Alors que la crise sanitaire est encore loin d’être passée, toutes les classes d’actifs subissent déjà les premiers effets dévastateurs de la récession mondiale qui nous attend. Toutes ? Pas sûr… Il est temps de regarder du côté de ce qu’on appelle “les investissements alternatifs”… Interview de Jean-François Faure, CEO d’AuCoffre.com

JP Morgan ne croyait pas si bien dire. Dans une communication suivie d’un rapport paru en septembre 2018, le géant de la Finance prédisait une crise financière majeure à l’horizon 2020. Le feeling était bon, mais la réalité comme souvent dépasse aujourd’hui évidemment toutes les prédictions : dopée par l’impromptu coronavirus, la récession mondiale qui se profile frappe déjà bien au-delà de la crise de liquidité repérée par JP Morgan et son estimation de 20% de correction sur le marché action : l’action de la banque elle-même a dévissé de plus de 40% depuis fin février.


Dans ce contexte, les questions qui sont sur toutes les lèvres tournent toutes autour de deux sujets :

  • Vers quelle(s) valeur(s) refuge(s) se tourner face à un pétrole au plus bas, des actions qui dévissent partout, un retail à l’agonie, un immobilier promis à une chute historique, et des monnaies qui s’impriment à la tonne et se distribuent “par hélicoptère” (en référence à l’expression utilisée par Milton Friedman en 1969) ?
  • Quels investissements alternatifs doit-on étudier pour diversifier rapidement et efficacement son portefeuille face à une société, et donc une économie bientôt repensée en profondeur dans la lignée d’un axe pandémique dont on sait qu’il sera désormais malheureusement récurrent ?
or
Le statistiques de recherches associant “Crypto-assets” et “Covid-19” et celles associant “Gold trading” et “Covid-19” sont désormais strictement identiques : les cryptos sont désormais considérées comme un investissement alternatif à l’égal de l’or. (étude Sesamm 2020)

Certains répondent déjà que l’or va redevenir l’étalon refuge, comme il l’a été déjà lors de plusieurs crises (et guerre). D’autres annoncent pour bientôt l’heure de gloire des crypto-monnaies, Bitcoin en tête, auxquelles le grand public tant attendu commence maintenant à s’intéresser de près, inquiet de voir la crise sanitaire doublée d’une chute des monnaies “classiques”.

orD’autres, fort avisés, récoltent depuis des semaines les fruits d’une vision juste, appuyée par une proposition de valeur qui arrive à point nommé dans le contexte actuel. C’est le cas de Jean-François Faure, CEO du groupe AuCoffre, qui propose le “meilleur des deux mondes” avec sa crypto-monnaie VeraOne, un “stablecoin” adossé à de l’or physique.

Je l’ai interrogé sur son analyse de la situation actuelle selon l’angle investisseur, et lui ai demandé de détailler ce qui fait la spécificité de sa proposition de valeur.

Quand et comment êtes-vous “tombé” dans les cryptoactifs ?

J’ai d’abord rencontré les gens de la Maison du Bitcoin (Ledger, CoinHouse) en juin 2014 pour leur proposer de voir si quelque chose pouvait être fait entre eux et nous, par exemple de la garde froide de BTC. Pas eu de suite et on a laissé en sommeil l’idée (la Maison du BTC ils ont par contre lancé le ledger fin 2014…). En parallèle, depuis 2012 on avait déjà un système de paiement basé sur une carte MasterCard adossée à des pièces d’or, les VeraValor. Cela marchait tellement bien que nous avons détaché cette activité que l’on a transformé pour en faire une forme de néobanque où la seule monnaie utilisée, le VeraCash, est adossé à des métaux précieux. Il semblait assez logique de faire converger ça vers l’univers crypto. En 2016 on a fait un poc (réussi) de gestion de notre registre police. On se sentait mur pour aller plus loin. Alors en 2018 volonté de faire un ICO mais nous concluons que ce n’est pas une idée car le seul modèle économique viable était celui de vendre de l’or physique aux personnes qui répondaient à l’opération. Donc l’ICO n’avait aucun sens. C’est alors devenu un projet de plateforme de vente d’un token payé avec des cryptos courantes. Projet indépendant de VeraCash finalement. VeraOne était né. Pourquoi VeraOne ? Car en parallèle c’est aussi une pièce de 1 gramme qu’il est possible de recevoir si on souhaite changer ses tokens en or physique livré à la maison. Le 1 gramme d’or physique est l’unité de base, 1 VRO = 1 gramme d’or pur.

Considérez-vous que vous avez “eu un coup de chance” ou revendiquez-vous avoir reçu les fruits d’un positionnement stratégique précis et au bon moment sur les cryptoactifs ?

