une chute de 50 points en septembre par rapport à 2019 qui incite de plus en plus d’établissements à se reconvertir avec de nouvelles offres : le staycation, l’office hôtel et le tourisme local.

L’hôtellerie à l’échelle du local

Il leur faut donc miser sur la fréquentation locale, en répondant à de nouveaux besoins créés par la crise : faire du télétravail et vivre une expérience sans avoir besoin de faire trop de kilomètres. Accor, Ascott, Best Western et beaucoup d’autres proposent des espaces où télétravailler dans les lobbys comme dans leurs chambres. « Autour de chez soi, on a des hôtels qu’on ne connaît pas forcément, qui peuvent devenir un lieu d’expérience avec le sentiment de se faire un plaisir, de voyager à deux pas de la maison. » nous explique David Lebée fondateur de Dayuse, la plateforme de réservation des chambres d’hôtel en journée. L’hotel office comme alternative au télétravail (ou, souvenez-vous, à l’open space…) n’a jamais été aussi tentant pour celles et ceux qui pourront échapper quelques heures de chez eux pour faire « une consommation hybride entre professionnelle et personnelle » de l’hôtellerie, nous rappelle le spécialiste de la l’hôtellerie à la carte, comme par exemple « une expérience d’une journée de 9h à 18h dans une chambre d’hôtel, pour bosser, peut-être aussi recevoir, faire un meeting, se concentrer, etc… et où le client pourra aussi descendre à la salle de sport ou à la piscine. » La plateforme, qui compte 40% de plus de clients que l’année dernière, ne souffre pas de la crise, en partie grâce à son implantation à travers le monde qui a permis « que d’un continent à l’autre en fonction de l’avancée du virus, la situation économique ne soit jamais tombée à zéro » conclut David Lebée, qui a prévu de développer parmi ses offres de réservation de nouvelles verticales d’usages comme celui de la piscine, souvent délaissée dans les palaces.

De là à savoir si ces offres peuvent tenir longtemps face aux mesures sanitaires de plus en plus restrictives, personne ne sait vraiment prédire l’avenir…

 

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