Après la fermeture administrative « physique » des commerces non-essentiels, suscitant au passage de nombreuses polémiques, Bruno Le Maire a annoncé un fonds de 100 millions d’euros visant à aider les petits commerces à se digitaliser. Le ministre de l’économie a rappelé que « seulement une boutique sur trois est digitalisée ». De quoi booster les nouvelles marketplaces qui fleurissent en ligne.

Pour le gouvernement, le risque est que les consommateurs se tournent en masse vers les géants du e-commerce comme Amazon ou Aliexpress qui vient de lancer une offensive en termes de communication pour la fin de l’année. “Il ne faut pas que Amazon soit le grand gagnant de cette crise“, résume Bruno Le Maire. Pour certains experts du retail, l’opposition entre les grandes plateformes et les petits commerces est assez simpliste puisqu’environ 10 000 vendeurs en France, selon des chiffres fournis par Amazon, commercialisent déjà leurs produits via sa marketplace. Par ailleurs, d’autres marketplaces françaises comme Fnac Darty ou La Redoute tirent largement leur épingle du jeu.


Reste que l’urgence pour beaucoup de commerce de proximité est d’améliorer leur visibilité sur le web. Notamment dans la dernière ligne droite avant Noël et le Black Friday qui s’annonce redoutable cette année. Les experts anticipent 46 millions de Français client, 2,5 millions de plus qu’avant le confinement, d’où la nécessité d’être armé pour répondre à une demande toujours plus grande. Une démarche facilitée par l’émergence de toute une flopée d’acteurs.

Fin mars, pour faciliter l’accès aux solutions existantes, le secrétariat d’Etat chargé du Numérique avait annoncé le lancement de la plate-forme France Num. Elle centralise, encore aujourd’hui, des offres, gratuites ou préférentielles, recueillies auprès d’entreprises de l’e-commerce. Destinées à faciliter la vente en ligne, le paiement ou la livraison, elles sont réunies au sein d’un guide pratique à destination des artisans, commerçants et indépendants. Début novembre, le Ministère de l’Économie, des Finances et de la Relance a lancé, via cette plate-forme, un appel à projets visant à identifier les opérateurs prêts à proposer des solutions gratuites ou à tarifs préférentiels pendant la période de confinement selon des besoins génériques (disposer d’une solution de paiement en ligne, vendre en ligne, proposer un service de livraison / click and collect).

Autre initiative, celle de la start-up epicery qui s’impose depuis près de 5 ans comme une véritable « rue commerçante digitale ». Pour ce deuxième confinement, epicery a immédiatement rebondi avec la mise en place du click and collect, favorisant un peu plus la commande à distance tout en maintenant le lien humain entre commerçants et consommateurs. Sur le site web d’epicery comme sur l’application, les utilisateurs ont accès à une sélection de commerces de proximité, pour faire leurs achats en ligne directement chez les artisans : épicerie, boulangerie, pâtisserie, charcuterie, primeur, marché, caviste, poissonnerie etc.

marketplace
Epicery

Livrés sur un créneau précis (voire dans l’heure) ou retirés sur place en click and collect, les paniers de courses, préparés avec soin par les commerçants eux-mêmes, ont l’avantage d’allier fraîcheur et praticité. Avec l’outil epicery entre les mains (et les claviers), la nécessité de faire évoluer leurs commerces de proximité est loin d’être subie : elle devient un choix, un engagement, voire une fierté, celle de renouer avec le produit vivant, singulier, artisanal. Le service est disponible à Paris, Lyon, Bordeaux, Toulouse et Lille.

Autre solution intéressante, celle de la plateforme FlipNpik bâtie par une communauté d’utilisateurs engagés, qui a pour mission de promouvoir les commerçants, artisans et créateurs afin d’encourager une consommation locale, durable et responsable.

À la fois site web, shop online et application mobile, FlipNpik est une solution novatrice qui permet aux entrepreneurs locaux, non seulement d’être visibles, de booster leur chiffre d’affaires, mais aussi d’avoir accès à un ensemble d’outils digitaux marketing à moindre coût.

Dans le même esprit et pour soutenir les petits commerces, le site Petitscommerces valorise et accompagne depuis 2017 sur le numérique déjà plus de 500 commerçants partout en France et crée la première communauté de consom’acteurs faisant le choix du commerce indépendant !

Mais la grande tendance actuelle, reste le lancement de marketplaces du « Made in France ». Plus d’une dizaine se sont lancées cette année. Toutes visent aussi à valoriser le terroir et les compétences françaises. Produits alimentaires (conserves, fruits et légumes, épicerie, condiments, épices), boissons (coffrets de dégustation, cidres, bières…), produits de beauté et des soins du corps mais aussi des vêtements et des accessoires de mode, des produits de jardin et de la décoration pour la maison.

Dernière création en date, Lesechoppes.co, un site lancé au mois de novembre qui sélectionne et met en valeur par le biais de vidéo de présentation une centaine de marques françaises, produisant en France. À l’origine du projet, trois jeunes entrepreneurs, Anatole Rozan, Jean Walrave et Stanislas Ancely qui cherchent avant tout à mettre en avant les meilleurs créateurs du made in France. Et pour les soutenir, la plateforme prélève des commissions réduites.

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