En raison notamment de la distribution généralisée de rappels du vaccin contre le covid-19 dans les pays riches, le continent africain, dont seulement 3 % de la population est vaccinée, recevra 25 % de doses de vaccins en moins d’ici la fin de l’année. Cette nouvelle a été annoncée par la directrice régionale de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l’Afrique, jeudi 9 septembre.

 

Interrogé sur le programme COVAX, soutenu par les Nations Unies, qui a de nouveau été contraint de réduire ses prévisions de livraison, le Dr Matshidiso Moeti, directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique, a déclaré que l’objectif de vacciner 10 % de la population africaine d’ici la fin septembre n’était plus réaliste.

La directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique a appelé les « pays riches dont les réserves de vaccins dépassent largement les besoins de leur population » à distribuer les doses de manière plus équitable.

Le Dr Matshidiso Moeti a noté que le taux de vaccination en Afrique subsaharienne n’était que de 1,7 % et a déclaré que « si les entreprises et les pays donnaient la priorité à l’équité en matière de vaccins contre le covid-19, cette pandémie serait rapidement terminée. » Par ailleurs, elle a souligné que même si le programme COVAX avait livré plus de cinq millions de doses de vaccins à l’Afrique au cours de la semaine écoulée, « trois fois plus de doses ont été jetées rien qu’aux États-Unis » au cours des six derniers mois.

Fait encourageant, l’OMS Afrique a annoncé jeudi 9 septembre que les cas hebdomadaires de covid-19 sur le continent ont chuté de 20 % la semaine dernière, marquant ainsi la plus forte baisse sur une semaine en deux mois. Cependant, le Dr Matshidiso Moeti a noté que, bien que les cas aient « diminué nettement, la tendance à la basse est d’une lenteur frustrante en raison des effets persistants du variant Delta, plus infectieux. » Selon l’OMS, le variant Delta a été détecté dans plus de 70 % des échantillons provenant du Botswana, du Malawi et de l’Afrique du Sud, et dans plus de 90 % de ceux provenant du Zimbabwe.

« Pour renverser la tendance, nos meilleurs efforts afin de réduire la transmission par des mesures de santé publique doivent être accompagnés d’une augmentation significative de l’approvisionnement en vaccins », a déclaré la directrice régionale de l’OMS pour l’Afrique. En août, le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghbreysus, a demandé aux pays riches d’arrêter pendant deux mois l’offre de vaccins de rappel. Mercredi 8 septembre, il a déclaré qu’il avait constaté « peu de changement dans la situation mondiale depuis lors. » À ce jour, les pays riches n’ont livré que 15 % du milliard de doses de vaccins contre le covid-19 qu’ils s’étaient engagés à redistribuer aux pays à revenu faible ou intermédiaire dans le cadre du programme COVAX. En conséquence, l’OMS demande aux pays d’attendre 2022 pour commencer à offrir des troisièmes doses aux personnes en bonne santé qui ont déjà reçu deux doses. « Nous ne voulons plus de promesses », a déclaré Tedros Adhanom Ghbreysus, « nous voulons simplement des vaccins. »

Non seulement l’objectif de vacciner 10 % de la population d’Afrique d’ici la fin du mois de septembre n’a pas été atteint, mais celui de vacciner 40 % du continent d’ici la fin de l’année semble également hors de portée. Pour que l’Afrique atteigne l’objectif ultime d’un taux de vaccination entre 60 et 70 %, il faudrait au moins 1,6 milliard de vaccins contre le covid-19, selon le Centre africain pour le contrôle et la prévention des maladies (CACM). Jusqu’à présent, l’Afrique n’a reçu que 145,5 millions de doses.

« Le problème que nous rencontrons avec les troisièmes doses est le suivant : nous n’avons pas vu suffisamment de données scientifiques pour les justifier », a déclaré John Nkengasong, le directeur du CACM. « Sans cela, nous jouons… Je ne comprends vraiment toujours pas pourquoi nous nous dirigeons vers une vaste campagne de rappels. »

Au total, depuis le début de la pandémie, l’Afrique a enregistré 7,9 millions de cas de covid-19 et 201 000 décès.

 

Article traduit de Forbes US – Auteur : Tommy Beer

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