Selon le site d’informations économiques Wansquare, l’emblématique patron de LVMH, Bernard Arnault, accessoirement première fortune de France, a investi dans deux jeunes pousses hexagonales la semaine dernière.  Un nouvel exemple de la volonté du dirigeant de semer des graines au sein de l’écosystème start-up.

Non content d’avoir hissé LVMH au firmament du luxe mondial, Bernard Arnault “prépare” l’avenir. Si le groupe de l’avenue Montaigne multiplie les initiatives de « patronage bienveillant » à l’endroit des jeunes entreprises abritées au sein de la « Maison des start-up » de LVMH à Station F, Bernard Arnault n’en oublie pas d’investir « directement » dans le capital de jeunes entreprises prometteuses. Tout sauf une nouveauté pour le patron de l’empire tentaculaire aux 70 marques.  « Il existe tout simplement une véritable proximité historique, du point de vue des valeurs, entre les start-up et nous. Que ce soit en matière de créativité, d’innovation et de nos produits. Beaucoup de nos marques sont littéralement parties d’une feuille blanche », rappelait-il lors de l’inauguration de la maison des start-up en avril dernier.  L’occasion également de rappeler qu’il ne s’agissait pas « d’un effet de mode » du grand groupe s’amourachant des start-up, et d’illustrer son propos d’un épisode plutôt méconnu du grand public : l’investissement du Groupe Arnault, dès 1999, dans l’un des espoirs de la Tech mondiale, loin d’être le mastodonte que l’on connaît aujourd’hui : la plateforme de distribution de films et de vidéos Netflix. C’est d’ailleurs encore et toujours le groupe Arnault qui est évidemment à la manœuvre des deux investissements réalisés, coup sur coup,  la semaine dernière.


Outre Netflix, le Groupe Arnault a également injecté des fonds au sein d’entreprises tout aussi prestigieuses. Citons pêle-mêle Airbnb, le suédois Spotify, Seloger ou encore Viagogo.  Via son fonds Aglaé Ventures – directement « alimenté » par le Groupe Arnault -, le patron de LVMH s’est ainsi invité, mercredi 10 octobre, au capital de l’entreprise Skello, en participant à la levée de fonds d’un montant total de 6 millions d’euros aux côtés d’investisseurs reconnus au sein de la constellation start-up comme Jean-Baptiste Rudelle, fondateur et CEO de Criteo, l’une de nos trois licornes françaises. Pour rappel, Skello a vocation à « soulager » dans leur quotidien les gérants de restaurants, de bars et d’hôtels en prenant notamment en main la gestion du planning du personnel. Ce qui permet ainsi de ne plus s’embourber dans des tâches administratives sans fin. Deuxième banderille dès le lendemain, jeudi 11 octobre, avec un  co-investissement de 1,5 million d’euros en amorçage au sein de la société Jow.

Co-investissement avec Xavier Niel

Un investissement réalisé aux côtés du fonds chevronné Kima Ventures, du non moins chevronné Xavier Niel. Outre le tandem Niel-Arnault, Tom Stattford, ancien partner de Goldman Sachs,  a également participé à l’opération comme rappelé par Wansquare.  Jow promet ainsi de « faire vos courses et de vous laisser le temps de vivre », selon la bannière de son site internet. Ainsi,  la jeune pousse propose à ses clients des repas parfaitement adaptés à leurs préférences alimentaires et remplit ainsi leurs caddies en ligne avec les différents ingrédients correspondant auxdits repas. Ainsi, le consommateur dispose de repas « sur-mesure » grâce à la solution fondée sur l’Intelligence Artificielle.  Deux investissements qui portent à six le nombre d’opérations réalisées par Aglaé Ventures en 2018, signe de la volonté de Bernard Arnault de contribuer à la bonne tenue et à l’émergence d’un écosystème français capable de lutter plus efficacement avec ses homologues européens, comme l’Allemagne ou encore la Suède.

Un « tropisme » Tech dont Bernard Arnault, comme mentionné en préambule, n’oublie pas de faire profiter LVMH.  En effet, LVMH a mis un espace de 220m² au cœur de Station F à disposition d’une cinquantaine de start-up opérant dans des secteurs aussi variés que l’Intelligence artificielle, l’internet des objets, le retail, la blockchain et la lutte contre la contrefaçon. L’objectif pour le poids lourd du luxe est de créer des passerelles entre ces entreprises innovantes et les maisons du groupe. Le tout par l’intermédiaire de nouveaux services et de produits innovants. Des synergies indispensables pour toute grande structure désireuse de ne pas s’endormir sur ses lauriers, même si LVMH n’a absolument rien de la belle endormie, comme en attestent ses résultats, absolument flamboyants, des neufs premiers mois de l’année 2018. Sans oublier le « LVMH Innovation Award » où 800 (!) start-up ont candidaté cette année à ce prix remis par Bernard Arnault en personne, lors du salon VivaTech de juin dernier. Du Canada à Israël en passant par la Corée du Sud, toutes ces « pépites » ont bataillé ferme pour faire partie des 30 finalistes. Prix qui sera finalement remporté par la jeune pousse française Oyst qui propose un système d’achat en un clic, sans saisie de login, de mot de passe  ni informations de livraison. Plus que jamais Bernard Arnault prépare l’avenir.