—Un coup de pouce non, c’est plutôt l’inverse. Par exemple, l’activité d’origine a été durement touchée en 2017 par l’envol du cours des cryptos. Par contre, cela nous a donné un grand coup de pied pour nous dire que ce que nous pensions faire en 2014, ce que d’autres on fait à cette même date, il n’était pas trop tard pour agir de notre côté et profiter de notre expérience. L’or, on connaît par cœur, sa conservation pareil, et la compétence crypto/blockchain on l’a toujours entretenue pour savoir à minima de quoi on parlait. Bref le tempo était encore bon pour se lancer, on l’a fait. Qu’aujourd’hui, que l’or soit sous le feu des projecteurs comme c’était le cas il y a 12 ans au lancement d’AuCoffre c’est en effet un contexte porteur. Qu’ensuite on lance de nouveaux services au moment pourrait laisser croire que l’on a l’avance une petite idée du cours ou de l’appétence des gens pour l’or. Ce n’est pas le cas. Par contre on sait que l’or est cyclique, qu’il est surréactif aux crises, qu’une crise prochaine était pour nous une évidence (de même qu’en 2006 je pensais à une crise prochaine). Que cela vienne d’un virus était imprévisible mais précipite certaines choses qui devaient se passer à plus ou moins brève échéance.

Êtes-vous également impliqué dans la Blockchain et ses applications ?

Nous sommes impliqués dans des projets blockchain depuis 2016 et en ce moment on monte en consortium une blockchain pour des entreprises qui nécessitent ce type de techno.

Quel est l’intérêt d’un stablecoin tel que VeraOne ?

Pour rappel, un stablecoin est un crypto-actif dont le prix est relié à un actif stable. Ils ont été créés pour pouvoir échanger des cryptomonnaies contre des actifs stables sans avoir à sortir de la blockchain (pour le trading haute-fréquence, à l’origine).

La société émettrice d’un tel crypto-actif s’engage donc à posséder l’entièreté du sous-jacent dans des réserves privées. Sans cela, le « stablecoin » ne serait que le résultat d’une création de jeton artificiel qui n’a aucune garantie de valeur

Il paraît ici pertinent de se pencher sur le cas de Tether, le principal et le plus célèbre stablecoin, dépassant depuis 2019 le Bitcoin en termes de volume de transactions quotidiennes. Si la contrepartie avec le dollar (1 : 1) fut à l’origine du projet, une modification de son adossement a été réalisé le 14 mai 2019, incluant désormais les prêts aux entreprises affiliées. A cet égard, si historiquement la société affirmait que chaque coin était adossé à un dollar américain, l’avocat de Tether Limited avoue le 30 avril 2019 que la parité n’est en réalité que de 0,74€, soit (0,74 : 1). Ce changement radical est à mettre en perspective avec les différents scandales qui ont éclaboussé Tether Limited, notamment sur l’audit de ses réserves. La direction de Tether avait ainsi exigé dès 2017 la fin prématurée de la procédure d’audit initiée parce qu’elle était jugée « trop longue et trop complexe » .

Plus encore, les CGV mentionnent même que Tether Limited ne garantit « aucun droit de rachat ou d’échange de Tether contre de l’argent ». Au-delà des CGV, c’est également Tether Limited qui déclare que les détenteurs de Tether n’ont aucun droit contractuel, aucun recours juridique ou garantie que les Tether seront in fine bel et bien échangés selon leur parité .

De manière similaire, puisqu’il est soumis au droit américain, le token PAX (garanti à 1 : 1 avec le dollar) a introduit une fonction « setLawEnforcementRole » permettant aux autorités (ou quiconque ayant accès à la fonction) de manipuler n’importe quel portefeuille.

C’est l’ensemble de ces considérations, à la fois en termes de contrepartie, d’audit, et de réglementation, qui nous poussent à considérer VeraOne comme l’une des seules solutions sécures sur le marché. Outre les différents audits récurrents, contrôles et mécanismes assurantiels en place, détaillés plus tôt, le token VeraOne peut se prévaloir d’un droit d’échange et de rachat immédiat et d’une assise légale éprouvée. 

De l’autre côté du spectre, VeraOne, c’est l’expertise d’un leader décennal dans la vente d’or physique qui a été prise et mise sur la blockchain, pour son aspect pratique, rapide et immuable. Car l’avantage majeur de la blockchain, c’est d’avoir un registre permanent et infalsifiable du registre de propriété et de l’historique de transaction des membres.

De plus, les audits menés tous les ans par la société ALS (Australian Laboratory Services) et par l’AMUAC (Association des Membres Utilisateurs d’AuCoffre) certifient que 100% des actifs en circulation (émanant d’AuCoffre, VeraCash et VeraOne) sont bels et biens gardés en format physique (et non papier) dans des coffres aux Ports-Francs de Genève.

