En un éclair, Taxify est devenu Bolt. Plus qu’un changement de nom pour le groupe, Bolt veut signifier son objectif principal : devenir le leader de la mobilité. Pour parler de l’importance de ce rebranding, nous avons eu la possibilité de nous entretenir avec Henri Capoul, responsable de Bolt France.

 

F- Henri Capoul, pouvez-vous nous parler de Bolt ?

C’est une entreprise qui existe depuis 5 ans, qui est européenne, qui est née en Estonie à Tallinn. Avant on s’appelait Taxify (Txfy en France) et nous avons changé de nom le 7 mars dernier pour Bolt.

L’histoire de Taxify, maintenant Bolt, c’est une entreprise qui a été créée par Markus Villig qui avait 19 ans à l’époque et qui a aujourd’hui 25 ans. Il a créé une licorne qui est valorisée à plus d’1 milliard de dollars.

Nous étions présents initialement sur le secteur des taxis dans des pays d’Europe de l’Est, puis en Afrique où nous avons ouvert nos services aux Tuk Tuk et aux Bodas Bodas.

À Paris, nous avons proposé un service de mise en relation avec les chauffeurs VTC. On a lancé en plus de ça un service de trottinettes électriques sous le nom Bolt en septembre 2018 pour ouvrir la plateforme à d’autres moyens de mobilité. Nous sommes encore en phase de test mais nous devrions proposer ces trottinettes dans de nouvelles ville en Europe prochainement.

Aujourd’hui, Bolt est sensée refléter cette nouvelle vision de la mobilité, qui n’est plus seulement de la mise en relation avec des chauffeurs mais plus largement, créer une sorte de palette de moyens de mobilité.

F- Pourquoi avez-vous changé de nom ?

Notre activité ne correspondait plus à l’image de centrale de réservation de taxis. C’est pour ça que ça s’appelait Taxify, le but était de conquérir l’ensemble des marchés, via une application. On s’est rendu compte que ça n’avait plus de sens en lançant notre service de trottinettes électriques en septembre 2018.

Derrière Bolt il y a plusieurs choses. En anglais ça veut dire l’éclair. Ça fait référence à l’électricité qui est l’énergie du futur donc tous les moyens de mobilité seront électriques demain. Et on a un vrai engagement à l’échelle du groupe pour aller proposer de plus en plus de moyens verts ou électriques.

Vous êtes sensibles à l’environnement ?

On y est sensible, on a développé une catégorie green sur notre plateforme où il n’y a que des véhicules électriques et hybrides. Et puis avec notre changement vers des trottinettes électriques ; nous poussons les gens faisant une course de moins de 3km, qui coûte quand même assez cher, à prendre une trottinette plutôt qu’un VTC parce que ça va plus vite et c’est propre par rapport à un VTC qui pollue.

F- Bolt est présente dans combien de pays dans le monde ?

Nous sommes présents dans 30 pays et dans plus de 100 villes dans le monde. En Europe, en Afrique, au Mexique mais aussi en Australie. Nous comptons 20 employés à Paris et à l’échelle mondiale, nous sommes un peu plus de 800.

F – Où vous situez-vous parmi vos concurrents ?

Il faut déjà bien faire la différenciation entre plateformes de mise en relation, parmi lesquelles on se situe et les agrégateurs qui vont chercher à aller connecter des plateformes sur l’application en proposant de comparer les prix comme Eurecab, Citymapper, ou Google Maps. Nous sommes une plateforme de mise en relation de VTC mais nous sommes progressivement en train de nous déplacer vers une plateforme de mobilité en tant que service.

La plateforme fait le travail à votre place, elle vous conseille selon votre trajet en fonction de l’heure, de la journée, de là où vous vous situez, elle vous propose le moyen de transport à choisir. Elle vous donne également une estimation sur le temps que vous mettrez pour atteindre votre destination en fonction de votre budget et de vos envies.

Demain le produit final Bolt c’est quelque chose où on rentre l’adresse de destination, on a une liste de produits, avec des trajets, on pourrait même mixer différents trajets avec des minibus et puis un dernier bout en trottinette.

F- En parlant de trottinettes, ce n’est pas un produit compliqué à mettre en place ?

Quand nous sommes arrivés à Paris, la réglementation n’était pas prête pour ce type d’engins. La loi n’a jamais été pensée pour des trottinettes électriques qui étaient jusqu’alors considérée comme des jouets.

Aujourd’hui on l’assimile à du vélo électrique parce que c’est l’objet le plus proche qui est défini dans la loi. On peut rouler sur les trottoirs, sur les pistes cyclables ou les routes à moins de 6km/h c’est à dire à la vitesse d’un piéton, et en les évitant.

Nous poussons nos utilisateurs à aller sur les pistes cyclables en priorité. Si il n’y a pas de pistes cyclables, ils vont aller sur les routes, les rues de Paris et éviter le plus possible les trottoirs. Il y a un travail d’éducation des utilisateurs, personne ne sait vraiment aussi comment les utiliser.

La loi d’orientation des mobilités, la LOM devrait être discutée et votée en conseil des ministres courant avril. C’est une loi qui devrait clarifier les statuts des trottinettes électriques.

Vous parliez d’avenir tout à l’heure et notamment de drones ?

Cela reste encore de la science-fiction mais si on veut être une plateforme de mobilité, il faut pouvoir se positionner sur l’ensemble des moyens de mobilité qui peuvent exister. On est ouvert à tous les moyens de mobilité qui vont arriver et on les intégrera petit-à-petit. On a vraiment vocation à être la plateforme européenne qui tient tête face aux géants américains et chinois. C’est déjà le cas aujourd’hui, on est numéro 1 devant Uber en Afrique dans les 6 pays où l’on est ; on est devant Uber dans 50% à peu près des pays en Europe de l’est, le bastion historique de Bolt. On fait plus de courses que Uber.

On a quand même une position très forte en Europe et en Afrique, nous voulons réellement nous ériger en tant que leader de la mobilité. C’est aussi une fierté pour nous Européens de se dire que nous sommes en train de créer une plateforme avec peu de fonds, de manière plus efficace et avec un PDG de seulement 25 ans.

Quelles sont les ambitions de Bolt ?

D’être le leader de la mobilité, cela est déjà un bel objectif. En Europe, en Afrique, nous voulons être cette plateforme leader dans l’ensemble des pays dans lesquels nous nous trouvons, nous voulons devenir la référence en terme de mobilité. D’ailleurs, nous sommes bien partis pour le devenir, au vu de la croissance que nous avons eu en France et de nos positions en Afrique et en Europe de l’Est. C’est très prometteur.

A l’échelle mondiale, on a une croissance de 20% par mois en nombre de courses et 25 millions de clients.

On se développe très vite, en tout cas en terme de croissance. C’est une des start-up en plus forte croissance à ce niveau de développement, c’est quasi du jamais vu, surtout sur le secteur VTC.