Quelques heures après sa prestation de serment, le président Joe Biden et son nouveau gouvernement sont déjà au travail pour défaire les mesures prises par l’ancien président et renforcer la réponse du gouvernement fédéral face à la Covid-19. Pour ce faire, l’actuel locataire de la Maison-Blanche a déjà signé une série de décrets.

Afin de lutter contre la Covid-19, Joe Biden a signé un décret rendant obligatoire le port du masque et la distanciation sociale dans les bâtiments et pour les agents fédéraux. Par ailleurs, le gouvernement a étendu jusqu’au 31 mars le moratoire sur les expulsions locatives et les saisies immobilières. En outre, le remboursement des prêts étudiants est toujours suspendu jusqu’en septembre 2021. Enfin, les États-Unis rejoignent l’Organisation mondiale de la santé (OMS), dont ils s’étaient retirés sous la présidence Trump.

Le pays réintègre également l’Accord de Paris sur le climat. Dans la même lignée, Joe Biden a révoqué le permis pour l’oléoduc Keystone XL et instauré un moratoire sur l’exploitation du pétrole et du gaz dans la réserve naturelle nationale de l’Arctique, une mesure saluée par les militants pour la défense de l’environnement et des populations autochtones.

En matière de politique migratoire, Joe Biden a mis un terme à la National Emergency Declaration (Déclaration d’urgence nationale) qui permettait à l’ancien locataire de la Maison-Blanche d’utiliser le budget du Pentagone pour la construction du mur à la frontière avec le Mexique. Parallèlement, le gouvernement va transmettre au Congrès un projet de réforme de grande envergure. Ce projet permettra aux immigrés en situation irrégulière d’accéder à la naturalisation (par un processus s’étalant sur huit années) et aux Dreamers (les jeunes arrivés clandestinement aux États-Unis lorsqu’ils étaient enfants, NDLR) d’obtenir une carte verte.

Pour combattre le racisme au sein des administrations, le président Biden a annulé l’interdiction promulguée par Donald Trump de dispenser des formations sur la diversité dans les agences fédérales et pour les agents fédéraux. Joe Biden a également mis fin à la Commission 1776, mise en place par Donal Trump en septembre dernier en réponse au projet 1619 du New York Times. Le site internet de la Commission a immédiatement été supprimé.

Le nouveau gouvernement a demandé à Michael Pack, qui supervisait Voice Of America, Radio Free Europe et Radio Liberty en tant que PDG de l’agence américaine des médias internationaux (USAGM), de donner sa démission mercredi 20 janvier. De plus, selon Bloomberg Law, le gouvernement Biden a également demandé la démission de Peter Robb, avocat général près le Bureau National des Relations du Travail.

Le site officiel de la Maison-Blanche (WhiteHouse.gov) a lui aussi subi de nouveaux changements, plus particulièrement en matière d’accessibilité. Le nouveau site propose un mode sombre et une touche permettant d’agrandir la police de caractères.

Les critiques du côté des républicains se font déjà entendre. Certains membres du parti remettent en question la volonté de Joe Biden d’unifier le pays après cette vague de décrets. Dans une interview pour Fox News, le républicain Karl Rove a déclaré que les actions du nouveau président « ne renforcent pas vraiment son message d’unité. » Les législateurs républicains se sont attaqués aux priorités de Joe Biden. Le représentant Kevin Brady, fervent partisan de l’oléoduc Keystone XL, a affirmé que le gouvernement actuel mettait en péril le poste de 10 000 ouvriers et ouvrières tout en rendant le pays « moins sûr sur le plan énergétique. » Le projet du gouvernement en matière de politique migratoire a également suscité de nombreuses critiques parmi les membres républicains au Congrès. Selon le sénateur Chuck Grassley, « une amnistie de masse sans garanties et sans condition est vouée à l’échec. »

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Rachel Sandler

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