Quelle est la réaction du marché à vos offres ?

Nous affichons un chiffre d’affaires de 70M d’euros sur le groupe AuCoffre en 2019, avec une clientèle composée à 90% de citoyens français (les étrangers achetant majoritairement notre offre VeraCash).

Quelle est votre vision “macro” du phénomène crypto (adoption, changement sociétal, etc) ?

Nous sommes convaincus que les cryptomonnaies n’ont pas vocation à remplacer les monnaies souveraines, mais bien à en faciliter l’usage et en compléter les défaillances. L’avenir des cryptomonnaies ne réside donc pas dans leur universalisation, mais bien dans leur application concrète sur des usages précis. Instruments d’échange par excellence, elles ont vocation à se substituer aux marchés traditionnels (à l’instar du FOREX) au sein desquels un tiers de confiance était jusqu’à présent nécessaire.

Pour ce faire, ces dernières doivent avant tout s’affranchir de leur caractère spéculatif, qui en biaise la finalité et en détourne les usages. La bulle spéculative de fin 2017 a érodé la confiance de nombre d’acteurs dans une technologie pourtant novatrice, et a détourné l’attention des véritables innovations portés par la blockchain. Elle nous a toutefois permis de comprendre que la confiance du grand public dans les cryptomonnaies, et par extension leur adoption, sera nécessairement progressive et liée à la confiance dans ce qui paraît de prime abord « immatériel ». Internet, l’anonymat et la facilité de l’échange d’information, est tout d’abord apparu comme une mode, avant d’être considéré comme la troisième révolution industrielle. Il en sera de même pour la blockchain

Or, quel type d’actif numérique est le plus propre à convaincre les utilisateurs que les stablecoins, ces actifs immatériels disposant d’une contrepartie sur des actifs à valeurs stables ? S’appuyant sur la liquidité de marché d’ores et déjà matures les stablecoins constituent un nouvel outil exceptionnel dans la constitution de portefeuilles d’échange ou de réserve.

Reste le choix du sous-jacent. Différentes expériences de stablecoins fondés sur des monnaies publiques (à l’instar de Tether), voire sur des crypto-actifs de référence ont fait apparaître certains risques, largement dus à des ambiguïtés dans la gestion de la contrepartie, et l’on a vu des cours descendre en deçà de leur sous-jacent.

Nous avons choisi, par une conviction étayée par des années d’expérience et d’activité dans ce secteur, d’adosser VeraOne à l’or physique. Métal précieux fongible par excellence, dont la valeur est intemporelle, l’or constitue la contrepartie idéale d’un moyen d’échange sûr et stable. Le projet VeraOne, bien au-delà d’une simple numérisation de l’or, porte ainsi en lui une vision – celle de l’échange.

Nous nous inscrivons donc pleinement dans la vision de Christine Lagarde, présidente de la BCE et ancienne directrice générale du FMI, qui répondait déjà en mars 2017 : « Que la valeur du bitcoin augmente ou qu’elle diminue, tout le monde se pose la même question : quel est exactement le potentiel des crypto-assets ? La technologie derrière ces actifs, y compris blockchain, constitue une avancée passionnante qui pourrait aider à révolutionner d’autres domaines que la finance. Elle pourrait, par exemple, renforcer l’inclusion financière en fournissant de nouvelles méthodes de paiement à faible coût à ceux qui n’ont pas de compte bancaire et, dans le même temps, donner de nouveaux moyens d’action à des millions de gens dans des pays où le revenu moyen est faible. »

Pièces à cours légal VeraOne

Un mot de la fin…

Diversification de portefeuille crypto : Sur le marché des cryptomonnaies, disposer d’un stablecoin permet de diversifier son portefeuille et de réduire le risque de volatilité global d’un wallet composé d’Ethereum ou de Bitcoin. Si le marché des cryptomonnaies a connu de fortes volatilités, les stables coins s’emparent désormais du marché avec une capitalisation passant de 1,4 à 3 milliards de dollars en moins de 12 mois. Les investisseurs ne disposant pas d’alternative pour se prémunir des fluctuations de cours, il devient essentiel qu’un stablecoin dont le sous-jacent est garanti à 100% émerge.

Monnaie d’échange : Au contraire des systèmes de transfert de valeur usuels pour les particuliers, à l’instar de Western Union dont les plafonds sont limités et les frais exorbitants, mais également pour les entreprises, qui opèrent dans des zones au sein desquelles les devises ne sont pas convertibles ou fortement volatiles, VeraOne permet des transferts de valeur instantanés et à frais réduits.

Couverture : Un stablecoin permet également de couvrir des positions et de se prémunir de la volatilité du marché dans l’attente de la transaction.

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