Ces trois surprises ne sont pas liées entre elles mais nous pensons qu’elles peuvent survenir car leur probabilité d’occurrence n’est pas négligeable. En effet, les consensus sont régulièrement pris à contre-pied par les marchés… Plus le sentiment est fort et plus la surprise et la réaction des investisseurs peuvent être violentes. 

Une baisse des taux longs américains

Les spécialistes des marchés obligataires pensent pratiquement tous que les taux 10 ans américains vont monter en 2018. Les nuances résident dans l’ampleur de la hausse. Ils sont actuellement autour de 2,6%, les prévisions sont à 2,90% minimum d’ici la fin de l’année. La logique voudrait effectivement que trois ou quatre hausses des taux courts américains par la Banque Centrale Américaine pèsent sur les taux longs à partir de mi-2018. Le plan fiscal de D.Trump n’est pas financé : il faudra donc lever de la dette, ce qui devrait aussi pousser les taux à 10 ans à la hausse. La Chine et le Japon pourraient ralentir leurs achats en bons du Trésor, la conséquence immédiate serait négative pour les marchés obligataires.
Seule ombre au tableau : l’économie américaine n’accélère plus. La demande de crédit va diminuer et surtout l’inflation reste basse. De ce fait, nous pourrions avoir la surprise de voir les taux longs américains baisser et non monter comme l’envisage le consensus.

Probabilité d’occurrence : de l’ordre de 20%.

 

Le Dollar flambe

Depuis plus d’un an, le Dollar recule en particulier face à l’Euro. Les raisons sont connus : l’économie européenne et le contexte politique se sont nettement améliorés. De nombreux investisseurs ont fui la zone euro, en particulier après la crise de 2011. Depuis un an, le mouvement s’est inversé et la recherche d’actifs européens s’accélère au fil des mois… A tel point que les positions « acheteuses » sur l’Euro sont au plus haut.
Mais la surprise serait que ce consensus s’effondre.
Plusieurs raisons  inciteraient les investisseurs à revenir vers le Dollar :
– la hausse des taux courts américains
– la réforme fiscale “booste” l’économie américaine
– le rapatriement des capitaux rendu possible grâce à cette réforme
Les élections italiennes approchent, la situation politique pourrait se dégrader en Zone Euro. Et ainsi inverser la situation actuelle. Le choc serait très fort et serait d’ailleurs plutôt favorable aux indices boursiers en Zone Euro.

Probabilité d’occurrence : 30%

 

Le 10 ans Allemands passe à 2% et le 10 ans Japonais passe à 1%

D’après le consensus de marché, les taux longs de ces 2 pays vont rester bas pendant toute l’année 2018 : l’inflation reste basse et les 2 banques centrales (la BCE et la BOJ au Japon) vont rester à la manœuvre d’après la majorité des investisseurs. Les économies européennes et japonaises pourraient créer la surprise en accélérant encore et l’inflation repartirait dans le sillage d’un pétrole en hausse par exemple. La BCE et la BOJ pourraient de ce fait limiter voire suspendre leur soutien à l’économie en stoppant plus ou moins leurs injections de liquidités, entraînant à la hausse les taux longs. Le mouvement serait d’autant plus ample que la conviction des investisseurs est ancrée depuis longtemps dans l’autre sens…Nul doute que les conséquences seraient dommageables pour certains segments de marchés actions : les valeurs liées à l’immobilier, les valeurs dites de services publics et toutes les valeurs endettées en général.

Probabilité d’occurrence : 30%