Dévoilés vendredi 19 février, les résultats annuels 2020 de la Maison Hermès étaient très attendus. Face à ses concurrents LVMH et Kering, comment l’entreprise dirigée par Axel Dumas a-t-elle traversée cette année pour le moins imprévisible ?

En 2020, Hermès a démontré une nouvelle fois l’adaptabilité et la solidité de son modèle artisanal. Une résilience qui lui a permis de limiter la baisse du chiffre d’affaires annuel (6 389M€) de 6% à taux de change constants et à 7% à taux de change courants.

En effet, dès le second semestre, le groupe de luxe a renoué avec une dynamique de croissance, qui s’est encore accélérée au 4e trimestre (+16%). Un résultat qui contraste avec ceux de ses concurrents Kering et LVMH qui, de leur côté, ont vu leurs ventes reculer sur les trois derniers mois de 2020.  

Comment expliquer un tel écart ? Si la réduction des flux touristiques a pénalisé l’ensemble des acteurs en 2020, Hermès a su davantage capitaliser sur « la fidélité d’une clientèle locale et la forte progression des ventes en ligne », tel qu’indiqué dans le communiqué officiel. Un état des lieux qui traduit la réalité du marché européen pénalisé par les restrictions mises en œuvre dans plusieurs pays entre novembre et décembre.

Forte demande en Asie

Pour Axel Dumas, le gérant d’Hermès, la solidité des résultats « traduit à la fois la désirabilité de nos collections et l’agilité de notre modèle artisanal ». Une analyse complétée par l’analyste Luca Solca pour l’agence Reuters : « La plus grande différence avec ses concurrents aux performances plus faibles est non seulement une meilleure performance en Europe, mais aussi un rebond nettement plus fort en Asie ».

En effet, l’Asie hors Japon est en forte croissance sur 2020, portée par la « belle dynamique de la Grande Chine, de la Corée et de l’Australie ». Le groupe de luxe y a poursuivi le déploiement de sa nouvelle plateforme digitale, dont la mise en œuvre coïncide avec une « progression très soutenue des ventes e-commerce ».

Côté métiers, les activités les plus pénalisées par la contraction des flux touristiques ont été la division Soie et Textiles (-23%) et celle des Parfums et Beauté (-19%). A l’inverse, au rebond du 4e trimestre, l’accélération de la demande s’est particulièrement ressentie sur les segments de l’Horlogerie (+28%), Les Autres métiers Hermès incluant l’univers de la Maison et de la Bijouterie (+56%) ou encore la Maroquinerie-Sellerie (+18%).

Si les perspectives pour 2021 sont encore difficiles à évaluer, le groupe confirme à moyen terme, et malgré les incertitudes économiques, géopolitiques et monétaires dans le monde, « un objectif de progression du chiffre d’affaires à taux constants ambitieux ».

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