Depuis deux ans, Google a considérablement réduit ses programmes internes destinés à promouvoir la diversité et l’inclusion sur le lieu de travail. Les employés actuels et anciens collaborateurs affirment que les mesures prises par le groupe avaient pour objectif de ne pas donner une image anticonservatrice, une accusation démentie par Google.

Huit employés et anciens employés de Google ont annoncé anonymement, par crainte de représailles, que le programme de « justice raciale globale » appelé Sojourn avait été complètement supprimé en 2019. Ils affirment par ailleurs que les postes à temps plein détenus par des individus issus de minorités n’ont pas été maintenus.


Melonie Parker, responsable de la diversité chez Google, a démenti cette accusation, déclarant que le programme Sojourn avait été supprimé car pour une entreprise mondiale, il était trop axé sur les États-Unis. Elle a même déclaré à NBC que les efforts du groupe en matière de diversité avaient été « renforcés », annonçant que Google avait fait appel à la société Ibis Consulting pour lancer un nouveau programme au mois de juin.

La semaine dernière, Google a publié son rapport annuel sur la diversité. Celui-ci montre bien que peu de progrès ont été réalisés en matière d’embauche de personnes racisées, un problème que rencontrent de nombreuses autres entreprises de la Silicon Valley. Le document indique en effet que le pourcentage d’embauches de personnes noires est passé de 4,8 % en 2018 à 5,5 % en 2019, tandis que celui des latinos est passé de 6,8 % en 2018 à 6,6 % en 2019.

Un porte-parole de Google nous a répondu : « Toute hypothèse avançant que nous aurions réduit nos efforts en matière de diversité est fausse. La diversité, l’équité et l’inclusion restent un engagement pour l’ensemble du groupe, et nos programmes ont été renforcés afin de suivre le rythme de la croissance de Google ».

Google a été l’une des premières entreprises de la tech à démontrer sa sensibilité aux questions d’inclusion ethnique, avec un premier rapport annuel sur la diversité au sein du groupe publié dès 2014. Mais en 2017, un mémo de 10 pages intitulé « Google’s Ideological Echo Chamber », rédigé par l’ingénieur James Damore, a été rendu public par erreur. On pouvait notamment y lire que les femmes étaient biologiquement inadaptées au travail d’ingénieur, une affirmation qui a coûté son poste à James Damore. Ce dernier a intenté une action en justice contre Google en janvier 2018 pour discrimination, et d’autres plaintes similaires ont également été déposées.

Suite à ces poursuites, et après la publication d’un article de Breitbart News affirmant que Google avait violé ses propres politiques internes (en faisant intervenir un conférencier sur la manière dont les salariés blancs peuvent ignorer le racisme sur leur lieu de travail), les efforts de diversité de Google ont commencé à se casser la figure. Trois employés actuels du groupe ont également critiqué le nouveau programme externe que Google prévoit d’utiliser, affirmant que celui-ci est insuffisant par rapport à ce que l’entreprise avait mis en place auparavant. Un de ces employés précise : « Les nouveaux programmes proposés portent plutôt sur la manière dont les salariés noirs peuvent ignorer le racisme sur leur lieu de travail ».

D’autres entreprises de la tech publient également des rapports annuels sur la diversité, c’est notamment le cas de Facebook. Le dernier en date démontre que moins de 10 % de ses effectifs sont noirs ou latino. En effet, en 2019, seuls 9 % des employés de Facebook appartenaient à cette catégorie, contre 8,4 % en 2018.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Nicholas Reimann

 

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