L’année 2021 a commencé en France sur le modèle des 2 années précédentes, entre volonté de réforme et contestation sociale. Mi-mars, arrivée du Covid-19. Après un premier épisode de sidération, de lourdes décisions sont prises, le confinement, la mise entre parenthèse de l’économie, le chômage partiel, le massif recours à l’emprunt avec une dette publique qui va jusqu’à atteindre 120% du PIB ! Une première vague, une seconde vague, bientôt une troisième, quelle aura été notre vie sur ces 9 derniers mois ?

 

Une vie qui s’est interrompue pour certains, 1,7 millions de mort dans le monde, plus de 60 000 en France. Une vie rétrécie pour ceux qui ont vaincu la maladie, certains parfois au prix de lourdes séquelles, mais aussi pour tous ceux qui n’ont pas été touchés.

Une vie sans culture ! Nous sommes privés de spectacle : opéra, théâtre, concert, cinéma, expositions… Il nous reste Netflix et ses séries, visionnées souvent en solitaire ou en petits cercles. Quid de l’émotion d’une salle enthousiaste, d’un artiste qui se dépasse sur scène, la communion d’une foule qui applaudit ?

Une vie sans voyage ! Ne plus voyager en France ou à l’étranger, c’est ne plus faire de rencontres, ne plus découvrir d’autres coutumes et d’autres paysage. C’est aussi ne plus échanger professionnellement, ne plus s’enrichir de l’expérience des autres et tout simplement progresser en reproduisant intelligemment ce qui se fait ailleurs.  

Une vie sans travail ! de nombreux Français ne travaillent plus, les personnels de l’hôtellerie, de la restauration, des remontées mécaniques et puis tous ceux qui n’existent pas dans les statistiques, les travailleurs clandestins ; femmes de ménage, travailleurs de l’ombre des restaurants, du bâtiment… Ceux-là ne bénéficient pas du chômage partiel. Comment vivent-ils ? Que supportent leurs familles ? 

Et pour ceux qui ont la chance de conserver leur emploi, la consigne est celle du télétravail. Le télétravail ; des journées en solitaire devant son écran enchaînant les réunions Zoom et autre Leaf ou Teams et, à la fin de la journée souvent harassante sans pause ni temps de convivialité, un sentiment d’épuisement tant mental que physique.

Une vie sans tendresse ! Afin de ne pas se contaminer, il faut renoncer à s’embrasser, à se serrer dans les bras, à s’étreindre dans les moments heureux comme dans les moments difficiles. Pour les grands aînés, il faut renoncer à voir les petits enfants trop contaminants. Cette scène vécue de 2 petites filles échangeant avec leur grand-mère par téléphone devant la vitre de la maison de retraite un dimanche après-midi !

Après l’espoir nourri par d’aucuns, de l’acquisition d’une immunité collective, aujourd’hui jugée inatteignable, le recul de la Suède en est la démonstration, que reste-il pour mettre fin à cette situation ? 

Une seule solution existe et elle est à portée de main : le vaccin !

On aurait pu imaginer que la nouvelle de la mise au point de plusieurs vaccins selon divers procédés, 9 mois seulement après le début de la pandémie, créerait un mouvement enthousiaste de la population, que la science et la médecine seraient célébrées, et que se créerait une attente impatiente du démarrage de la campagne de vaccination.

Dans les faits, rien de cela ! Le scepticisme règne : comment un vaccin a-t-il pu être produit en aussi peu de temps ? Les vaccins à ARN messager vont-ils changer notre génome ?  Vais-je me faire vacciner alors que « je ne crains rien » ?

Alors oui, doutons de la science, doutons du progrès, soyons sûrs que la FDA aux Etats Unis, la HAS en France et l’Agence Européenne du médicament ont donné des autorisations de mise sur le marché, sans les validations nécessaires.

Interrogeons-nous sur le fait que ce nouveau vaccin n’ait pas pris le temps que Louis Pasteur à mis pour mettre au point son vaccin contre la rage. Nions l’existence de recherches depuis plus de 30 ans sur les vaccins à ARN, les progrès de l’immunologie, de la génomique, de la microbiologie et surtout regrettons la belle époque ou le tétanos, la polio ou la tuberculose faisaient mourir ou handicapaient à vie des populations entières.

Et puis, plus que tout, satisfaisons-nous de notre vie de ces 9 derniers mois ! Restons chez nous à nous protéger des autres. Renonçons à sortir, à nous distraire, à voyager, à aller au restaurant ou au cinéma.

Sacrifions la jeune génération, gâchons leur jeunesse et leur formation.

Sacrifions les anciens ; s’ils ne meurent pas du Covid, ils mourront de solitude et de chagrin.

Laissons s’effondrer notre système de santé, décourageons les médecins et les soignants qui seront dans l’incapacité physique et mentale d’affronter d’autres vagues épidémiques.

Laissons s’effondrer notre économie, le chômage partiel financé par la dette ne tiendra pas longtemps et les souffrances à venir seront infiniment plus grandes que celles générées par la crise du Covid.

Ou bien alors, tous, politiques, media, médecins et scientifiques, influenceurs en tous genres, ressaisissons nous, changeons de discours sur le vaccin. Soyons pédagogues, expliquons simplement et sans relâche, faisons entrevoir le bout du tunnel, le retour à la vie d’avant, changée en mieux si possible. Soyons transparents sur les inévitables effets secondaires qui seront surement moindres que ceux liés à la maladie. Expliquons simplement par quel processus la mutation du virus ne compromet pas la campagne de vaccination. Sachons prendre des risques.

Ne laissons pas gagner les complotistes de tout poil, prenons la parole, le clavier, le crayon, pour combattre le crétinisme ambiant et vaccinons-nous, lorsque notre tour viendra, avec confiance et détermination, comme seule une société moderne, éclairée et confiante dans le progrès peut le faire.

 

Tribune écrite par Jacqueline Hubert, la Directrice Support et Transformation du groupe Vivalto Santé.

 

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