Le constructeur automobile Tesla est parvenu à atteindre ses objectifs de livraison pour l’année 2019. Cela a été possible grâce à un solide quatrième trimestre marqué par les livraisons de la Model 3 et des perspectives optimistes sur le marché chinois pour 2020. Les parts de la société d’Elon Musk atteignent ainsi à un niveau inédit, tout comme les revenus de l’entrepreneur avant-gardiste.

L’entreprise a déclaré la semaine dernière avoir livré 112 000 véhicules à des clients du monde entier durant le dernier trimestre 2019 : 92 550 Model 3 et 19 450 Model S et Model X, plus onéreux, qui se vendent à environ 100 000 $. Les livraisons totales pour l’année ont été d’environ 367 500, soit juste au-dessus des prévisions de Tesla, qui prévoyait la livraison d’au moins 360 000 véhicules. Cependant, début 2019, Elon Musk affirmait pouvoir atteindre les 400 000 unités.


 

 

Les actions Tesla ont augmenté de 3 % au NASDAQ vendredi dernier, pour atteindre un record de 443,01 $. Cepdendant, l’indice global a chuté de 0,8 %. Notez que d’autres indices importants ont également baissé en raison des préoccupations concernant la tension croissante au Moyen-Orient et l’assassinat du général iranien Qassem Soleimani. Pour revenir à Tesla, l’action a augmenté d’environ 250 % depuis le 3 juin 2019, quand elle ne valait plus que 178,97 $, et s’est accélérée depuis le 23 octobre 2019, date à laquelle la société a fait état de bénéfices inattendus au troisième trimestre.

Forbes estime par ailleurs que l’augmentation constante de la valeur des actions de Tesla au cours des dernières semaines aurait fait grimper la fortune d’Elon Musk à 27,5 milliards de dollars. Il est en effet l’actionnaire principal de sa société.

Les actions Tesla bénéficient sans doute de l’ouverture de la nouvelle Gigafactory du constructeur à Shanghai, qui a livré ses premiers Model 3 en décembre. La construction de l’installation d’une valeur de 5 milliards de dollars sur le sol chinois se poursuit, mais elle est déjà opérationnelle un an après le début des travaux, soit bien mieux que ce qu’estimaient les meilleurs experts.

La direction de Tesla a déclaré dans un communiqué : « Nous continuons à nous concentrer sur l’expansion de la production aux États-Unis, ainsi que sur notre nouvelle usine à Shanghai. Même si la Gigafactory 3 a été lancée il y a moins de 12 mois, nous avons déjà produit un peu moins de 1 000 voitures commercialisables et nous avons commencé les livraisons ».

Le constructeur affirme avoir également avoir prouvé qu’il peut atteindre un taux de production de plus de 3 000 voitures par semaine à l’usine de Shanghai. Ce chiffre exclut la production de blocs de batteries effectuée en Chine, qui n’a commencé qu’à la fin du mois dernier. On ne sait donc pas quand Tesla atteindra ce rythme de 3 000 véhicules par semaine.

Dix ans après son entrée en bourse, Tesla est aujourd’hui une puissance très influente sur le marché des véhicules électriques, mais également un acteur volatil qui a souvent eu du mal à réaliser tous les projets ambitieux d’Elon Musk. L’entreprise n’a pas encore publié ses bénéfices pour l’ensemble de l’année 2019, mais des ventes durables en Chine devraient grandement contribuer à son succès cette année. L’entreprise lancera par ailleurs le Model Y en 2020, un SUV électrique à 58 000 € dérivé du Model 3 qui devrait booster les ventes cette année.

Ben Kallo, equity analyst chez Baird, explique : « Les taux de production du Model 3 continuent d’augmenter (environ 6 700 unités par semaine au T4:19, soit une hausse séquentielle d’environ 9 %) et les livraisons de Shanghai devraient être le prochain catalyseur de la croissance de Tesla. Il est important de noter que l’usine semble se développer plus rapidement que nous ne l’avions prévu, avec une capacité de production de 3 000 unités par semaine et bientôt une production locale de batteries ».

La production de véhicules à l’usine Tesla de Fremont, en Californie, a atteint 104 891 unités en 2019, dont 86 958 Model 3. Sur toute l’année, Tesla a construit un peu plus de 365 000 voitures et SUV électriques.

Puisque l’entreprise ne travaille pas avec des concessionnaires automobiles et qu’elle distribue elle-même tous ses véhicules, elle ne peut pas comptabiliser les bénéfices d’une vente avant que le véhicule ait été livré au client. Par conséquent, le délai entre la production et la vente d’une unité est généralement plus long que pour les constructeurs automobiles classiques. Les résultats financiers trimestriels de Tesla seront publiés dans quelques semaines.

Notez que l’avantage fiscal à l’achat d’un véhicule Tesla est passé de 7 500 $ (soit 6715 €) à 1 875 $ (soit 1678 €) en fin d’année dernière, du fait du succès de l’entreprise, qui finira à terme par ne plus bénéficier de ce programme d’aide. Selon Garrett Nelson, equity analyst chez CFRA Research : « Nous pensons que les ventes ont été stimulées par les achats clients avant l’expiration du crédit d’impôt fédéral sur les véhicules électriques ».

Il poursuit : « Les actions de Tesla ont grimpé en flèche au cours de la deuxième moitié de 2019, alors que les préoccupations liées aux résultats financiers de l’entreprise se sont atténuées et que les investisseurs ont commencé à se tourner vers la Chine pour le lancement du Model Y en 2020. Nous pensons néanmoins que des questions persistent au sujet des résultats du premier semestre 2020 et de la durabilité de la marge bénéficiaire. Nous soulignons que Tesla baisse déjà ses prix en Chine et fait face à une concurrence accrue pour les véhicules électriques aux États-Unis, avec au moins 25 nouveaux modèles qui seront lancés cette année, la plupart étant admissibles au crédit d’impôt complet de 7 500 $ ».

 

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