« La fraise gariguette coûte plus cher que la fraise espagnole » répondait Bruno Lemaire, ministre de l’Économie et des Finances, à l’interrogation sur la hausse des prix des fruits et légumes, en avançant comme raison la baisse des importations, et le prix des produits de qualité française. Une flambée de 18 % du prix confirmée par l’Insee*, qui a un impact sur la consommation des Français.

Cela saute tout de suite aux yeux en parcourant les étals, les prix de fruits et légumes majoritairement français sont devenus des produits de luxe. Une flambée de 18 % en un an de consommation des produits frais, selon l’Insee, qui s’explique principalement par le confinement. En commençant par l’importation – généralement  espagnole ou marocaine – confinée au frontières, mais également par la pénurie de main-d’œuvre liée à l’impossibilité pour les agriculteurs de recruter les travailleurs saisonniers étrangers. Sans oublier les frais de transport qui ont explosé avec une augmentation de 30 % : « En temps normal, les camions, après avoir déchargé leurs navets ou leurs pommes, reviennent en livrant des produits industriels ou pharmaceutiques. Comme la plupart des usines sont à l’arrêt, ils rentrent désormais à vide, ce qui ne permet plus d’amortir le coût de transports”, expliquait Laurent Grandin sur cette augmentation dans le Parisien. 


Consommation des produits frais en baisse

Face à la hausse des prix, la consommation des produits frais s’effondre, affirment les distributeurs qui tirent l’alarme. Les commandes auprès des producteurs des meilleurs fromages (AOC), des fruits et légumes de saison comme les fraises et asperges, de spécialités charcutières et d’autres encore seraient en chute libre. Pour soutenir les filières agricoles, Leclerc a mis en place un “ticket solidaire” avec une baisse de 20 %, chaque semaine, sur un produit frais de saison comme les fraises ou asperges. Il a également bloqué les prix de sa marque de distributeurs. 

En plus du prix s’ajoute la méfiance des consommateurs qui est également palpable, même si l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l’Alimentation (Anses) a pourtant écarté l’idée de risque de contamination par voie alimentaire, rappelant les règles sanitaires de base : « Il est très peu probable de contracter le virus en consommant des aliments »,  tweetait l’Anses le 25 mars. A noter également l’impression psychologique mais fondée des Français de dépenser plus d’argent pour remplir le frigo… car il est plus rapidement vide sans la cantine et les restaurants.  

*Insee : données provisoires sur avril

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