Le leader des objets connectés dans l’Hexagone a mené une expérimentation permettant de « suivre à distance » une dizaine de rhinocéros d’Afrique afin de « mieux les protéger ».

La start-up de Ludovic Le Moan a franchi une nouvelle marche dans l’innovation et l’utilisation de l’internet des objets à visée humanitaire. En effet, le groupe toulousain a annoncé ce mardi au Mobile World Congress de Barcelone avoir mené une première phase d’expérimentation de six mois – entre janvier 2016 et février 2017 – de suivi à distance d’une dizaine de rhinocéros noirs et blancs au sein de leur environnement naturel. Un « projet » piloté par Sigox Foundation en partenariat avec trois grandes organisations dédiées à la conservation de l’espèce, en l’occurrence : International Rhino Foundation (USA), Save the Rhino (Grande-Bretagne) et Lowveld Rhino Trust, autre organisme basé directement en Afrique.


Objectif de l’opération : sensibiliser l’opinion publique et pouvoir, à plus long terme, être en mesure de suivre à distance tous les individus d’une espèce menacée d’extinction. En effet, selon l’organisation « Save the Rhino », on ne compterait plus que 29 000 rhinocéros dans le monde, contre 70 000 il y a 50 ans. « En transmettant ne serait-ce que quelques positions GPS par jour, nous simplifions drastiquement le monitoring des animaux. Nous donnons ainsi une voix aux rhinocéros, tous les jours, où qu’ils soient. Mieux comprendre les espèces menacées et donc les protéger constitue un grand espoir », déclare Marion Moreau, directrice de Sigfox Foundation.

A la recherche de donateurs

Implanté dans la corne du rhinocéros, un tracker GPS transmet trois positions par jour via le réseau sur une plate-forme en ligne sécurisée. L’autonomie du capteur est estimée entre un et trois ans pour un coût d’environ 30 dollars. La « première étape » d’un programme baptisé « Now Rhino Speak » aux grandes ambitions, comme évoqué au préalable. « Notre objectif, avec le concours des meilleurs spécialistes des rhinocéros, est d’aider à produire 29 000 capteurs connectés pour surveiller tous les rhinocéros vivant sur notre planète », souligne Marion Moreau. Et de poursuivre. « Nous sommes déjà associés à une société française de suivi des animaux pionnière dans la fabrication des balises Argos et nous cherchons des donateurs pour produire des capteurs très bon marché, capables de durer plusieurs années ».

Les opérations, menées conjointement par Sigfox Foundation et Lowveld Rhino Trust, ont tout d’abord consisté à déployer l’infrastructure du réseau Sigfox dans la réserve. Trois antennes et stations de base Sigfox, installées en quatre jours seulement, ont permis d’apporter une couverture du réseau LPWA (Low Power Wide Area) sur l’ensemble de la zone protégée. Christophe Fourtet, co-fondateur et directeur scientifique de Sigfox, s’est personnellement impliqué dans les opérations sur le terrain, aidés de 4 techniciens bénévoles.

Le précédent « Princesse Elisabeth »

En janvier 2016, la société Sigfox avait déjà lancé le programme « Power Of Low » un réseau d’objets connectés pour protéger l’environnement. Une première expérimentation avait été menée à la station polaire Princesse-Elisabeth en Antarctique. Une station qui fonctionne en totale autarcie énergétique grâce au solaire et à l’éolien et distante de 150 kilomètres de toute côte.  Aujourd’hui, le réseau Sigfox est disponible dans 31 pays – sur les cinq continents- et le sera dans 60 pays d’ici 2018, couvrant ainsi 486 millions de personnes et 7 millions d’objets connectés.