Après avoir échappé à une tentative de rapatriement forcé des JO de Tokyo 2020, la sprinteuse biélorusse, Kryscina Tsimanouskaya s’est vue offrir, lundi 2 août, un visa humanitaire par la Pologne. Cela témoigne à nouveau de l’escalade des tensions entre le régime biélorusse et le Comité international olympique (CIO).

 

Selon Reuters, Kryscina Tsimanouskaya est arrivée lundi 2 août à l’ambassade de Pologne à Tokyo, où elle a reçu un visa humanitaire. La sprinteuse biélorusse, qui devait participer lundi aux séries du 200 mètres des JO de Tokyo 2020, a demandé l’asile politique, a indiqué Reuters.
Kryscina Tsimanouskaya a trouvé refuge à l’aéroport de Tokyo-Haneda après que des responsables biélorusses l’ont retiré de la compétition et auraient tenté de la rapatrier de force en Biélorussie, sans son consentement. La sprinteuse a déclaré que ce rapatriement forcé était une mesure de représailles du gouvernement biélorusse. L’athlète a en effet critiqué les entraîneurs de l’équipe d’athlétisme biélorusse sur son compte Instagram. Les autorités biélorusses ont quant à elles déclaré que cette décision était fondée sur « l’état émotionnel et psychologique » de la sprinteuse.
La Pologne et la République tchèque ont publiquement offert leur aide à Kryscina Tsimanouskaya, notamment en lui proposant un visa humanitaire. Le ministre français des Affaires européennes, Clément Beaune, a déclaré sur RFI que ce « serait un honneur pour l’Europe » d’accorder l’asile politique à la sprinteuse biélorusse.

Selon Kryscina Tsimanouskaya, les officiels biélorusses se sont présentés dans sa chambre du village olympique et lui ont donné une heure pour faire ses bagages avant d’être escortée à l’aéroport de Tokyo-Haneda. Craignant des représailles dans un contexte de répression de la dissidence par le président biélorusse Alexandre Loukachenko, souvent décrit comme « le dernier dictateur d’Europe », l’athlète a déclaré à Reuters qu’elle « ne retournera pas en Biélorussie. »
Le président biélorusse, qui était à la tête du Comité olympique du pays, a été interdit de participation aux JO de Tokyo 2020 en décembre en raison d’allégations de « discrimination politique » à l’encontre des athlètes biélorusses. Le CIO a déclaré que les dirigeants olympiques biélorusses n’avaient « pas protégé les athlètes de manière adéquates » et que la discrimination politique était « contraire aux principes fondamentaux de la Charte olympique. » Les athlètes ne sont pas les seuls groupes visés par les autorités biélorusses, qui redoublent d’efforts pour réprimer la dissidence politique depuis que Alexandre Loukachenko a remporté une nouvelle élection présidentielle, malgré les nombreuses allégations de fraude. Le mois dernier, le dirigeant de longue date de la Biélorussie a lancé une vaste campagne de répression, visant notamment des journalistes, des hommes politiques et des militants.
En mars dernier, le CIO a refusé de reconnaître l’élection du fils d’Alexandre Loukachenko, Viktor, à la tête du Comité olympique biélorusse, car le pays n’avait pris aucune mesure en décembre.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Robert Hart

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