La semaine dernière, Spotify a fait fort en rachetant The Ringer, un média américain spécialisé dans les podcasts et créé par le célèbre journaliste sportif Bill Simmons.

Les détails de la transaction n’ont pas été rendus publics, mais la popularité du site de podcasts suggère que le montant devait être considérable. Avant cette acquisition, Spotify avait déjà dépensé 400 millions de dollars pour étoffer son offre de podcasts, avec 56 millions déboursés pour Parcast et plus de 190 millions pour Gimlet. Au vu de l’offre proposée par The Ringer, l’addition a sans doute été salée pour Spotify, mais pourrait se révéler fructueuse à l’avenir.


Les nouvelles méthodes de consommation de l’information poussent l’entreprise à explorer de nouvelles branches d’activité. Le service de streaming musical compte à ce jour 124 millions d’abonnés dans le monde grâce à son offre de musique illimitée, mais cette même offre oblige Spotify à payer 70 % de son chiffre d’affaires aux titulaires des droits, ce qui limite ses marges.

Les podcasts ne sont certes pas donnés (il faut trouver les talents, les produire, leur accorder une licence, etc.), mais sans la majorité des recettes promises aux artistes, comme c’est le cas pour la musique, il est plus facile pour Spotify de dépenser librement. Un podcast de qualité peut être produit pour un peu moins de 10 000 $ par épisode. Les représentants de Spotify n’ont pas souhaité répondre à nos questions.

Ben Arnold, analyste pour NPD Group, une entreprise d’étude de marché américaine, explique : « Puisque le podcast n’est pas une activité mature comme peut l’être la musique, Spotify devrait faire preuve de flexibilité pour négocier les conditions de diffusion avec les créateurs ».

Autre facteur : les plus grands labels ont un pouvoir très important sur les plateformes de streaming musical comme Spotify, qui dépendent du catalogue proposé par les maisons de disque. Ce pouvoir leur permet de récupérer des milliards de dollars en fonds propres de la part d’entreprises comme Spotify, en échange d’une autorisation pour exploiter leur musique.

L’ironie dans tout cela, c’est que même avec les chèques mirobolants qui circulent entre les labels et les plateformes de streaming, les artistes ne sont pas rémunérés à leur juste valeur. Nombre d’entre eux acceptent d’ailleurs d’être présents sur ces plateformes seulement pour l’exposition auprès du grand public, et non pour les recettes qu’une telle présence peut engranger. 

Priscilla Mattison, avocate au cabinet Bernard M. Resnick, conclut : « Il est logique que Spotify et d’autres entreprises se lancent dans les podcasts si cela leur permet d’attirer plus d’auditeurs, y compris un nouveau public, et si cela peut aussi leur permettre de réduire leurs coûts ».

 

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