Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook, était à Washington D.C. cette semaine pour rencontrer des élus lors d’une série de dîners privés et de réunions. Sa visite portait essentiellement sur les pratiques de protection de la vie privée et l’influence massive du réseau social estimé à 541 milliards de dollars.

Un porte-parole de l’entreprise a déclaré à Forbes que le milliardaire de 34 ans allait « rencontrer des élus et discuter du futur de la réglementation sur internet » et qu’il n’avait prévu aucun événement public pendant sa visite.

Mark Zuckerberg n’avait pas fait d’apparition si remarquée depuis son témoignage devant le Congrès des États-Unis en avril 2018, à la suite du scandale Facebook-Cambridge Analytica.

Depuis, le réseau social fait l’objet d’une surveillance accrue de la part des autorités américaines, et ce après une série d’atteintes à la vie privée très médiatisées et des accusations de pratiques anticoncurrentielles. L’entreprise est visée par deux enquêtes de la Federal Trade Commission (FTC) et d’un groupe de procureurs généraux de huit États et du District de Columbia concernant ses pratiques concurrentielles.

Une petite poignée d’élus bipartites ont publiquement reconnu avoir rencontré ou avoir l’intention de rencontrer Mark Zuckerberg dans la semaine, y compris les sénateurs Richard Blumenthal (Connecticut), Brian Schatz (Hawaï), Mark Warner (Virginie), Mike Lee (Utah), Josh Hawley (Missouri), Maria Cantwell (Washington) et le représentant Adam Schiff (Californie).

Le porte-parole du sénateur Mark Warner a déclaré avoir participé à l’organisation d’un dîner à Washington D.C. mercredi soir pour Mark Zuckerberg et un groupe de sénateurs, à la demande de Facebook. Le collectif aurait discuté des moyens pour protéger les élections des interférences étrangères, des façons pour mieux sécuriser les données, des cryptomonnaies et de la concurrence sur le marché des réseaux sociaux.

Mark Warner avait dirigé l’enquête du Congrès concernant les tentatives de la Russie d’utiliser Facebook et d’autres réseaux sociaux pour semer la discorde et diffuser de fausses informations à l’aube des élections présidentielles américaines en 2016. Il avait également présenté un projet de loi qui obligerait les personnes et les groupes de personnes à s’identifier clairement à l’achat de publicités politiques sur le réseau social.

Mark Zuckerberg avait écrit dans un éditorial du Wahsington Post plus tôt dans l’année qu’il estimait que la tech devait en effet faire l’objet d’une réglementation : « Je crois que nous avons besoin d’un rôle plus actif pour nos gouvernements et nos organismes de réglementation. De ce que j’ai vu, je considère qu’il nous faut une nouvelle réglementation, et ce dans quatre domaines : le contenu préjudiciable, l’intégrité électorale, la vie privée et la portabilité des données ».

La visite du jeune milliardaire à Washington D.C. a donc été l’occasion de redorer le blason de Facebook alors qu’une nouvelle vague d’enquêtes gouvernementales est en cours.

En juillet, Facebook avait conclu un accord record de 5 milliards de dollars avec la FTC après une enquête sur ses pratiques en matière de protection de la vie privée. L’enquête avait été lancée en réaction à l’affaire Cambridge Analytica, lorsqu’il avait été révélé que la société de publication stratégique avait utilisé les données personnelles de 87 millions d’utilisateurs de Facebook sans leur consentement afin de cibler des électeurs américains lors des élections présidentielles en 2016 aux États-Unis.

Donald Trump a annoncé hier sur Twitter avoir également rencontré Mark Zuckerbeg ce jeudi.