Malgré l’annonce optimiste des États-Unis vendredi sur la création de 2,5 millions d’emplois en mai, alors que les prévisions annonçaient la destruction de 9 millions d’emplois, l’économie américaine risque toujours de s’effondrer.

 

Faits marquants

  • Tout d’abord, 87 % des économistes qui ont participé à l’enquête sur les perspectives des entreprises ont déclaré qu’une deuxième vague de contamination de Covid-19 représente le plus grand risque économique de 2020. En effet, une nouvelle vague de contamination qui forcerait les entreprises à fermer oppresserait encore plus une économie déjà fragile. Cependant, le Dr Anthony Fauci a déclaré que même si le nombre de nouveaux cas aux États-Unis risquait d’augmenter à l’automne et en hiver, le pays pourrait quand-même éviter une deuxième vague.

 

  • Ensuite, les principaux employeurs d’Outre-Atlantique risquent d’être les plus touchés. En effet, en dépit de l’augmentation du nombre d’emplois dans le secteur privé, le rapport du mois de mai a démontré que le secteur public était toujours en déclin. D’ailleurs, pendant la même période, un demi-million d’emplois dans les administrations publiques (nationales et locales) ont été supprimés en raison des restrictions budgétaires dues à la crise sanitaire.

 

  • Enfin, le Bureau du budget du Congrès américain émet des doutes sur la prolongation jusqu’en 2021 de l’augmentation de 600 dollars à l’allocation de chômage prévue par la loi CARES. Ces doutes sont expliqués par l’allocation chômage qui devient plus importante que certains salaires, ce qui risque de réduire les demandes d’emploi ainsi que la productivité. D’autant plus que la question des allocations qui arrivent à expiration (y compris le gel de certaines expulsions) divise encore les législateurs. En effet, pendant que les démocrates préconisent des dépenses de sauvetage en urgence, les républicains recommandent d’attendre de voir les répercussions des aides déjà injectées dans l’économie.

 

Les marchés boursiers ont pris l’habitude de faire abstraction des problèmes sociaux et politiques afin de viser le long-terme. En effet, ces risques surviennent alors que la bourse connaît une reprise remarquable. D’ailleurs, le S&P 500 a enregistré une hausse de plus de 40 % par rapport au creux qu’il a enregistré le 23 mars 2020 en raison de la crise sanitaire. La semaine dernière, le Wall Street Journal a recueilli les propos de David Donabedian, responsable des investissements chez CIBC (Gestion privée de patrimoine), dans lesquels il déclare : « Les investisseurs continuent à ignorer la trilogie ‘’pandémie, manifestations et politique’’ et se tournent vers une reprise économique meilleure que prévue ».

 

Contexte général

Malgré la crise sanitaire qui paralyse le monde entier, et après la perte de  millions d’emplois en avril, les États-Unis ont créé 2,5 millions d’emplois en mai. De plus, le taux de chômage est passé de 14,7 % à 13,3 %. Toutefois, en dépit de ces bonnes nouvelles, le taux de chômage reste très élevé. D’ailleurs, le Bureau Bureau of Labor Statistics, issu du Département du Travail, a reconnu en notes de bas de pages du rapport du mois de mai avoir commis une « erreur de segmentation des données ». Cette erreur estimée à trois points de pourcentage en plus donne un taux de chômage de 16,3 %.

 

À quoi s’attendre ?

Alors que les législateurs peinent à trouver un accord à propos de l’extension des prestations d’urgence de la loi CARES, le rapport de mai pourrait y mettre fin de façon prématurée. Les législateurs ont peur que les chiffres présentés vendredi par le président Donald Trump comme une victoire extraordinaire pour l’économie américaine et son gouvernement ne freine de futurs grands plans de sauvetage. Ce revirement de dernière minute engagera les législateurs dans des négociations difficiles au cours des prochaines semaines, afin d’arriver à un consensus.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Sarah Hansen

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