Après des mois d’incertitude, le milliardaire Sir Richard Branson a enfin trouvé une solution à la menace qui planait au-dessus de son empire.

Un rapport publié la semaine dernière révèle que le groupe Virgin a levé 250 millions de dollars pour soutenir Virgin Atlantic. Une source proche de la société a par ailleurs déclaré à Forbes que la « galère de trois mois et demi » porte enfin ses fruits. Une confirmation formelle de la restructuration du groupe est prévue pour la mi-juillet.

Cette nouvelle pourrait bien marquer la fin d’une période tourmentée pour l’un des milliardaires les plus connus du Royaume-Uni. Depuis le mois de mars, Richard Branson a dû faire marche arrière après des commentaires du Parlement britannique, qui estimait que l’homme d’affaires devrait faire appel à sa fortune personnelle pour renflouer ses entreprises. Des questions sur son statut fiscal et sa résidence dans les îles Vierges britanniques agitaient également les médias depuis quelques mois.

Mais depuis peu, l’ambiance au sein du groupe Virgin a changé. En effet, Richard Branson est sur le point de réunir plus d’un milliard de dollars pour aider à sécuriser son empire commercial après le passage du Covid-19 : 500 millions de dollars de la part Delta (via des reports et des exonérations), 300 millions de dollars de financement de la dette par le groupe Elliott Management et 500 millions de dollars provenant de la vente d’actions de Virgin Galactic sur les mois de mai et juin.

De nouvelles mesures concernant notamment la réorganisation des retenues sur les cartes de crédit pourraient rapporter 310 millions de dollars supplémentaires le cas échéant.

Mercredi dernier, le Financial Times a annoncé que le groupe Virgin verserait sans délai 250 millions de dollars en espèces pour soutenir la compagnie aérienne Virgin Atlantic, actuellement en difficulté. Par ailleurs, un soutien supplémentaire aux actionnaires d’environ 500 millions de dollars sera fourni, apporté en grande partie par Delta Airlines, qui possède 49 % de Virgin Atlantic. Le groupe Virgin, propriétaire à 51 %, soutiendra Delta dans son implication envers sa filiale.

Dans le cadre de la troisième étape du plan de relance de Richard Branson, Virgin Atlantic poursuit ses discussions avec le fonds spéculatif Elliott Management, Centerbridge Partners et Davidson Kempner Capital Management dans le cadre de la procédure visant à lever 300 millions de dollars supplémentaires sous forme de financement par emprunt, selon le Financial Times toujours. Il y aurait ainsi trois offres différentes sur la table, mais aucune n’implique un transfert de fonds propres. Une source proche des négociations les a décrites à Forbes comme faisant partie d’un « accord de dette pure ».

Avec les 500 millions de dollars issus de la vente précipitée des actions de Virgin Galactic, le groupe Virgin a la possibilité d’assurer l’avenir de ses principaux intérêts, à savoir sa compagnie aérienne. Des fonds ont également été dégagés pour Virgin Orbit, le service de lancement de satellites de Richard Branson. Ce dernier est en effet persuadé du potentiel du projet, qui est cependant toujours en phase de croissance et d’investissement.

Après des mois de détresse, la chance semble enfin tourner pour Virgin. Depuis la pandémie de coronavirus, de nombreuses pièces du puzzle ont trouvé leur place pour Richard Branson et ses équipes.

Tout d’abord, Virgin Galactic, l’actif le plus liquide du milliardaire, a vu son cours augmenter après être tombé à 9 $ à la mi-mars, alors que sa valeur en février était de 20 $. En mai, le cours de la compagnie aérienne était revenu à plus de 17 $, ce qui atténue légèrement la perte du groupe suite aux liquidations massives à hauteur de 500 millions de dollars.

Par ailleurs, la vente de dette privée, qui a amené des fonds spéculatifs comme Elliott à la table des négociations, est décrite comme ayant suscité « un intérêt extrêmement fort » au cours des derniers mois. La décision de faire appel à Houlihan Lokey, une banque d’investissement chargée par Virgin de trouver des fonds privés après le retrait du gouvernement britannique des négociations au mois d’avril, semble de plus en plus judicieux.

Enfin, en ce qui concerne la situation critique du personnel de Virgin Atlantic, les représentants ont travaillé avec les deux principaux syndicats pour parvenir à un accord au plus vite. Bien que 3 000 membres du personnel aient perdu leur emploi, la communication avec les salariés a été « directe et consensuelle » selon une source proche des négociations. En comparaison, les députés britanniques ont récemment qualifié British Airways, grand rival de Virgin Atlantic, de « honte nationale ». La compagnie a en effet tenté de licencier 12 000 salariés et a modifié les contrats de 30 000 autres lors d’une « tentative calculée pour tirer profit de la pandémie », comme l’a rapporté The Guardian.

De plus amples informations sur la restructuration de Virgin sont attendues pour le mois de juillet.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : David Dawkins

 

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