Qu’il est loin le temps où les touristes extracommunautaires pouvaient visiter le Colisée à Rome ou se promener le long de la Seine à Paris ! Pour l’Association européenne des tour-opérateurs (ETOA, European Tour Operators Association), le tourisme doit reprendre. L’ETOA demande à l’Union européenne (UE) de mettre en place un plan d’action immédiat pour accueillir les touristes américains, sous peine de sonner le glas de l’industrie européenne du voyage.

 

Les économies européennes souffrent, et plus particulièrement la France. Habituellement, le pays est le plus visité au monde, mais depuis le début de la pandémie les pertes dans le secteur du tourisme s’élèvent à 48 milliards d’euros, selon le World Travel and Tourism Council (WTTC, Conseil mondial du voyage et du tourisme). Quant à l’Allemagne et à l’Italie, ces pays devraient perdre respectivement 38 milliards d’euros et 37 milliards d’euros.

Les touristes américains, canadiens et mexicains représentent une part importante des recettes de l’industrie européenne du tourisme. L’Amérique du Nord est la manne touristique la plus importante pour les pays européens, rapportant chaque année 60 milliards d’euros. En 2018, 15 millions de touristes américains ont choisi l’Europe comme destination de vacances. En 2020, les recettes provenant du tourisme américain ont chuté de 90-95 % dans l’ensemble des pays de l’UE/espace Schengen.

L’ETOA est l’organisme professionnel pour un meilleur tourisme en Europe et compte 1200 membres. Le 17 février, l’association a annoncé que l’UE devait trouver une solution pour accueillir à nouveau les touristes américains au risque que le secteur accuse des milliards de pertes cette année encore.

Selon Tom Jenkins, membre de l’ETOA, les touristes potentiels américains et canadiens sont repoussés et l’on ne sait pas encore quand ils pourront revenir et sous quelles conditions. Dans un communiqué de presse, Tom Jenkins déclare que « l’Europe est perçue comme une destination unique pour les voyageurs extracommunautaires : quand ils planifient un voyage, c’est la destination à laquelle ils pensent immédiatement. Il est donc nécessaire que les pays de l’espace Schengen apportent une réponse conjointe pour que le tourisme reprenne. »

Le président de l’Association canadienne des tour-opérateurs (CATO, Canadian Tour Operators Association), Brett Walker, a quant à lui ajouté que le secteur avait besoin d’un plan de relance du tourisme immédiat, conjoint et complètement transparent. Si un tel plan n’est pas trouvé, alors la situation pourrait être encore plus dramatique.

« Les 90 jours prochains seront déterminants. Ils permettront de savoir si les voyageurs nord-américains pourront revenir en Europe cet été en toute sécurité et en nombre. […] Plus l’incertitude durera et plus l’Europe s’exposera à un risque de perte de recettes provenant du tourisme nord-américain de l’ordre de 90-95 % en 2021, comme ce fut le cas en 2020 », a affirmé Brett Walker.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Alex Ledsom

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