Aujourd’hui, le nouveau président américain, Joe Biden, prêtera serment et héritera ainsi d’une double crise économique et de santé publique d’une ampleur que les États-Unis n’ont pas connue depuis des générations.

 

Des millions d’Américains sont au chômage (dont une part disproportionnée de femmes et de personnes de couleur) et la reprise du marché du travail ralentit à nouveau. Les familles souffrent de la faim et les ressources des États et des collectivités locales sont mises à rude épreuve.

Joe Biden hérite de l’une des pires économies de l’histoire récente. « Il est certain que les problèmes de l’économie sont en bonne partie le résultat de la pandémie, qui ne peut être imputée au président Donald Trump », a écrit cette semaine Mark Zandi, économiste en chef de Moody’s Analytics. « Cependant, la réponse du gouvernement fédéral à la pandémie a quelque peu été bâclée. »

La semaine dernière, Joe Biden a dévoilé un plan d’aide de 1,9 billion de dollars (1,5 billion d’euros) visant à maîtriser la pandémie et à envoyer une aide immédiate aux familles qui en ont besoin. Ce plan comprend environ 400 milliards de dollars (330 milliards d’euros) pour des mesures liées au virus, notamment un programme national de vaccination et un élargissement des tests. Il prévoit également une nouvelle série de mesures de relance, une augmentation des allocations de chômage au niveau fédéral et 350 milliards de dollars (289 milliards d’euros) supplémentaires pour les États et les collectivités locales. L’adoption de ce plan n’est toutefois pas garantie en l’état et pourrait se révéler bien plus modeste étant donné la mince majorité des démocrates au Sénat.

 

Voici, en 5 chiffres, les défis que Joe Biden devra relever au cours de ses 100 premiers jours :

 

10 millions

C’est le nombre de personnes au chômage, ce qui signifie que l’économie n’a récupéré qu’environ la moitié des 22 millions d’emplois qu’elle avait perdus au plus fort de la pandémie. En décembre, le taux de chômage était de 6,7 %, un chiffre nettement inférieur au pic de 14,7 % atteint en avril, mais qui reste bien supérieur au taux de 3,5 %, le plus bas jamais enregistré sur le marché du travail en février.

 

14 millions

C’est le nombre de personnes qui étaient en retard sur leur loyer en décembre, selon les données du Bureau du recensement de États-Unis analysées par le Center on Budget and Policy Priorities. Cela représente près de 20 % de tous les locataires adultes aux États-Unis, et la proportion est plus élevée pour les locataires de couleur. 28% des locataires noirs ont déclaré être en retard sur leur loyer dans la même enquête.

 

18%

C’est la part des ménages avec enfants qui ont déclaré ne pas avoir assez mangé pendant une semaine en décembre, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis analysées par le Center on Budget and Policy Priorities. 11 % des ménages sans enfants ont déclaré la même chose. Selon le ministère de l’agriculture, 10,5 % des ménages (avec et sans enfants) ont connu l’insécurité alimentaire « au moins pendant une certaine période » en 2019.

 

0,9 % par an

C’est la croissance moyenne du PIB réel durant le mandat de Donald Trump, selon Moody’s Analytics. L’économie a progressé de 1,6 % par an sous le président Barack Obama et de 3,9 % par an en moyenne sous le président Bill Clinton.

 

0.7%

C’est le taux de chute des ventes au détail en décembre, selon les données du Bureau du recensement des États-Unis. C’était le troisième mois consécutif de baisse, un autre signe inquiétant que la reprise économique est chancelante.

 

Article traduit de Forbes US – Auteure : Sarah Hansen 

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