Alors qu’une nouvelle décennie commence, deux entreprises du secteur spatial sont sur le point de franchir une étape cruciale. Pour SpaceX, la société d’Elon Musk, il s’agit de mettre en place un accès à internet par satellite, tandis que Virgin Orbit, la société de Richard Branson, prévoit de commencer ses vols commerciaux cette année.

Depuis hier, la constellation Starlink de SpaceX compte désormais 180 satellites, grâce au lancement effectué dans la nuit. 60 nouveaux satellites ont rejoint les 120 autres déjà déployés afin de développer le service d’accès à internet par satellite prévu par la société d’Elon Musk. L’un des satellites envoyés en orbite est recouvert d’une peinture non réfléchissante, afin de déterminer si cela permet d’empêcher des interférences avec les observations astronomiques.


Les deux précédents lancements de satellites Starlink avaient suscité la controverse, car la lumière réfléchie par ces satellites était très visible, au détriment de certaines observations scientifiques. Le mois dernier, Gwynne Shotwell, directrice de l’exploitation chez SpaceX, a déclaré en conférence de presse : « Nous voulons absolument faire les choses bien, afin que les petits enfants puissent regarder dans leur télescope ».

Si tout va bien, SpaceX prévoit deux autres lancements de satellites Starlink pour fin janvier/début février. La société a l’intention de proposer une couverture internet à des régions des États-Unis et du Canada une fois qu’elle aura effectué entre 6 et 8 lancements de Starlink en orbite. Une couverture mondiale complète devrait être atteinte après 24 lancements, soit un total de 1 440 satellites.

La mise en service de la constellation Starlink est déterminante pour le projet de SpaceX. Selon Pitchbook, l’entreprise d’Elon Musk a réuni plus de 1,2 milliard de dollars en capital-risque au cours des 12 derniers mois, portant ainsi sa valorisation à plus de 33 milliards de dollars. Une grande partie de ces fonds est destinée à la construction de Starlink. En mai dernier, Elon Musk a déclaré à des journalistes que les bénéfices de son service d’accès à internet fourniront à SpaceX les fonds nécessaires au développement de Starship, le vaisseau spatial que la société prévoit d’utiliser pour envoyer sur la Lune et sur Mars des marchandises et éventuellement des personnes.

La société Virgin Orbit du Britannique Richard Branson est également prête à faire un grand pas en avant dans les semaines à venir. La société est issue d’une scission de Virgin Galactic, la société de tourisme spatial du milliardaire qui va emmener ses premiers clients dans des vols spatiaux suborbitaux courant 2020. Au contraire, Virgin Orbit n’emmènera personne dans l’espace, mais se chargera de déployer des satellites.

Son lanceur, LauncherOne, est destiné à accueillir de petits satellites. Plusieurs start-up ciblent également ce marché, mais jusqu’à présent, seul le Rocket Lab de Los Angeles a réussi à mettre en orbite les satellites de ses clients.

Virgin Orbit tente une approche différente de celle de ses concurrents. Plutôt que d’envoyer son lanceur depuis le sol, elle prévoit de le transporter à haute altitude, attaché à un avion. Ainsi, le LauncherOne décollera de plus haut, ce qui lui permettra de consommer moins de carburant et d’avoir plus de souplesse par rapport à un lancement stationnaire.

Un porte-parole de la société a confirmé que Virgin Orbit effectuera son premier vol d’essai orbital courant janvier. Si tout se passe bien, l’entreprise envisage d’effectuer sa première charge marchande peu de temps après, sans doute en février. Le client de ce lancement serait la NASA, pour qui Virgin Orbit devra livrer 10 petits satellites pour le projet ELaNa de l’agence spatiale américaine, qui travaille avec des universités et des lycées pour envoyer dans l’espace des missions de recherche conçues par des étudiants.

 

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