Selon une étude publiée vendredi 30 avril dans le journal Science, une seule injection du vaccin Pfizer ne suffirait pas à protéger contre les nouveaux variant de la covid-19, sauf chez les patients qui ont déjà été infectés par le virus. Aux États-Unis, un nombre croissant d’Américains choisissent de renoncer à leur seconde injection.

 

Pour réaliser cette étude, publiée vendredi 30 avril dans le journal Science, les chercheurs ont analysé des échantillons sanguins de patients ayant reçu une dose du vaccin Pfizer et n’ayant pas été infectés auparavant par la covid-19. Les résultats de ces analyses ont montré que ces patients présentaient des niveaux d’immunité plus faibles contre les variants britannique et sud-africain que les patients ayant déjà été infectées par le virus et ayant reçu également une dose du vaccin Pfizer.

Selon la professeure Rosemary Boyton, experte en immunologie et en médecine respiratoire à l’Imperial College de Londres, ces résultats soulignent l’importance de recevoir une seconde dose du vaccin Pfizer et la nécessité pour les patients de se faire vacciner même s’ils ont été infectés dans le passé.

Bien que les patients ayant déjà contracté la covid-19 doivent toujours recevoir une première dose du vaccin (qui agit comme une sorte de rappel), les chercheurs ont déclaré qu’il ne semble pas y avoir de bénéfices supplémentaires à d’autres injections, sans pour autant affirmer qu’une seconde injection n’est pas nécessaire.

Aux États-Unis, cinq millions de personnes n’ont pas reçu leur seconde injection du vaccin (Moderna ou Pfizer), selon les Centers for Disease Control and Prevention (CDC, Centres pour le contrôle et la prévention des maladies). Ce chiffre, qui représente environ 8 % des personnes ayant reçu une première injection au 9 avril, est en augmentation par rapport à la mi-février.

La réticence à la vaccination, la propagation de nouveaux variants et le fait que certaines personnes refusent de recevoir leur seconde injection du vaccin risquent de prolonger la pandémie. En effet, ces facteurs laisseront suffisamment de patients à risque pour que le virus continue de se propager. Par ailleurs, les sites de vaccination aux États-Unis enregistrent une baisse de la demande de vaccins, alors que de nombreux adultes américains viennent tout juste de devenir éligibles. Malgré les efforts des autorités de santé publique, de nombreux États enregistrent toujours un taux élevé(jusqu’à 30 %) de personnes refusant de se faire vacciner. Selon des sondages récents, de nombreuses personnes sont réticentes à l’idée de faire vacciner leurs enfants lorsque les vaccins seront disponibles. Or, cela sera crucial pour permettre la réouverture des écoles en toute sécurité.

Afin de vacciner le plus grand nombre de patients possible, le Royaume-Uni a espacé le délai entre les deux injections du vaccin, passant ainsi de 3 à 4 semaines (délai recommandé) à 12 semaines. Cette stratégie semble avoir permis de faire baisser le nombre de cas, bien que Danny Altmann, professeur d’immunologie à l’Imperial College de Londres, ait déclaré qu’elle laissait « des patients susceptibles de contracter des variants préoccupants. »

L’étude publiée dans le journal Science s’est concentrée sur les variants britannique et sud-africain. Il est possible que d’autres variants préoccupants en circulation, comme le variant brésilien ou le variant indien, présentent les mêmes caractéristiques. Par ailleurs, d’autres vaccins à deux doses, comme Moderna ou AstraZeneca, pourraient réagir différemment.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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