Fidèle à son ADN d’origine, Fusalp s’impose depuis quelques années dans le paysage urbain. Un savoir-faire entre la montagne et la ville qui fait partie du patrimoine du sport français depuis 70 ans et dont son Directeur Général, Alexandre Fauvet, fait raviver l’étincelle lorsqu’il reprend la marque alpine en 2014. Récit d’une belle aventure humaine.

 

En décembre 2013, Sophie Lacoste, Philippe Lacoste et Alexandre Fauvet rachètent Fusalp. Ce dernier, après près de 15 ans passés chez Lacoste, reprend une marque dont tout le monde connaît le nom, mais disparue des radars. Et la première chose qu’il fait, c’est de reprendre le logo traditionnel bleu, blanc, rouge de la marque, abandonné par son prédécesseur. Pour le Directeur Général de Fusalp, c’est un symbole. « À travers ce geste, l’idée était de retrouver les valeurs de la marque. Il fallait retrouver le mythe créé grâce aux champions et à ces victoires aux Jeux Olympiques ». Une marque mythique qu’Alexandre Fauvet souhaite remettre au goût du jour en intégrant de l’innovation. Les évolutions des combinaisons Fusalp sont dues aux innovations techniques qui s’accélèrent au moment de la Seconde guerre mondiale. Il fallait donc réimaginer le vêtement de ski, notamment grâce aux champions qui ont fait l’esthétisme de Fusalp.

 

Fusalp 2.0

Après une belle aventure chez Lacoste, Alexandre Fauvet constate qu’il y a très peu d’acteurs capables de fournir un vestiaire à la fois technique et chic. Il se voit proposer le rachat de Fusalp, illustre équipementier de ski depuis quelques années à la dérive. C’est alors une évidence. Il convainc sans difficulté Sophie Lacoste et Philippe Lacoste pour les emmener dans l’aventure. « On récupérait cette marque pour véhiculer une vision sur un vestiaire, une collection et des produits », explique Alexandre Fauvet. En deux ans, l’équipe repreneuse triple les prix moyens de ses produits et ouvre sa première boutique parisienne au Marais en 2015. Un pari qui fonctionne, puisque l’adresse fait 60% de plus que ses objectifs à sa première année. Tout de suite, Fusalp 2.0 rencontre son public. « On devait garder les codes de référence de la marque mais dans une vision contemporaine. Car notre ADN, c’est l’innovation. On essaie de faire le lien entre ce glorieux passé et l’avenir tel qu’on a envie de l’écrire. C’est ce qui fait sa différence avec les autres marques. On insère une patte rétrofuturiste ». Lorsque les associés lancent la première collection, les connaisseurs reconnaissent le savoir-faire ancien de Fusalp sur des vêtements d’aujourd’hui. En quatre ans, la marque se remet à flot entre le ski et le prêt-à-porter et en 2019, le chiffre d’affaires s’élève à 25 millions d’euros, contre 6 millions au rachat. Aujourd’hui, Fusalp, c’est 48 boutiques dans le monde entier. 

 

Un nouveau positionnement international

En 2020, Fusalp n’échappe pas à la crise qui frappe la vente de plein fouet. Les ventes de l’équipementier annecien tombent de 12%. Avec un positionnement qui monte en gamme et un focus touristes, la marque est punie mais résiste, réussissant sa transformation vers le prêt-à-porter de vêtements techniques et chauds. Alexandre Fauvet et Mathilde Lacoste, Directrice Artistique de Fusalp, se rendent alors en Italie pour recruter les meilleurs modélistes. « Il fallait une construction juste, avec des vêtements près du corps mais qui permettent l’aisance. Une veste de ski haut de gamme Fusalp, ce n’est pas moins de 90 éléments associés ensemble », affirme le Directeur Général, qui en 2019, décide de développer la marque à l’international, en ouvrant des pop-up stores en Chine, en Scandinavie et à Londres. Aujourd’hui, Fusalp compte quatre points de vente en Corée du Sud, trois en Chine et six boutiques en Suisse. Alexandre Fauvet prépare désormais le terrain pour une ouverture aux Etats-Unis pour l’hiver 2022. Si la marque grandit, beaucoup reste à faire pour son Directeur Général sur la partie e-commerce pour devenir une marque notoire.

 

70 ans d’aventure humaine

En 2022, pour les 70 ans de Fusalp, c’est un projet atypique qui anime Alexandre Fauvet. L’écriture d’un livre sur l’histoire de la marque. Pour le chef de file de Fusalp, c’est « un arrêt sur image essentiel. Cet ouvrage est important pour les générations futures, pour ceux qui rejoignent l’entreprise aujourd’hui et pour ceux qui ont perdu de vue ce qu’était Fusalp ». Le fil rouge de ce récit, c’est l’aventure humaine. « Nous avons fait témoigner des gens merveilleux, des champions ou encore la couturière. On a fait appel un à scénariste fabuleux, Mohammed El Khatib qui a pris en main ce projet pour sublimer cette épopée ». En cette nouvelle année, les équipes de Fusalp sont animées par cette conversation permanente entre le passé et le futur, entre la montagne et la ville. Un dialogue entre le sport technique et le prêt-à-porter. Et dans cette évolution, il y la conversation entre le monde digital et le monde physique. Un don d’ubiquité qui colle à la peau de la marque française, et que ses designers entendent honorer en dessinant des vêtements qui ont cette double fonction. « Quand Mathilde Lacoste dessine une veste de ski, je pose toujours la même question : est-ce que je vais pouvoir me balader dans les rues de Paris sans être ridicule ? Ce dialogue permanent fait notre richesse et cela nous permet de sortir des produits singuliers et différents ». Dans cet optique, Fusalp vient de mettre en place un programme d’innovation, Fusalp Futur.

 

L’innovation au service du beau et de la technique

Le tailleur alpin fait partie des rares marques à avoir un laboratoire qui teste les matières. Avec Fusalp Futur, des vestes chauffantes sont testées, à partir de technologies mécaniques, à l’image d’un radiateur dans le vêtement. La dernière en date communique en Bluetooth grâce au téléphone avec des capteurs qui mesurent la température du corps, adaptant le niveau de chauffage de la veste. Une parka de ville, le best-seller Fusalp, qu’Alexandre Fauvet teste à 3000 mètres d’altitude en skiant, et le résultat est concluant. La prochaine étape, c’est un travail sur la durabilité. Et pour cela, un programme de réparabilité à vie des produits est mis en place tout comme une garantie 5 ans à l’international qui concerne une large sélection de produits ski et urbain. « On veut créer des vêtements qui seront encore portés dans 30 ans. On est anti-fast-fashion. On ne veut que des produits qui durent. On est aussi en train de sortir de la matière animale ». 

 

Site internet : fusalp.com