La plateforme Slack a annoncé mercredi qu’elle faisait l’acquisition de Rimeto, une start-up qui fournit à ses clients des renseignements et des profils détaillés sur leurs employés. Le PDG du groupe a déclaré qu’il prévoyait de renommer le service, mais qu’il laisserait Rimeto à la disposition des utilisateurs qui ne sont pas membres de Slack. Aucune information n’a été révélée quant aux termes financiers de la transaction.

Lors d’une interview, Stewart Butterfield, PDG de Slack, explique avoir entamé les négociations par écran interposé avec Slack juste avant l’arrivée de la pandémie de Covid-19 qui a interrompu les activités aux États-Unis et dans le reste du monde. Slack lorgnait sur un service comme celui proposé par Rometo depuis plusieurs mois, puisque le PDG explique avoir embauché plusieurs centaines d’employés pendant le confinement et que ceux-ci n’ont jamais pu rencontrer leurs collègues en dehors des visioconférences professionnelles.


Stewart Butterfield raconte avoir participé à des visioconférences hebdomadaires depuis le début du confinement, au cours desquelles se retrouvaient des dirigeants de la tech afin de trouver les meilleurs moyens pour maintenir le lien social au sein de leurs entreprises. Ce défi se fait encore plus important lorsque de nouveaux salariés arrivent ou que d’autres changent d’équipe. Selon le PDG de Slack, ce défi peut être en partie résolu en proposant des profils personnels plus détaillés sur les employés et en optimisant la recherche de personnel par domaines d’expertise ou en fonction de détails sur le CV (comme le lieu où un candidat a fait ses études ou les compétences techniques qu’il maîtrise).

Fondée en 2016 par Neville Bowers, Maxwell Hayman et Ted Zagat, des anciens de chez Facebook, la société Rimeto a été en bootstrapping pendant trois ans avant de parvenir à lever 10 millions de dollars en 2019 pour un investissement de série A. La start-up avait alors un cash-flow positif et travaillait avec certaines des plus grandes entreprises du monde, sans toutefois préciser lesquelles.

Slack proposait déjà quelques outils pour renforcer les profils de ses utilisateurs, qui apparaissent parfois sous la forme d’un nom, d’une photo et d’un simple numéro de téléphone. Il était ainsi possible depuis quelques temps d’ajouter des champs personnalisés, comme les animaux de compagnie par exemple. Mais ces options n’étaient accessibles que via des interfaces de programmation plus difficiles à installer.

Cette acquisition est la cinquième de Slack à ce jour, mais il s’agit de la première qui est vouée à rester autonome. En termes d’effectifs, elle est comparable à sa précédente acquisition, la start-up Astro en 2018. Slack est actuellement en pourparlers avec son partenaire Okta pour intégrer davantage de vérification d’identité aux outils de Rimeto, afin de faciliter le partage d’informations des répertoires entre les entreprises. Depuis quelques mois, les fonctionnalités qui encouragent les entreprises à utiliser Slack sont une priorité de la marque Slack Connect.

Interrogé sur la manière dont les entreprises pourront utiliser la nouvelle application de Slack, Stewart Butterfield a donné l’exemple de grandes entreprises, comme des banques, où les employés reçoivent parfois des centaines de messages par jour concernant les capacités de leurs collègues. Il a également cité les équipes d’ingénieurs, qui ont parfois besoin de dénicher le seul collaborateur de l’entreprise à maîtriser des compétences très spécifiques.

Le PDG de Slack affirme que de telles recherches (ainsi que des moyens plus proactifs d’identifier et de rencontrer davantage de collègues) resteront essentielles pour les entreprises qui vont encore évoluer dans un environnement de travail numérique dans les mois à venir.

Il conclut : « La mission des équipes concernées était de connaître chaque poste, mais aussi les personnes assises à côté de vous. C’est d’autant plus important maintenant que plus personne ne s’assied à côté de vous. Nous allons donc aider les salariés à comprendre chaque membre d’une entreprise, de la même manière qu’ils connaissent les membres de leur équipe immédiate ».

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Alex Konrad

 

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