Patrick Pouyanné de Total, Emmanuel Faber de Danone, et Stéphane Richard d’Orange dominant la 3e édition du classement du leadership digital de l’agence Angie+1.

Dans un monde confiné, la communication digitale n’est un accessoire discursif : elle est un outil essentiel pour appuyer la parole et l’image des marques et des hommes et femmes qui l’incarnent. “En pleine crise du Covid-19, dans les médias, comme en communication interne et sur les réseaux sociaux, les CEO ont mouillé la chemise, donné l’exemple, fait preuve de pédagogie, encouragé leurs équipes, dit leur fierté, partagé leur vision et commencé à imaginer l’après. Le « canal dirigeant » est devenu aussi important que le « canal corporate ». Jamais les comptes officiels des dirigeants n’ont été aussi centraux, jamais ils n’ont été autant scrutés, jamais ils n’ont fait l’objet de tant de partages et d’interactions”, observe Eric Camel, CEO du groupe Angie, cabinet de conseil en stratégie et communication d’entreprise, auteur de la troisième édition de leur classement du leadership digital. 


L’originalité de l’étude est la volonté de couvrir un corpus aussi large que possible : Angie a  cherché à identifier tous les CEO de toutes les grandes entreprises françaises (et les CEO français d’entreprises internationales), sans se limiter à l’habituel CAC 40 (même si ce dernier, sans surprise, domine le classement). Pour faire partie du classement, des critères assez stricts de niveau de responsabilité dans des entreprises de grande taille sont appliqués. Et pour y figurer, il ne suffit pas d’être « présent » sur les réseaux sociaux, mais bien d’y être « actif ». 

On retrouve en tête de ce classement un trio majeur du CAC 40. Pour la deuxième année consécutive, le patron de Total, Patrick Pouyanné (et également son « Chief Emoji Officer ») domine le classement. On trouve en seconde place, Emmanuel Faber. Plus que de business, c’est de transformation de la société dont il est question avec le patron de Danone. Et c’est sans doute ce qui explique l’intérêt massif dont il fait l’objet. Massivement soutenu par l’interne, Stéphane Richard revient très fort et se classe en troisième position du classement. Ses prises de parole très remarquées cette année autour de la raison d’être d’Orange, en particulier, lui ont permis de se démarquer.

Si le classement général qui regroupés 100 CEO au total change, l’ensemble des notes du top 10 progresse par rapport à l’année dernière et montre que les grands dirigeants atteignent un très bon niveau de maturité dans leur leadership digital. Ilham Kadri (Solvay) et Guillaume Faury (Airbus) font une entrée fracassante dans le classement. Nicolas Dufourcq (Bpifrance) réalise une progression remarquée, et Gilles Pélisson a su tirer parti de l’opportunité de la diffusion de la Coupe du monde féminine de football sur TF1 pour intégrer le top 10.

 

Plusieurs enseignements sont à tirer de cette étude : “Nous avions remarqué les années précédentes que l’usage de Twitter dominait celui de LinkedIn, ce qui semble contre-intuitif quand on connaît bien les caractéristiques de ces réseaux et au vu de l’aversion au risque que peuvent avoir beaucoup de dirigeants. Ce n’est plus vrai : LinkedIn a quasiment rattrapé son retard sur Twitter, même si l’usage de ce dernier continue de progresser”, explique François Guillot coordinateur de l’étude.

Autre enjeu soulevé : l’importance des réseaux sociaux comme outil… de communication interne ! Mais pas seulement. “Les salariés peuvent représenter jusqu’à la moitié des abonnés des CEO, et une très grande partie de l’engagement dont ils bénéficient, poursuit François Guillot. Cela peut donner un sentiment d’entre-soi. Mais il ne faut jamais oublier, sur les réseaux sociaux, qu’on parle aussi à la majorité silencieuse qui, elle, ne « like » pas, mais reçoit le message. Et la majorité silencieuse est aussi une majorité de publics externes. Par exemple, une dirigeante de l’agro-alimentaire a de très bonnes chances de toucher ses clients distributeurs via LinkedIn.”

L’étude du cabinet Angie propose également des rankings très ludiques, comme celui des tweets des dirigeants les plus engageants pendant la crise du Covid-1ç, évidemment tous liés aux mesures adoptées par les firmes pendant le confinement, que ce soit en faveur de leurs salariés, que de leurs clients. 

 

Sous représentées à la tête des entreprises françaises, les femmes le sont aussi dans ce classement. Elle sont 19, soit trois de plus que l’an dernier.